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Journaliste, essentiellement au trimestriel Chorus, les cahiers de la chanson. Auteur (avec Marc Robine) de la biographie "Charles Aznavour ou le destin apprivoisé". Intervenant sur la chanson (formation, stage, conférences, rencontres-débats...)
Présentation
:
Au cœur et autour de la chanson francophone, encore si méprisée des gens de pouvoir et de médias, alors qu'elle est vivante comme jamais au quotidien et dans l'Histoire en marche...
Douze ans après son superbe album imprégné par le sexe, la guerre et la mort (En attendant des jours pires…), Pascal Mathieu annonce le suivant à travers un
clip sarko-rigolard : « Que font les mains ? »
Grand prix du disque de l’Académie Charles Cros, complice de Romain Didier, pour la quasi-intégralité des textes de son opus Chapitre neuf paru
à l’automne 2005, puis de l’opéra Pinocchio court toujours, Pascal Mathieu sortira un
nouvel album en avril 2008. Gageons qu’il sera sensiblement plus corsé que ce petit exercice de qualité aimablement apéritive, mais très en deçà de ce à quoi nous a habitués cette fine plume.
Après la mort des deux derniers poilus, Lazare Ponticelli et Louis de Cazenave (ce dernier « pacifiste forcené » et « toujours mis en colère » par
les honneurs), un petit salut en chansons s’imposait, le Père Georges en tête.
Sur cette période de grande boucherie humaine, on pourrait citer des dizaines de complaintes à commencer par « La Chanson de Craonne » (« C’est à Craonne / Sur le plateau / Qu’on
doit laisser sa peau / Car nous sommes tous condamnés / Nous sommes les sacrifiés ») et « La Butte rouge » (« La Butt’ Roug’ c’est son nom, l’baptêm’ s’fit un matin / Où tous
ceux qui grimpaient roulaient dans le ravin… / Aujourd’hui y’a des vign’s, il y pouss’ du raisin / Qui boit de ce vin-là boit les larm’s des copains »). Anonyme la première fut imprimée
initialement dans un ouvrage de 1919 de Raymond Lefebvre et Paul Vaillant-Couturier ; la seconde fut déposée à la Sacem le 24 octobre 1923 par Montéhus (source ci-dessous).
Moins connu et quasiment
occulté pendant 30 ans, « Mutins de 1917 » de Jacques Debronckart date de 1967 et se termine ainsi : « L'Histoir' vous a jetés dans ses égouts / Cachant sous les flots de ses
Marseillaise / Qu'un' bonne moitié de l'armée française / Brûlait de faire comme vous / Un jour, sortirez-vous des oubliettes ? / Un jour verrons-nous gagner votre cause ? / J'en doute, à voir le
train où vont les choses / Mutins de mil neuf cent dix-sept ».
C’était cinq ans après la fin de la guerre d’Algérie, et peut-être pour contourner la censure, Georges Brassens maniait ainsi l’humour de main de maître avec « La Guerre de 14-18
».
Plus récemment (en 1996), le Landais Jean Mouchès nous offrait un disque en bois d’arbre (le boîtier était en pin de la région), La Malédiction du caméléon, où figurait « La Ballade
du Néandertal », une petite merveille savoureusement grave soulignant l’inlassable inventivité de l’homme pour la tentation grégaire. CQTC.
Jean Mouchès – La Ballade du Néandertal - 2’58
Source :
Florilège de la chanson révolutionnaire de 1789 au Front Populaire, par Robert Brécy (Editions Hier et Demain, 1978).
Hier femme d’affaires, « avocat » (un vrai mec, quoi !) au sein de grands cabinets américains, Christine Lagarde s’illustre très régulièrement par ses bourdes de «
bleue » comme ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi. Ses propos et le cours bellevillois de l’orange maltaise m’ont suggéré un petit salut à Gilbert Bécaud.
Récemment, accompagnée d’un aréopage médiatique impressionnant la ministre s’est en effet rendue dans un centre commercial pour contester l’augmentation générale des prix dénoncée par le magazine
60 millions de consommateurs. Comme j’achète chaque semaine des oranges à jus sur le marché de Belleville, j’ai constaté que le prix du kilo de maltaises évoluait de 1,5 à 1,95 euros,
mais que dans le même temps, chez ED du groupe Carrefour, les mêmes coûtaient 2,19 euros…
Heureusement, il existe toujours « L’Orange » idéale, celle qu’il faut se presser d’écouter, celle du tandem Pierre Delanoë / Gilbert Bécaud, enregistrée par ce dernier en 1964 et qui
donnait lieu à des moments scéniques fabuleux. L’occasion de se demander au passage pourquoi ce géant et compositeur exceptionnel de la chanson, disparu le 18 décembre 2001, intéresse si peu les
médias aujourd’hui. CQTC.
Bonne nouvelle, la soirée Chez Leprest du mercredi 12 mars au Bataclan affiche complet. Nouvelle trop banale, en revanche, aucun « médianimateur » phare n’a
parlé de cet album superbe autour d’Allain Leprest.
Sorti cet automne, l’album Chez Leprest
(j’en ai déjà parlé ici) connaît un joli succès par une conjonction de qualités rares : celle de ses seize chansons,
celle de ses quinze interprètes ou groupes, celle d’une réalisation classe sachant allier musicalité sans frime et mise en valeur des textes. Ce qui lui a notamment valu un « Cœur Chorus », saluant au passage l’arrangeur Romain Didier et le producteur Didier Pascalis
(Tacet), l’un des rares du genre à prendre des risques, de Véronique Rivière à Allain et Romain, en passant par Jehan, Claire Lise, ou la toute jeune Alice
Dézailes.
Salué – comme je l’ai déjà écrit – par des Ferrat, Gréco ou Nougaro (ci-dessous au téléphone en juillet 2002), Allain Leprest est aujourd’hui une référence intergénérationnelle, d’Olivia Ruiz à
Jacques Higelin, de Sanseverino à Daniel Lavoie, d’Agnès Bihl à Enzo Enzo ou Michel Fugain, comme le montre avec émotion cette vidéo produite à la sortie de l’album.
Alors franchement, mesdames et messieurs les vedettes du petit écran, vous n’avez aucune excuse, vous n’avez que l’embarras du choix pour inviter qui vous voulez ! Que faites-vous,
les Drucker, Ruquier, Fogiel, Durand, Ardisson, Denisot et cie ? Continuerez-vous à enfoncer les portes ouvertes du show-biz, du copinage et du prêt à dé-penser ? Et le service public (y compris
à la radio, où en l’occurrence, l’attitude de France Inter frise l’injustifiable), quel sens prend-il dans cette affaire ? Jusqu’à quand une émission comme CD’aujourd’hui tiendra-t-elle
le coup, pour sauver l’honneur perdu dudit service public. Quand elle réunit une vedette populaire comme Hervé Vilard et un Allain Leprest (que des milliers de gens sont prêts à découvrir et à
aimer à travers ce CD d’exception), cette « petite » émission donne l’exemple. Elle fait son boulot, quand vous censurez par omission. Alors, en voulant croire que vous puissiez vous reprendre,
regardons-là…
Et histoire d’avoir une petite pensée pour l’ami Claude Nougaro qui nous a quittés voici déjà quatre ans presque jour pour jour (c’était le 4 mars 2004), écoutez ce petit
témoignage recueilli à l’occasion du dossier Leprest du n° 41 de Chorus, paru à l’automne 2002.
CQTC.
Difficile de croire que Laurence « furibarde » Parisot, n’ait rien compris à l’évaporation des quelque 20 millions d’euros utilisés par DGS pour « fluidifier les
relations sociales ». La patronne des patrons fait quand même partie des « huiles » !...
D’ailleurs, soyons sérieux, ce personnage distingué au regard si franc (pardon, si euro !) qu’on avait cru frappé de heavy metal était tout simplement un nostalgique invétéré du groupe
montpelliérain Regg’lyss et appliquait la philosophie de son tube de 1993, « Mets de l’huile ! » CQTC.
Du rififi chez les grands patrons. La vertueuse présidente du Medef interrompt ses vacances pour faire le ménage (belle expression) du côté de l’UIMM, dont l’ex heavy
métallo en chef, Denis Gautier-Sauvagnac a bénéficié d’un golden parachute de 1 million 500 000 euros comme prime de départ.
Bref, quand les vautours s’étripent entre eux, ça chatouille toujours un brin le boyau de la rigolade… En attendant la suite, cette saute d'humeur m'a procuré le
plaisir décalé de remettre sur la platine un des tout premiers joyaux post-soixante-huitards de Maxime Le Forestier, Parachutiste, paru sur son mythique album de 1972, avec Mon
frère, Education sentimentale, Comme un arbre et San Francisco. CQTC.
Vers Bissextils, c’était le titre de l’album de Pierre Louki en 1996. Alors autant saisir ce 29 février pour le saluer, lui qui nous a quittés depuis un peu
plus d’un an déjà. Brassens disait : « En même temps qu’une amitié solide et sans fioriture, je nourris pour Pierre Louki une admiration qui ne cesse de croître au fil des ans.
»
Drôle de non-chanteur, ce Pierrot-là ! Horloger d’origine, féru de course à pied qui s’acoquinera avec les pointures du moment (Michel Jazy et Jean Wadoux), il a
d’abord proposé des chansons à quelques artistes prometteurs nommés Marcel Amont, Jean Ferrat, Juliette Gréco, Cora Vaucaire, Catherine Sauvage, Isabelle Aubret, Annie Cordy... et une certaine
Lucette Raillat qui obtiendra un joli succès en 1954 avec « La Môme au boutons ». Brassens, lui, adorait « Mes copains », sorti sur le premier 25 cm de Louki en 1960.
Si ses chansons les plus connues restent sans doute « Les Sardines » et « En triant des lentilles », Pierre Louki en a écrites une flopée d’admirables, tant dans l’humour volontiers absurde virant parfois à la farce (« Vol du Concorde », «
Les Frelons », « La Boulangère », « Au mariage des
Levon-Lecu ») que dans une désillusion mouillée de tendresse à moins que ce ne soit l’inverse (« Les Cimetières militaires », « Sur l’arbre mort », «
Qui viendra me dire bonsoir ? », « Biographie », « Boby
»...).
Dix ans après la mort de Brassens, en 1991, il ouvrira son album Retrouvailles par un inimitable « Allo, viens, je m’emmerde », qui commence ainsi
:
« Allô, viens, je m’emmerde,
Si t’as du temps à perdre,
Viens donc t’emmerder avec moi.
Cet appel laconique
Qui peut sembler comique
M’a souvent mis le cœur en joie »
En 2004, Pierre Louki (site ici) a enregistré un ultime album (Saravah) au titre prémonitoire (Salut la compagnie), deux ans
seulement avant de tirer sa révérence, le 21 décembre 2006. Il avait officiellement 80 ans, étant né en juin 1926, c’est-à-dire cinq ans après son copain Brassens, d’octobre 1921. Or, il aurait
un jour confié à ses musiciens qu’il était né en réalité cinq ans plus tôt, donc quelques mois avant le Sétois ; le quiproquo provenant d’une erreur biographique dans un de ses premiers
programmes, erreur qu’il n’aurait jamais voulu rectifier du vivant de Brassens, persuadé d’être le plus âgé des deux. Une délicatesse bien dans l’esprit de Louki, que l’anecdote soit fondée ou
non...
Le 18 avril 1983, je l’avais interviewé lors d’un déjeuner en compagnie de l’attachée de presse Jocelyne Bodo. Il venait de sortir un 30 cm chez Philips, Chansons
quand même... et se préparait à passer à Paris, dans la petite salle du Théâtre des Mathurins. Après six ans d’absence phonographique, beaucoup de ses chansons, inédites ou non, étaient donc
inconnues d’une grande partie du public…
Pierre Louki (interview DP, 1983) - 3'47
En 1997, Pierre Louki avait rencontré une jeune chanteuse, Claire Elzière, qui allait créer un spectacle autour
de ses chansons en 2002 et enregistrer un album complet en 2003, chez Saravah. « Pluies » qu’elle interprète en duo avec lui est extrait de l’album Salut la compagnie de
2004, où ils ont gravé un second duo, « Désillusions ».
Décidément, not’ bon Président fait dans le mouvement : après le virtuel « Si tu reviens », voici l’élégant « Casse-toi ! » suivi d’un « pauvre
con », insulte à deux boules, suggérant qu’à l’Elysée on n’aime pas plus les pauvres que les cons…
On ne trouvera pas ici la fameuse vidéo agricole de Nicolas Sarkozy où il balance du « con » au lieu de classiquement « flatter le cul des vaches »
façon Chirac, mais celle de l’ami Georges Brassens interprétant son inaltérable « Le temps ne fait rien à l’affaire » (1962).
J’en profite pour vous faire partager une version (audio) chilienne de cette chanson par
l’excellent troubadour (c’est ainsi qu’il aime se présenter) Eduardo Peralta, qui a adapté dans sa langue une cinquantaine de chansons du Sétois et qui
obtient un succès constant dans les cabarets de Santiago et dans les salles françaises où il se produit assez régulièrement (voir sites : Les amis de Georges et Passage Brassens). J’ai réalisé cet
enregistrement artisanal mais très vivant le 19 septembre 2002 à Paris, dans la petite salle du Centre de la Chanson.
Eduardo Peralta – La Edad no tiene que ver - 2'11
Par pure bonté d’âme et du même Brassens, je me permets d’ajouter quelques suggestions pratiques à usage présidentiel avant d’élever le niveau et de varier
l’anathème, avec « La Ronde des jurons », qui date de 1958, année de l’arrivée au pouvoir du Général de Gaulle. Un symbole.
Enfin pour revenir sur le PC (« pauvre con ») lui-même, il m’a semblé nécessaire de conclure en beauté avec une grenade offensive de 40 ans d’âge signée Jean Ferrat (1967,
précisément, sur l’album très pro-cubain intitulé A Santiago) : « Pauvres petits c… ». L’époque très polie où l’on recourrait encore aux points de suspension. CQTC.
La semaine dernière, pour justifier la bourde scolaire de not’ bon Président à propos de la Shoah, Valérie Pécresse confiait sur France Info combien le Journal
qu’Anne Frank écrivit cachée dans « une cave » l’avait bouleversée et marquée à vie…
Comme c’est beau un(e) ministre la main sur le cœur, surtout en
période électorale ! Ici, la dame règne sur l’enseignement supérieur et la recherche, mais a curieusement la mémoire qui flanche, et une flopée d’auditeurs indignés a rappelé qu’on aurait
pu parler de grenier ou de placard, mais en aucun cas de cave. Oubliant sa supériorité ministérielle, l’intéressée aurait dû pousser un brin sa recherche et écouter par exemple l'évident «
Anne, ma sœur Anne» (1985) de Louis
Chedid .
Et puis, histoire de saluer les 50 ans de chanson d’Anne Sylvestre (son site est là), elle aurait pu découvrir deux merveilles trop méconnues de cette
grande artiste : « Le p’tit grenier » (2003) et « Roméo et Judith » (1994), justement pour ne pas reporter sur les enfants la culpabilité des parents.
Enfin, une certaine Simone (Veil) s’étant indignée en qualifiant illico la sarkozade d’« inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste », je ne résiste pas à un léger
détournement final, avec « Les hormones Simone » (2000), humour de Dame Sylvestre oblige.
CQTC.
L’algarade médiatico-judiciaire du fameux SMS que not’ bon Président aurait envoyé à son ex quelques jours avant son mariage aura au moins inspiré une œuvre
artistique. C’est Jeanne Cherhal qui s’y est collée.
Pris par le bouclage du n° 63 de Chorus (à paraître le 21 mars, 2e jour du printemps) à ne pas manquer of course, j’ai été alerté par mon voisin bloggueur
Baptiste Vignol (c’est ici) sur l’existence de cet inédit tout frais (« Si tu reviens,
j’annule tout »), où comme il l’écrit : « Jeanne Cherhal attrape au vol un serment d'amant saccagé par le vent de la rumeur pour en faire, loin de toute polémique, une complainte
touchante et néanmoins pleine d'humour ». Elle y a effectivement le mérite d’avoir écrit une vraie chanson, à cent lieues de la facilité des prétendus humoristes (pas drôles) dont nous
inondent aujourd’hui les médias.
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