Vendredi 29 février 2008
Vers Bissextils, c’était le titre de l’album de Pierre Louki en 1996. Alors autant saisir ce 29 février pour le saluer, lui qui nous a quittés depuis un peu
plus d’un an déjà. Brassens disait : « En même temps qu’une amitié solide et sans fioriture, je nourris pour Pierre Louki une admiration qui ne cesse de croître au fil des ans.
»
Drôle de non-chanteur, ce Pierrot-là ! Horloger d’origine, féru de course à pied qui s’acoquinera avec les pointures du moment (Michel Jazy et Jean Wadoux), il a d’abord proposé des chansons à quelques artistes prometteurs nommés Marcel Amont, Jean Ferrat, Juliette Gréco, Cora Vaucaire, Catherine Sauvage, Isabelle Aubret, Annie Cordy... et une certaine Lucette Raillat qui obtiendra un joli succès en 1954 avec « La Môme au boutons ». Brassens, lui, adorait « Mes copains », sorti sur le premier 25 cm de Louki en 1960.
Si ses chansons les plus connues restent sans doute « Les Sardines » et « En triant des lentilles », Pierre Louki en a écrites une flopée d’admirables, tant dans l’humour volontiers absurde virant parfois à la farce (« Vol du Concorde », « Les Frelons », « La Boulangère », « Au mariage des Levon-Lecu ») que dans une désillusion mouillée de tendresse à moins que ce ne soit l’inverse (« Les Cimetières militaires », « Sur l’arbre mort », « Qui viendra me dire bonsoir ? », « Biographie », « Boby »...).
Dix ans après la mort de Brassens, en 1991, il ouvrira son album Retrouvailles par un inimitable « Allo, viens, je m’emmerde », qui commence ainsi :
« Allô, viens, je m’emmerde,
Si t’as du temps à perdre,
Viens donc t’emmerder avec moi.
Cet appel laconique
Qui peut sembler comique
M’a souvent mis le cœur en joie »
En 2004, Pierre Louki (site ici) a enregistré un ultime album (Saravah) au titre prémonitoire (Salut la compagnie), deux ans
seulement avant de tirer sa révérence, le 21 décembre 2006. Il avait officiellement 80 ans, étant né en juin 1926, c’est-à-dire cinq ans après son copain Brassens, d’octobre 1921. Or, il aurait
un jour confié à ses musiciens qu’il était né en réalité cinq ans plus tôt, donc quelques mois avant le Sétois ; le quiproquo provenant d’une erreur biographique dans un de ses premiers
programmes, erreur qu’il n’aurait jamais voulu rectifier du vivant de Brassens, persuadé d’être le plus âgé des deux. Une délicatesse bien dans l’esprit de Louki, que l’anecdote soit fondée ou
non...
Le 18 avril 1983, je l’avais interviewé lors d’un déjeuner en compagnie de l’attachée de presse Jocelyne Bodo. Il venait de sortir un 30 cm chez Philips, Chansons quand même... et se préparait à passer à Paris, dans la petite salle du Théâtre des Mathurins. Après six ans d’absence phonographique, beaucoup de ses chansons, inédites ou non, étaient donc inconnues d’une grande partie du public…
Pierre Louki (interview DP, 1983) - 3'47
Pierre Louki avec Claire Elzière - Pluies - 2’43
Drôle de non-chanteur, ce Pierrot-là ! Horloger d’origine, féru de course à pied qui s’acoquinera avec les pointures du moment (Michel Jazy et Jean Wadoux), il a d’abord proposé des chansons à quelques artistes prometteurs nommés Marcel Amont, Jean Ferrat, Juliette Gréco, Cora Vaucaire, Catherine Sauvage, Isabelle Aubret, Annie Cordy... et une certaine Lucette Raillat qui obtiendra un joli succès en 1954 avec « La Môme au boutons ». Brassens, lui, adorait « Mes copains », sorti sur le premier 25 cm de Louki en 1960.
Si ses chansons les plus connues restent sans doute « Les Sardines » et « En triant des lentilles », Pierre Louki en a écrites une flopée d’admirables, tant dans l’humour volontiers absurde virant parfois à la farce (« Vol du Concorde », « Les Frelons », « La Boulangère », « Au mariage des Levon-Lecu ») que dans une désillusion mouillée de tendresse à moins que ce ne soit l’inverse (« Les Cimetières militaires », « Sur l’arbre mort », « Qui viendra me dire bonsoir ? », « Biographie », « Boby »...).
Dix ans après la mort de Brassens, en 1991, il ouvrira son album Retrouvailles par un inimitable « Allo, viens, je m’emmerde », qui commence ainsi :
« Allô, viens, je m’emmerde,
Si t’as du temps à perdre,
Viens donc t’emmerder avec moi.
Cet appel laconique
Qui peut sembler comique
M’a souvent mis le cœur en joie »
En 2004, Pierre Louki (site ici) a enregistré un ultime album (Saravah) au titre prémonitoire (Salut la compagnie), deux ans
seulement avant de tirer sa révérence, le 21 décembre 2006. Il avait officiellement 80 ans, étant né en juin 1926, c’est-à-dire cinq ans après son copain Brassens, d’octobre 1921. Or, il aurait
un jour confié à ses musiciens qu’il était né en réalité cinq ans plus tôt, donc quelques mois avant le Sétois ; le quiproquo provenant d’une erreur biographique dans un de ses premiers
programmes, erreur qu’il n’aurait jamais voulu rectifier du vivant de Brassens, persuadé d’être le plus âgé des deux. Une délicatesse bien dans l’esprit de Louki, que l’anecdote soit fondée ou
non...Le 18 avril 1983, je l’avais interviewé lors d’un déjeuner en compagnie de l’attachée de presse Jocelyne Bodo. Il venait de sortir un 30 cm chez Philips, Chansons quand même... et se préparait à passer à Paris, dans la petite salle du Théâtre des Mathurins. Après six ans d’absence phonographique, beaucoup de ses chansons, inédites ou non, étaient donc inconnues d’une grande partie du public…
Pierre Louki (interview DP, 1983) - 3'47
En 1997, Pierre Louki avait rencontré une jeune chanteuse, Claire Elzière, qui allait créer un spectacle autour
de ses chansons en 2002 et enregistrer un album complet en 2003, chez Saravah. « Pluies » qu’elle interprète en duo avec lui est extrait de l’album Salut la compagnie de
2004, où ils ont gravé un second duo, « Désillusions ».
Pierre Louki avec Claire Elzière - Pluies - 2’43
par Daniel Pantchenko
publié dans :
Chanson
communauté :
Musiques
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J’en profite pour vous faire partager une version (audio) chilienne de cette chanson par
l’excellent troubadour (c’est ainsi qu’il aime se présenter) 
Comme c’est beau un(e) ministre la main sur le cœur, surtout en
période électorale ! Ici, la dame règne sur l’enseignement supérieur et la recherche, mais a curieusement la mémoire qui flanche, et une flopée d’auditeurs indignés a rappelé qu’on aurait
pu parler de grenier ou de placard, mais en aucun cas de cave. Oubliant sa supériorité ministérielle, l’intéressée aurait dû pousser un brin sa recherche et écouter par exemple l'évident «
Anne, ma sœur Anne » (1985) de Louis
Chedid .

Depuis trente ans, ce
chanteur (
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