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  • Daniel Pantchenko
  • Journaliste, surtout au trimestriel Chorus. Auteur de biographies : Charles Aznavour en 2006 (avec Marc Robine), Jean Ferrat en 2010, Anne Sylvestre en 2012, Serge Reggiani en 2014. « Léo Ferré sur le Boulevard du Crime » en 2016. Intervenant sur la chanson : formation, stage, conférences, rencontres-débats...
  • Journaliste, surtout au trimestriel Chorus. Auteur de biographies : Charles Aznavour en 2006 (avec Marc Robine), Jean Ferrat en 2010, Anne Sylvestre en 2012, Serge Reggiani en 2014. « Léo Ferré sur le Boulevard du Crime » en 2016. Intervenant sur la chanson : formation, stage, conférences, rencontres-débats...

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 15:04

Si pendant six mois je n’ai pas écrit sur ce blog, c’est que j’étais particulièrement (pré)occupé par mon déménagement de Paris-Ménilmontant, où j’ai vécu 30 ans à un mois près. Début juin, je suis donc revenu dans ma ville natale, et, dès la rentrée, j’ai assisté le vendredi 7 octobre à l’une des trois soirées du festival « Courant d’airs » organisé à l’Inox (ex Théâtre Onyx) par l’association Bordeaux Chanson.

 

Courant d'Airs 2016

 

Après des Pauline Croze, Alex Beaupain, Alexis HK, JP Nataf, Clarika, Kent et autre Emily Loizeau, c’est Valérie Leulliot du groupe Autour de Lucie qui a marrainé la manifestation cette année. Pour le concert de Batlik,  la salle d’environ 80 places affichait complet, et il se trouve que son nouvel album était sorti le jour même.

 

CD Batlik 2016

 

Batlik c’est Typatypik. Avec onze albums en une douzaine d’années, une alchimie de singularité, d’originalité et d’extrême professionnalisme dans la marge tant au plan de la production que de la plume. S’il sonne souvent poétique, il écrit d’abord des chansons. Des chansons où la mélodie, les rythmiques,  les arrangements et les échappées vocales donnent tout leur sens aux mots. En scène, peu soucieux d’effets de costume, de gestuelle ou de lumières, il s’offre le luxe intrigant de six guitares, accordées de façon très personnelle. Dès les premiers accents, on aime. Ou pas… ajouterait-il lui-même, comme dans Au bord de l’abîme (à propos de « Ce que nous sommes ou pas ». Il est vrai que derrière son humour d’entre les chansons, sa vision du monde reste sombre, ici comme Ailleurs, où « La rigueur de l’ennui est la même qu’à Paris / La ponctualité du malheur est la même ici qu’ailleurs ». Il est vrai aussi que l’actualité planétaire n’y met pas du sien : « Au nom du mieux au nom de Dieu / Tous les paradis sont construits / Sur des cadavres ou des adieux ». Alors, pour donner vie à l’endroit et sans doute nous détendre, ce Batlik qui se qualifie de « clebs pratiquant et la rime et le chant » lâche la bride à son acolyte de chien prénommé Raoul, qui vagabonde à son gré dans la salle, vient s’allonger en fond de scène et se relève à la fin de chaque chanson qu’il espère être la der de der. Le public, lui, est mordu.

Petit retour en arrière. En première partie, seule à la guitare, Buridane confie d’entrée de jeu que Batlik est l’un de ceux qui l’ont incitée à écrire des chansons. Au verbe confident trop bavard à son goût, elle a d’abord préféré la danse et il en reste une montée chronique du genoux gauche lorsque le rythme de sa guitare l’impose. Désormais, elle est diserte et, tantôt chantés, tantôt parlés, les mots se bousculent au portillon d’une urgence sensible. Portés par une voix batlique de fille, gravement timbrée mais plus douce qu’amère, ils se méritent et requièrent un effort d’écoute – sans doute parfois de ré-écoute – qui vaut le détour. Leur scansion fréquente nous balade, nous secoue, entre sentiments intimes et rapports à l’autre. Aux autres. Donc, à nous. Et lorsqu’elle dévoile le nom de son nouvel album à venir (après Pas fragile, en 2012), a priori La Barje, on pense que cela peut s’écrire avec un « g » et désigner la folie, un bateau ou un oiseau, sans oublier un nombre prometteur de communes (en Italie, Corrèze, Loire, Puy-de-Dôme, Vendée, Vienne, etc.). Bref, avec la Buridane, l’invitation au(x) voyage(s) continue.

 

Note :
Sur son blog, Chanter c’est lancer des balles…, Claude Fèvre rend également compte de cette soirée et de l’ensemble du festival.

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Published by Daniel Pantchenko - dans Chanson
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commentaires

Marion 15/11/2016 05:49

Coucou,
C’est ici un joli partage. Ça fait vraiment plaisir de découvrir des artistes comme ceux-là.

LMC 31/10/2016 12:27

Merci pour votre article ! J'aime découvrir de nouveaux artistes :)