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  • : Chansons que tout cela... (CQTC)
  • : Au cœur et autour de la chanson francophone, encore si méprisée des gens de pouvoir et de médias, alors qu'elle est vivante comme jamais au quotidien et dans l'Histoire en marche...
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  • Daniel Pantchenko
  • Journaliste, surtout au trimestriel Chorus. Auteur de biographies : Charles Aznavour en 2006 (avec Marc Robine), Jean Ferrat en 2010, Anne Sylvestre en 2012, Serge Reggiani en 2014. « Léo Ferré sur le Boulevard du Crime » en 2016. Intervenant sur la chanson : formation, stage, conférences, rencontres-débats...
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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 08:34

 Hier, dimanche 11 septembre, les média (service public en tête) ont réservé une place omniprésente au 10e anniversaire des attentats de New York. Sans nier une seconde le caractère tragique de l'événement (déjà, ses milliers de morts et de blessés) et son impact international, force est de constater que plus encore que les années passées, l’éclairage extrême de cette tragédie de 2001 tend à occulter – notamment aux yeux des jeunes générations - celle du 11 septembre 1973, au Chili.

 

LaMoneda-ToursJumelles.jpgDu Palais de la Moneda aux Tours jumelles

Comme s’il y avait deux poids - deux mesures, des victimes plus respectables, plus humaines que d’autres, et une mémoire sélective capable d’oublier que dans les deux cas - de Ben Laden à Pinochet - les services secrets américains ont largement été à l’ouvrage dès l’origine. « Oussama ben Laden est un pur produit des services américains », rappelait ainsi en 1999 Richard Labévière dans Les dollars de la terreur - Les Etats-Unis et les islamistes (Editions Grasset), rappel repris dans un article de la Tribune de Genève du 2 septembre dernier.

TdG-130901.jpg

C’était aussi la première fois, nous répète-t-on, que les Américains étaient frappés sur leur sol ; il est vrai qu’ils avaient plutôt l’habitude de porter le fer et le feu ailleurs, comme le rappelle Chante une femme (1968, paroles de Martine Merri) du trop méconnu Jean Arnulf disparu en mars 2007.

 

 

À propos du coup d’État au Chili, l’écrivain Gabriel García Márquez a écrit un texte dense dont voici trois courts extraits explicites (traduction de l'espagnol : Gil B. Lahout, pour RISAL, copyleft, mai 2003 – Texte complet ici) : « Nous sommes à la fin 1969. Trois généraux du Pentagone reçoivent à dîner quatre militaires chiliens dans une villa de la banlieue de Washington […] Au dessert, un des généraux du Pentagone demande ce que ferait l'Armée chilienne si le candidat de la gauche, Salvador Allende, gagnait les élections. Le général Toro Mazote répond alors : « Nous prendrons le Palais de la Monnaie en une demi-heure, même s'il nous faut l'incendier !

GarciaMarquez.jpg[…] Ce dîner historique fut en fait le premier contact du Pentagone avec des officiers des quatre armes des forces armées chiliennes. Lors des réunions qui suivirent, tant à Washington qu'à Santiago, l'accord final fut scellé : les militaires chiliens plus proches de l'âme et des intérêts des États-Unis prendraient le pouvoir si l'Unité populaire venait à gagner les élections. Cette opération fut planifiée de sang froid, telle une simple manœuvre de guerre, sans tenir compte des conditions réelles du Chili.

[…] Il ne restera au Chili aucune trace des conditions politiques et sociales qui ont rendu possible l'Unité populaire. Quatre mois après le putsch, le bilan était atroce : près de 20 000 personnes assassinées, 30 000 prisonniers politiques soumis à de sauvages tortures, 25 000 étudiants expulsés et plus de 200 000 ouvriers licenciés. Mais le plus dur n'était pas encore arrivé. »

Histoire de terminer quand même par une chanson, sans concession ni polémique autour de la mémoire, qu’imaginer de mieux que ce joyau d’humanité et de poésie signé Léo Ferré que je me suis permis de détourner pour donner un titre à cette chronique ? CQTC. 

 


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Published by Daniel Pantchenko - dans Chanson
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commentaires

Jean-Eméric DANCO 07/10/2011 13:00



Léo Ferré était une évidence...



Melocoton 12/09/2011 16:52



Heureusement, je crois que nous sommes encore quelques uns à nous
souvenir du 11 septembre 1973 et du rôle peu glorieux joué par les Etats Unis. Pour apporter ma pierre à votre article, je rappellerai deux splendides chansons, la première « Lettre à
Kissinger » due à la plume de Julos Beaucarne et la seconde « Chanson pour Victor Jara » due à celle de Michel Bühler.


.


http://www.4shared.com/audio/GGbQK1Hn/18-Lettre__Kissinger.html


 


http://www.4shared.com/audio/fTRou7QP/6Chanson_pour_Victor_Jara_2.html


 


Mais je m’en voudrais d’oublier la merveilleuse interprétation de la « Complainte de Pablo Neruda » interprétée par
Véronique Pestel… http://www.4shared.com/audio/w4BzfN9L/17-Complainte_de_Pablo_Neruda_.html


 


 



Daniel PANTCHENKO 13/09/2011 09:48



Bien sûr, il y a ces deux chansons et encore quelques autres, et des groupes (Quilapayun, Inti Illimani...) qui ont du s'exiler, mais le but de cet article était un peu différent, disons plus
"philosophique", d'où le choix de chansons un peu décalées, notamment celle de Léo Ferré. Bonne journée.



Bernadeth 12/09/2011 10:03



Je partage sur F.B. Au passage, merci de rappeler le talent de Jean Arnulf .Un jour, peu-être, lui consacrerez-vous une chronique? Ses chansons sont toujours d'actualité. http://www.youtube.com/watch?v=E0sOX5CjGQ0.......



Daniel PANTCHENKO 13/09/2011 09:42



Je ne pense pas consacrer particulièrement une chronique à Jean Arnulf, sinon que je l'ai déjà fait en partie dans l'un des tous premiers articles de ce blog (le 17 décembre 2007), intitulé
"Carla et Nicolas, Martine et Jean - Point de vue, images d'immonde" et j'y suis revenu plus récemment (dimanche 1er mai) dans "Crème anglaise et tarte info". Hormis quelques exceptions (dont
Leprest faisait partie), ce blog tend à montrer combien la chanson est un marqueur de l'Histoire, de l'actualité ; et c'est à ce titre que j'ai fait appel à Jean Arnulf. Depuis peu, j'ai décidé
néanmoins de mettre en lumière certains de mes coups de cœur à travers une interview face caméra, plutôt tournée vers de jeunes artistes. Bonne journée.