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  • : Paris
  • : Journaliste, essentiellement au trimestriel Chorus, les cahiers de la chanson. Auteur (avec Marc Robine) de la biographie "Charles Aznavour ou le destin apprivoisé". Intervenant sur la chanson (formation, stage, conférences, rencontres-débats...)

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  • : Au cœur et autour de la chanson francophone, encore si méprisée des gens de pouvoir et de médias, alors qu'elle est vivante comme jamais au quotidien et dans l'Histoire en marche...
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Samedi 16 février 2008

Le 21 décembre dernier, Henri Salvador faisait ses adieux officiels à la scène. Moins de trois mois plus tard, le voilà définitivement H.S. (allez, faut rigoler !). Dès 1987, l’avisé Charles Aznavour avait pigé l’erreur et prévenu : « Je ne ferai pas mes adieux ».


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S’il répète volontiers qu’il compte vivre jusqu'à 110 ans, voire plus, Aznavour (84 printemps le 22 mai prochain) a pourtant beaucoup évoqué la mort dans ses chansons, mais de façon indirecte. Dans la biographie que je lui ai consacrée (Charles Aznavour ou le destin apprivoisé, Fayard-Chorus, mai 2006), il lève le voile (Annexes, p. 556) : « C’est vrai que la notion du temps revient toujours dans mes chansons. C’est normal pour quelqu’un qui a peur de la mort. Je la chante pourtant moins que Brassens... En réalité, je me demande si ce n’est pas plutôt le comment qui me travaille. De quelle façon vais-je mourir ? En souffrant ou sans souffrance ? Voilà la vérité ! La pire des choses étant de fermer les yeux à jamais… »

Et dans son dernier album de 2007 (Colore ma vie), il se paie le luxe d’aborder le sujet de front avec un humour étonnant dans « J’abdiquerai », où il chante notamment : « Le pire et le meilleur j’en ai fait mon affaire / Et s’il me reste encore un beau spectacle à faire / Un bel enterrement flatterait mon ego ». Chapeau (cubain), M. Charles ! CQTC.

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Bonus :

Aznavour ayant cité Brassens, grand chantre de la camarde (cinq ans avant l’échéance ultime, en 1976, il avait chanté « Trompe la mort » avec « C'est pas demain la veille, bon Dieu / De mes adieux »), voici une de ses chansons méconnues et de circonstance : « L’enterrement de Verlaine ».



par Daniel Pantchenko publié dans : Chanson communauté : Musiques
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Jeudi 14 février 2008
Bien jolie fête que celle des amoureux, mais quelle occasion facile de balancer toutes sortes de niaiseries. Antidote du jour, une attachante chanson d’Éric Guilleton interprétée par Véronique Gain…

Eric-Vero.jpg
Éric et Véro sont de grands amoureux… de la chanson. Tous deux se produisent depuis une bonne vingtaine d’années et font partie des ACP la Manufacture Chanson, la plus ancienne école française du genre. Éric a sorti en mars 2007 un album (Saravah) qui vaut le détour : Paradis provisoire. Il est également l’auteur de « La Saint-Valentin » qu’interprète Véronique Gain dans une version de 1993, gravée alors sur un disque hors-commerce (« En attendant le premier album
»). Depuis, elle en a enregistrés deux (la preuve). Je  ne résiste pas au plaisir d’ajouter ici un second titre de ce CD 7 titres, « La Maison aux hortensias », intégralement signé Véro, avec au piano un certain Romain Didier (sur « La Saint-Valentin », Cécilem – qui ne s’appelait pas encore ainsi - est au piano et aux chœurs).



Véronique Gain – La Saint-Valentin - 4'03



Véronique Gain – La Maison aux hortensias - 3'


par Daniel Pantchenko publié dans : Chanson communauté : Musiques
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Mardi 12 février 2008
Sale week-end dans les beaux quartiers. Haro sur le parachuté du Président. Martinon joue David contre le Gotha, Sarkozy junior en tête. L’occasion rêvée de réécouter l’inaltérable « Neuilly Blues » de Gilbert Laffaille.

Laffaille.jpgDepuis trente ans, ce chanteur (en ligne ici) à la fibre impressionniste, à la fois sensible et plein d’humour (dont Nougaro disait « Dès qu’il chante, en moi, un oiseau fraternel s’éveille ») a enregistré une douzaine d’albums et créé de nombreux spectacles, glissant volontiers des sketches entre les chansons.

« Neuilly blues » est sorti en 1979 sur un 45 tours et a connu différentes versions. Voici celle de l’album Tout m’étonne de 1996.



Gilbert Laffaille – Neuilly blues - 3’39


par Daniel Pantchenko publié dans : Chanson communauté : Musiques
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Dimanche 10 février 2008
Incroyable, l’attachement aux choses matérielles qu’à notre chanoine de Président, si soucieux pourtant ces temps-ci de sauver nos âmes grâce à la foi chrétienne. Cette histoire de stylo m’a donné envie d’élever le niveau avec Claude Nougaro, Amélie-les-crayons et Hugues Aufray.


En 1997, dans son album L’Enfant phare, Claude Nougaro glisse une fantaisie savoureuse (musique d’Arnaud Dunoyer) qui avoue benoîtement : « J’ai perdu le Montblanc dans la neige / Il avait dû coûter bonbon ». En voici une version scénique, avec préambule du chef...

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Après tout, aussi prestigieux soit-il, il ne s’agit que d’un stylo et les amoureux de chansons se consoleront très vite en découvrant La Porte Plume, le nouvel album d’Amélie-les-crayons (foncez voir son spectacle, il est aux petits oignons !) et de retrouver l’Hugues Aufray des débuts dans « Les crayons de couleur » (co-écrit avec Pierre Delanoë, musique M. Barton), qui commence ainsi, rappelez-vous (la vidéo l’a un peu mangé) : « Un petit garçon est venu me voir tout à l'heure / Avec des crayons et du papier ». CQTC.


par Daniel Pantchenko publié dans : Chanson communauté : Musiques
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Vendredi 8 février 2008
Suite au mariage de not’ bon Président, trois mois après son divorce, et avec une « Dom Juane » revendiquée, une chanson sur un personnage à la libido très prononcée m’est revenue. L’occasion de saluer un (ex) chanteur aussi savoureux que méconnu : Max-Alain Obadia.

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Les 30 et 31 mai, puis les 11 et 16 juin 1979, ce jeune artiste enregistrait en direct au très parisien studio Davout (orchestre – excusez du peu - sous la direction de François Rauber, arrangeur attitré de Brel) dix petites merveilles d’humour et de sensibilité, co-signées avec un certain Hervé Bouynot. Je n’ai jamais rencontré ces personnes et j’ignore ce qu’elles sont devenues (j’ai une piste…), mais je compte bien ici faire découvrir (ou retrouver) leurs chansons. Pour commencer, voici donc « Léo libido » (dragueur lui aussi porté sur la religion) et « Abus dangereux » qu’on peut également dédier au nouveau marié élyséen, accro on ne sait trop à quoi, mais de fait bien stressé et pressé. CQTC.




Max-Alain Obadia- Léo libido - 2’19



Max-Alain Obadia – Abus dangereux - 5'03


par Daniel Pantchenko publié dans : Chanson communauté : Musiques
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Mardi 5 février 2008
Loin du folklore bouffon à la Kadhafi façon vivier barde lybien, not’ bon Président aurait-il plébiscité les conseils coquins d’Anne Sylvestre et négligé ceux du sage Georges Brassens ? Faites-vous une opinion en allant écouter la première et en retrouvant le second.

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Pour fêter ses 50 ans de chansons (son « jubilé »), Anne Sylvestre a sorti cet  automne un album aux petits oignons (Bye mélanco) où elle suggère un « Gay marions-nous » qui « va pas plaire au Pape » (en écoute ici) et distille avec humour une fable dont notre agité en chef devrait s’imprégner : « Zen ».

De son côté, on le sait, dès 1957, Georges Brassens avait écrit la sublime « Marche nuptiale » (« Mariage d’amour, Mariage d’argent / J’ai vu se marier toutes sortes de gens »...), souvent reprise, au détail près qu'ici, Serge Lama est accompagné à la guitare par l’auteur lui-même.


 

Et le bon maître allait nous offrir un peu plus tard (1966) une autre merveille, montrant qu’il n’était pas prêt à se marier, ne fût-ce qu’une seule fois : « La non-demande en mariage ».


Un t’aime que la maligne Clarika a depuis joliment décliné à sa façon, dans son album Joker (2005) sous le titre explicite « Ne me demande pas » (c’est ici).


par Daniel Pantchenko publié dans : Chanson communauté : Musiques
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Jeudi 31 janvier 2008
Décidément, y’a du Delanoë dans l’air. En juin, on remettra le prix Pierre Delanoë à une jeune plume de la chanson ; en mars, Bertrand Delanoë essaiera de ne pas perdre les siennes (de plumes) à la mairie de Paris. Du coup, il inaugure et il annonce, Barbara et Trois Baudets à la clé.

Le vendredi 25 janvier était inauguré le Centre musical Fleury Goutte d’Or – Barbara. Très officiellement. Avec huit personnalités sur le carton d’invitation, dont sept élus (Maire de Paris, Maire d’arrondissement, adjoints, Préfet, Président de Région…), mais pas le Directeur du Centre. Quant au nom de Barbara pour un « lieu unique » de 1500 m2 consacré aux « musiques actuelles », il prête un tantinet à sourire… sauf sans doute à l’équipe chargée d’y travailler qui n’a visiblement pas eu voix au chapitre en la matière. Passons. Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse et que ladite équipe ait surtout les moyens de son action.

Idem pour la résurrection du Théâtre des Trois Baudets (18e), lieu historique de la chanson créé par Jacques Canetti en 1947 et qui révéla notamment Georges Brassens, Jacques Brel, Pierre Perret ou Anne Sylvestre. La nouvelle salle de 250 places favorisera les artistes en début de carrière et « en développement », tout en n’oubliant pas le patrimoine, et devrait fonctionner quasiment toute l’année. Un seul problème, quand va-t-elle vraiment ouvrir et avec quel budget effectif ? Là aussi, piaffe une super équipe et il ne faudrait pas la sacrifier à des effets d’annonce et d’autres calculs politiciens. Tout en reconnaissant l’effort culturel global entrepris à Paris, on ne saurait accepter certaines dérives liées à telle ou telle ambition personnelle ou partisane.

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Ce qui se passe dans une grande ville existe aussi à des niveaux bien moindres, comme l’illustre cette chanson du Belge Jofroi, installé depuis de longues années à Barjac (Gard), où il anime en juillet l’excellent festival Chansons de Parole. Le texte savoureux du « Petit Notable » est signé Jean-Pierre Chabrol ; coïncidence amusante avec les Trois Baudets, la chanson qui précède sur l’album En l'an deux mille l'humanité (« Chapeau bas »), est dédiée… aux ânes, avec ce compliment : « Ane et anar même combat ». CQTC



Jofroi – Le Petit Notable - 4’29


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Mercredi 30 janvier 2008
C’est clair, tout marche de trader dans le système bancaire, bouillon d’anticulture, de compète à mort et de tue-l’amour. Rien de neuf. Joe Dassin connaissait les coupables et Michèle Bernard la solution universelle.

Allez, on vous dit tout. Le hold-up à 5 milliards d’euros, c’est un coup de La Bande à Bonnot. Dès 1968, sous la plume de Jean-Michel Rivat et Frank Thomas, Joe Dassin dénonçait les coupables et mouillait même le PDG de la banque (D. Bouton). Rappelez-vous :

« A la Société Générale
Une auto démarra et dans la terreur
La bande à Bonnot mit les voiles
Emportant la sacoche du garçon payeur
Dans la De Dion-Bouton qui cachait les voleurs
Octave comptait les gros billets et les valeurs
Avec Raymond-la-Science les bandits en auto
C'était la bande à Bonnot »

Blague à part, le K incriminé affirme avoir agi pour apparaître comme un « trader d’exception », plus performant que performant, en tout cas plus que les autres, dont plusieurs officieraient de la même façon. Ce que la banque laisserait faire tant que ça gagne. Jolie philosophie S.G. conjuguant sérail killers et pas-vu-pas-pris.

MicheleBernard.jpg
C’est donc tout un système, une conception de la vie que condamne ce genre de pratiques et d’affaires, à quelques mois du 40e anniversaire de mai 68, où quoiqu’on puisse en penser, d’autres valeurs avaient cours. L’occasion de vous offrir un « Je t’aime » de Michèle Bernard, superbe chanteuse qui ne sépare jamais conviction et tendresse, combat quotidien et amour. « On dit la bourse et la vie / Ben moi j’ai déjà choisi », affirme-t-elle simplement, elle, dont le dernier album de début 2006, Le Nez en l’air, s’ouvre sur un lumineux « Frangin frangine » : « Est-ce qu’on emporte au paradis / Les mots d’amour qu’on s’est pas dits ». Imparable, non ? CQTC.



Je t’aime - 2'38


par Daniel Pantchenko publié dans : Chanson communauté : Musiques
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Dimanche 27 janvier 2008
Après l’album superbe paru cet automne (c’est ici), Olivia Ruiz, Enzo Enzo, Hervé Vilard… bref, les trois-quarts des artistes qui ont rendu hommage à l’auteur Allain Leprest remettent le couvert lors d’un « concert exceptionnel » à Paris..

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C’est une histoire d’amour, d’émotion et de talent. Sur le disque, quinze interprètes (+ Allain lui-même) avaient amorcé la visite d’une des plus denses œuvres de la chanson de ce quart de siècle. En prélude à un second album avec d’autres interprètes au printemps, cette soirée qui promet réunira (outre les trois artistes déjà cités) : Loïc Lantoine, Nilda Fernandez, Mon Côté Punk, Daniel Lavoie, Fantine Leprest, Jehan, Agnès Bihl, Jamait, Jean Guidoni, Romain Didier. Tous renseignements auprès de Tacet : site web ou courriel.

par Daniel Pantchenko publié dans : Chanson communauté : Musiques
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Mardi 15 janvier 2008
Clarika, Lââm, Gilbert Laffaille, Vincent Baguian et de nombreux autres professionnels de la chanson étaient présents hier à l’inauguration de l’Espace Christian Dente, salle de 50 places dédiée aux nouveaux talents, au sein des ACP La Manufacture Chanson, la plus ancienne école de la chanson de France, qui dispose depuis l’automne 2007 de ses propres locaux dans le 11e arrondissement de Paris, au 124 avenue de la République.

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Auteur-compositeur-interprète, comédien et metteur en scène, Christian Dente (décédé le 10 juillet 2003 à l’âge de 63 ans) avait créé dès le milieu des années 70 – avec notamment Claude Vinci et Jean Sommer - l’association nationale Action Chanson, dont une antenne Ile-de-France s’implanta à la MJC Daniel-Féry de Nanterre, dans les Hauts-de-Seine. En 1980, celle-ci jeta les bases d’une école de la chanson, les Ateliers Chanson de Paris (ACP) et c’est dans ces mêmes locaux que fut inauguré le 9 octobre 1982 le Centre Georges Brassens, l’un des quatre centres régionaux de la chanson (les autres étant à Bordeaux, Bourges et Rennes). A l’automne 2000, Christian Dente avait passé le relais à un collectif de jeunes issus de l’école des ACP, la nouvelle structure devenant dès lors les ACP la Manufacture Chanson, dont le remarquable site web vous donnera tous les détails possibles.

Outre un super 45 tours (Barclay) initial, Christian Dente a enregistré trois albums : Les Gens étranges (1976) et Chansons comme on vit (1979) au Chant du monde et Le Petit Cinéma des familles (1987), autoproduit, dont est extrait Le Peu de temps (3’04), un titre où l’évolution de Christian est très perceptible avec une montée vocale pas dégueu qui a dû en surprendre quelques unes et quelques uns. Suit un court montage (3’40) d’une émission de radio libre (92 radio) enregistré en décembre 1982, où Christian Dente répondait à quelques unes de mes questions sur le Centre Georges Brassens et sur l’école de la chanson. L’origine de ce qui existe aujourd’hui, en quelque sorte... CQTC.



Chistian Dente – Le Peu de temps - 3'04



Christian Dente sur 92 Radio (octobre 1982) - 3’40


par Daniel Pantchenko publié dans : Chanson communauté : Musiques
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