Lundi 5 janvier 2009
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Foutu début d’une année qu’on nous a déjà annoncée morose, crise oblige. Si comme on dit l’espoir fait vivre,
autant le cultiver mais pas béatement. Ici, à l’heure où la guerre massacre plus que jamais des braves gens qui ne se connaissent pas au profit d’autres qui se connaissent très bien, ces chansons
de Romain Didier et Renaud prennent valeur de symbole.
C’est dans l’un de ses tout premiers singles de novembre 1981 que Romain Didier a enregistré ce viscéral J’en veux pas de votre guerre, que voici dans la version gravée cinq ans plus tard dans le disque Piano
public.
Clin d’œil très personnel à la chanson mythique de Boris Vian (en 1955), Renaud a concocté son Déserteur pour l’album Morgane de toi… de
1983. Une saine provocation qui vaut bien des discours. CQTC.
Par Daniel Pantchenko
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Mercredi 31 décembre 2008
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Allez, pour ce dernier jour d’une année qui s’achève entre crise et guerre, offrons nous un sourire. Un clin
d’œil, plutôt, à une grande dame. Anne Sylvestre, qui a fêté en 2007 ses cinquante ans de chansons, son « jubilé » et qui sera à Paris (Trianon) du 9
au 11 janvier, avant de partir en tournée dans toute la France.
Si elle a chanté avec force les luttes et les douleurs des femmes (leurs grandes joies aussi,
heureusement) dans une société encore très inégalitaire, elle a toujours accordé une grande place à l’humour, voire à l’autodérision. La preuve, ici, avec Le Deuxième Œil (Les
Chemins du vent, 2003), une épreuve à soigner face au miroir un soir de fête. CQTC.
Par Daniel Pantchenko
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Mardi 23 décembre 2008
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Et de 66 au compteur ! Le Chorus d’hiver de l’inégalable revue trimestrielle de la chanson
francophone est prêt à rejoindre les cadeaux de Noël. Une fois de plus ses deux cents pages sont pleines à craquer.
« Qu’y a-t-il à l’intérieur d’un Chorus ? » demanderait le père Trenet. D’abord, deux « gros »
morceaux, en général de générations différentes : ici, Bénabar, dont l’évolution est palpable et qui relativise intelligemment son succès, et Julien Clerc, quarante ans de métier et un album
vraiment très réussi. Ensuite, ou plutôt en ouverture un très joli échange entre Jane Birkin et Emily Loizeau, deux femmes attachantes et sensibles. Tout comme Clarika, suivie en studio pendant
l’enregistrement de son nouveau disque, en compagnie de Jean-Jacques Nyssen et Florent Marchet. A cela s’ajoutent une enquête pertinente sur la mélodie, truffée de témoignages avisés (Aznavour,
Fugain, Renan Luce, Jeanne Cherhal, Anne Sylvestre, Jean-Michel Boris…), des « entrevues » avec Mes Aïeux, Hervé Cristiani (le retour !), Gérard Manset, Anaïs (le retour itou !), Anne Sylvestre,
Pascal Mathieu, Anne Roumanoff, Isabelle Dhordain… Sans oublier les chroniques de disques, de livres, de festivals et des découvertes nommées Catherine Major, Bensé, Zaza Fournier, Merlot, Manu
Galure… Bref, un Chorus (un site tout neuf est annoncé pour début janvier) toujours aussi bon à « prendre », comme se plaît à le répéter
l’infatigable Aznavour, ici même tous les trois mois. CQTC.
Par Daniel Pantchenko
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Lundi 15 décembre 2008
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Bad gag, comme on l’écrivit au début de la guerre en Irak. Dimanche, le futur ex-Président américain s’est
fait jeter des « A bas Bush ! » dans la tronche ; du coup, notre sous-réformant Darcos a reculé, pris d’une trouille maxi mômes. Chez nous beaucoup trop d’étudiants portent encore des Doc Martens
!
A n’en pas douter, not’ bon Président (Sarkos) lui a fait comprendre que la fièvre grecque pourrait
bien devenir contagieuse, surtout en pleine crise mondiale. Bref, l’occasion est trop belle de dédier aux uns et aux autres une chanson sur mesure du Stephan Reggiani de 1971 (musique de Jean Fredenucci) : A côté d’mes pompes. CQTC.
Stephan Reggiani - À côté d’mes pompes - 3’01
Par Daniel Pantchenko
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Mardi 9 décembre 2008
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Semaine banale en Sarkozye ordinaire : entre un discours moralisateur de not’ bon Président et une
demi-heure de lèche l’écharpe avec le dalaï-lama, la police alpague un journaliste au petit matin et lâche ses chiens dans les classes, la justice veut foutre les douze ans au trou et nettoie
au karcher ces salauds de moins que rien qui ont que DAL…
La moitié de cela se produirait ailleurs, on crierait au totalitarisme ; dans le pays des droits de
l’homme, la banalisation gagne et la mémoire raccourcit. Pourtant, ces atteintes aux libertés minimales ne datent pas d’hier et en 1975, le grand Jean-Roger Caussimon, pote de Ferré et auteur
d’exception, sortait un disque poignant, Il fait soleil avec ce terrible Bordel à cul, sur une musique de Francis Livon.
Dans le même album, Les Milices (moins réussie - à mon sens - au plan musical par Eric Robrecht)
enfonce prémonitoirement le clou. CQTC.
Par Daniel Pantchenko
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Lundi 1 décembre 2008
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Ne traquez plus l’idée géniale du cadeau pour les fêtes, le nouveau Leprest sort aujourd’hui avec un titre au
ton éloquent : Quand auront fondu les banquises. En même temps, ce disque se révèle très différent des précédents.
Petit préalable. Sur ce site, la règle est d’accrocher des chansons à l’actualité et à l’Histoire. Comme
toute règle qui se respecte, elle a ses exceptions, qui prennent d’autant plus de valeur ; jusqu’à présent, elles se sont appelées François Béranger et surtout Leprest. Le premier nous a quittés, le second nous revient après de sérieux problèmes de santé et de fait, une écriture plus âpre, où la vie –
dont la mort est consubstantielle – tisse ses finesses profondes, son lot d’amour, de tendresse et de désillusion. La voix faillible mais remarquablement gérée par le chanteur, son arrangeur
(Romain Didier, qui a signé sept des quatorze mélodies) et son réalisateur-producteur (Didier Pascalis), Leprest entretient une espèce de dialogue avec ses
proches et quelques autres auxquels il dédie ses chansons, ici mouillées de cuivres. Il la joue mélanco (Les Tilleuls), higelinesque (Nananère), frangin céleste (Pauvre
Lélian), humour froid (Quand j’étais mort), amoureux (Bow window), philochose (J’habite tant de voyages, en duo avec Jamait), passeur d’âme (On leur
dira). Bref un album d’un abord moins immédiat, mais dense, d’une beauté grave qui donne à réfléchir sur soi-même, sur ce qu’il nous reste d’important à faire aussi vrai que nous sommes tous
« de passage ». CQTC.
Par Daniel Pantchenko
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Lundi 17 novembre 2008
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Après le pitoyable spectacle « socialiste » de Reims, où la Sego et les egos ont éclairé le tréfonds de
leurs progrâmes, Jaurès a encore pris un mauvais coup et la « Merveilleuse gauche française » d’hier semble renaître comme aux plus beaux jours.
Dans Les Marquises (Ségolène et Martine ?), son ultime album de 1977, Jacques Brel égraine la
douloureuse complainte historique à l’obsédante question : « Pourquoi ont-ils tué Jaurès ? » A Reims, ladite question, on ne se l’est visiblement pas posée, lors de la nuit des seconds
couteaux.
Pauvre Bertrand qui a explosé en vol, il mérite bien une réflexion aznavourienne ; comme les autres quart
de finalistes, il s’y voyait déjà, mais là, c’est râpé (façon G Kill) !
En fait, cette Merveilleuse gauche française ne date pas d’hier, comme nous le rappelle cette
chanson de quarante ans d’âge (effectivement datée, mais opportune) de Guy Bontempelli. CQTC.
Guy Bontempelli – Merveilleuse gauche française - 3'13
Par Daniel Pantchenko
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Dimanche 9 novembre 2008
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23:31
Suite et fin du triptyque américain avec à nouveau l’ami Claude Nougaro et une autre chanson superbe de
l’album Nougayork de 1987. Un titre éminemment symbolique, au bas mot, des décisions fortes que devra prendre le futur Président pour répondre à l’espoir suscité : Il faut tourner la
page. CQTC.
Par Daniel Pantchenko
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Jeudi 6 novembre 2008
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23:32
Super les boys and girls, bravo pour la leçon ! Reste qu’après les belles paroles et les enthousiasmantes
images, la B.O. du film à venir soit à la hauteur. Toutes proportions gardées, les gueules de bois populaires françaises post-urnes incitent à réfléchir, de degaullitude en miterrandaille et
autre sarkozyguerie.
Bref, Obama ayant été préFér(r)é, c’est l’occasion rêvée de réentendre l’irrévérencieux Ils ont voté
que le père Léo enregistra en 1967 et qu’il modifia légèrement au gré des avatars politiciens de la République. Voici d’abord son interprétation de 1969 à Bobino.
Et dans cette version plus récente, la variation la plus spectaculaire arrive à la place du « jour de gloire », précisément en vedette
américaine.
Le texte reproduit dans le Testatement phonographe de Ferré (Plasma, 1980) comporte un couplet introductif supplémentaire :
A leur chanter des tas d’chansons
Dies irae et tout’ la clique
Les morts en vein’ de migration
Se sont levés avec des triques
Ils sont allés au cinéma
Voir la symphonie Pathétique
On dit qu’ils n’ont pas aimé ça
Les morts n’aiment pas la musique
Par Daniel Pantchenko
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Mardi 4 novembre 2008
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11:02
Certes, bien que notre Bayrou du Béarn paraisse parfois
gauchiste par rapport à Obama, celui-ci n’est pas Chirac ; mais certains Américains ne voteront-ils pas pour lui par défaut comme les Français l’ont fait devant le danger Le Pen ? Pour ma part,
j’ai choisi, je renouvelle ma confiance à l’ami Claude.
En 1987, après avoir été « viré » sans ménagement de la maison de disques Barclay, Claude Nougaro
rebondit de magnifique façon en ramenant de New York un album dont la chanson éponyme, Nougayork, constitue un véritable coup de poing.
Sur ce même disque, figure une de ces savoureuses mini comédies musicales dont le Toulousain a le secret,
hommage conjoncturel involontaire à notre tourmentée Caisse d’Epargne : Un écureuil dans Central Park. CQTC.
Par Daniel Pantchenko
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