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  • : Au cœur et autour de la chanson francophone, encore si méprisée des gens de pouvoir et de médias, alors qu'elle est vivante comme jamais au quotidien et dans l'Histoire en marche...
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  • Daniel Pantchenko
  • Journaliste, surtout au trimestriel Chorus. Auteur de biographies : Charles Aznavour en 2006 (avec Marc Robine), Jean Ferrat en 2010, Anne Sylvestre en 2012, Serge Reggiani en 2014. « Léo Ferré sur le Boulevard du Crime » en 2016. Intervenant sur la chanson : formation, stage, conférences, rencontres-débats...
  • Journaliste, surtout au trimestriel Chorus. Auteur de biographies : Charles Aznavour en 2006 (avec Marc Robine), Jean Ferrat en 2010, Anne Sylvestre en 2012, Serge Reggiani en 2014. « Léo Ferré sur le Boulevard du Crime » en 2016. Intervenant sur la chanson : formation, stage, conférences, rencontres-débats...

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8 septembre 2020 2 08 /09 /septembre /2020 16:43

Sous ce titre est paru fin 2019 un livre de Pauline Paris et de Léa Lootgieter, la première se définissant essentiellement comme « autrice-compositrice-interprète* » et la seconde comme « journaliste culturelle* », toutes deux très impliquées aux plans artistique, informatif et associatif en matière de droits des personnes LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuelles ou Trans). L’ouvrage est illustré par la dessinatrice Julie Feydel et publié aux Éditions iXe (218 p., 20€).

Les dessous lesbiens de la chanson

Soigneusement documentée et sourcée, cette exploration des non-dits, des non-perçus lesbiens du couplet-refrain bénéficie d’une préface de neuf pages, signée par Élisabeth Lebovici, une historienne de l’art spécialiste des questions de genre et Catherine Gonnard, ex rédac-cheffe de Lesbia Magazine. Pour Pauline Paris et Léa Lootgieter, ce survol d’un siècle de chansons « devrait permettre de […] découvrir » toute une culture chansonnière « dans sa diversité, avec ses plages de tendresse et de mélancolie, ses zones d’ombre et de secret, ses labyrinthes ou l’érotisme croise des désirs et des plaisirs déclinés au féminin pluriel ». Ainsi décident-elles d’ouvrir le bal avec Betty Mars dans La Chanteuse du dancing (1973), sur un texte de Jean-Loup Dabadie dont il ne partage pourtant pas l’analyse, quant à « la séduction et au désir d’une femme envers une autre ». Bref, il réfute « l’allusion » et « refuse le fantasme »… ce qui les motive in fine pour intégrer la chanson. La voici. À vous de voir…

Ces « dessous » comportent quatre parties de dix chansons chacune, toutes époques confondues. Ainsi, la première – qui débute donc avec la Betty Mars de 1973 – s’intitule Quand le portrait devient miroir… et invite à (re)découvrir aussi bien Elvire (Brigitte Fontaine, 2006) et Jimy (Aloïse Sauvage, 2019) que Gentil roi Louis de Bavière (Nicole Louvier, 1962) et Les Pingouins (Juliette Gréco, 1970). Pour la deuxième partie, Quand les amours interdites tombent le masque…, on passe de Maman a tort (Mylène Farmer, 1984) et Naturellement (Dorothée, 1990) à Petit velours (Anne Sylvestre, 2000) et De la main gauche (Danielle Messia, 1982). La troisième, Quand le genre s’emmêle…, débute avec Ouvre (Suzy Solidor, 1933) et s’achève avec J’ai tout aimé de toi (Carmen Maria Vega, 2018), mais on y découvre notamment Joe le taxi (Vanessa Paradis, 1987) qui n’est pas pour rien dans l’existence de l’ouvrage. Enfin, avec Quand la solitude ouvre la porte de l’indépendance…  va de La  Marcheuse (Chris**, 2018) à Sur la route de ma vie (Sœur sourire, vers 1965) en passant par Comme un ouragan (Stéphanie de Monaco, 1986) ou Cavalier Seule (Julie Armanet, 2016).

Pour ce travail pointu et agréable à lire, avec lequel cependant on peut ici et là (comme Jean-Loup Dabadie ?) éprouver certaines réserves, Pauline Paris et Léa Lootgieter ont interviewé 41 personnes (parfois par écrit, comme cela a été mon cas à propos d’Anne Sylvestre) et elles ont sollicité la journaliste Hélène Hazéra (ex Chanson Boum ! sur France Culture) pour la postface en forme de conseil : « Lisez bonne gens, ce soir, le chanteur, c’est une femme. » CQTC.

* Selon leurs propos recueillis par David Desreumaux dans le trimestriel Hexagone n°16 (paru en juillet 2020), qui consacre un dossier de quelque 40 pages à Cette chanson qui dégenre…  enrichi de quelques témoignages d’artistes (Nicolas Bacchus, Clément Bertrand, Samuele, Patachtouille et Monsieur K.).

** Redevenue Christine and the Queens.

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