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  • Daniel Pantchenko
  • Journaliste, surtout au trimestriel Chorus. Auteur de biographies : Charles Aznavour en 2006 (avec Marc Robine), Jean Ferrat en 2010, Anne Sylvestre en 2012, Serge Reggiani en 2014. Intervenant sur la chanson : formation, stage, conférences, rencontres-débats...
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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 11:30

Cet automne, le bonheur est dans Leprest. Livre (Marc Legras), disques et spectacles (Claire Elzière, Jean Guidoni) s’en nourrissent et s’ingénient à lui donner la place qui devrait être la sienne. Au plus haut dans l’écriture. J’en parlerai prochainement dans ce blog où il reste l’artiste le plus chroniqué, mais ici, il s’agit du spectacle « Mec ! », du comédien Philippe Torreton et du percussionniste Edward Perraud. L’origine du projet revient à Jean-René Pouilly (Karavane productions), le premier producteur d’Allain il y a trente ans. Et, c’est l’écrivain de théâtre Françoise du Chaxel qui m’a offert la critique enthousiaste de ce spectacle, vu le 15 octobre au Théâtre de Périgueux L’Odyssée (Dordogne).

 

Torreton-Leprest.jpg

Les "mots" de Françoise du Chaxel :

Si l’on ne savait pas qu’Allain Leprest est d’abord un poète, il suffit d’aller écouter Philippe Torreton dire, parler, vivre ses mots pour en être persuadé.

Il nous offre une heure magnifique avec Leprest, ce grand méconnu du grand public, qui a rassemblé, sans le savoir, une grande famille autour de lui, la famille des amoureux des mots.

On a souvent comparé Allain Leprest à Jacques Brel, cet autre écorché vif, mais à l’écoute des textes à nu, portés par la voix, le corps et la violence de Philippe Torreton, qui met tout son talent d’acteur et sa conviction d’homme à nous les offrir, c’est beaucoup à Léo Ferré qu’on pense. Pour la force des images, pour le plaisir de jouer avec les mots, pour l’amour des humbles.

Dans l’univers d’Allain Leprest, il y a les bistrots bien sûr, petits théâtres du monde où se croisent les solitudes, les rues des villes peuplées de gens aux vies abîmées, mais il y a aussi la mer, la Manche, que Philippe Torreton connaît bien,  qui balaie peut être les douleurs et réconcilie avec l’univers, et les artistes frères, Rimbaud, Van Gogh, Édith Piaf.

Allain Leprest ose tout dire : les peurs qu’on noie dans les verres (« j’ai peur », « le temps de finir la  bouteille »), le chagrin vieux compagnon (« le chagrin »), le besoin d’amour jamais assouvi (« Garde moi »), les femmes qu’on laisse partir, les enfants sacrifiés (« C’est peut être Mozart »)…

Et Philippe Torreton l’accompagne dans ses audaces, dialoguant avec les percussions d’Edward Perraud poète des sons.

Une heure plus tard, la gorge serrée et les larmes aux yeux, le public de l’Odyssée à Périgueux a acclamé ces trois artistes.

 

Philippe Torreton est revenu pour nous dire que ce spectacle qui devait se donner à la Fabrique de Saint Astier, lieu de belles aventures artistiques en Dordogne, a été déprogrammé par la nouvelle municipalité qui prive ainsi ses habitants d’un moment inoubliable.

 

Note DP :

Dans son récent livre Allain Leprest, Dernier domicile connu (Éditions l’Archipel), sur lequel je reviendrai en détail, Marc Legras rappelle que Leprest et Torreton étaient tous les deux de la région rouennaise et qu’ils s’étaient rencontrés deux décennies plus tôt : « J’habitais place Saint-Godard à Rouen, dit Leprest, et lui faisait du théâtre à Charles-Dullin à Grand-Quevilly. Je ne pouvais pas savoir que ce jeune homme de 17 ou 18 ans deviendrait le grand Torreton ! Quand je lui ai proposé de joindre sa voix à la mienne dans “C’est à la fin du bal” [album Donne-moi de mes nouvelles, 2005, Tacet Production] sur une musique de Christian Paccoud, j’ai ajouté “S’il vous plaît ” ! Il a accepté le plus simplement du monde. »

 

Le duo sur C’est à la fin du bal - 2’50
 

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Published by Daniel Pantchenko - dans Chanson
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commentaires

Nicolas 08/11/2014 15:38


A signaler, pour compléter cette rentrée riche en bonnes choses : la publication cette semaine du livre "ALLAIN LEPREST - Gens que j'aime", qui adopte un angle d'approche très
différent de celui du Marc Legras.

Il contient une douzaine de grands entretiens "à voix nue" avec des artistes ayant fait un bout de chemin aux côtés de Leprest: Romain Didier, Gérard Pierron, JeHaN, François Lemonnier, Francesca
Solleville, Didier Dervaux, Nathalie Miravette, Bertrand Lemarchand, Dominique Cravic, Didier Pascalis, Annie & Didier Dégremont + une discographie critique.

La saga Leprest y est racontée de l'intérieur, par ceux qui l'ont accompagné, soutenu, aimé (parfois détesté) à différentes époques, le temps d'une vie ou d'une chanson.

C'est l'occasion de voir l'évolution de la "chanson d'expression" de la décennie 70 aux années 2000, mettre en parallèle les parcours des uns et des autres, et ce qu'ils ont pu s'apporter.
L'occasion aussi de mieux connaître ces compagnons de route, peu médiatisés (complètement oubliés pour certains), dont les oeuvres - à redécouvrir - sont riches en "Lepresteries" rares ou
inédites. L'occasion, enfin, de quelques coups de griffes, regrets ou aveux d'amertume: la vie d'Allain n'a pas été une vie de saint, et ceux qui l'aiment ne pratiquent pas la langue de bois,
c'est le moins qu'on puisse dire...

Le livre sort chez une toute petite maison: Jacques Flament Editions.
http://www.jacquesflamenteditions.com/146-allain-leprest-gens-que-jaime/



Avec une puissance de frappe 1000 fois moins forte que L'Archipel... Mais ça n'empêche pas le travail d'être fait avec amour.

Daniel Pantchenko 09/11/2014 16:29



Effectivement, d'autres livres sur Allain Leprest viennent de paraître. Nicolas Brulebois n'écrit pas "pour passer le temps", c'est en principe du sérieux, du solide. Je termine la lecture du
livre de Marc Legras dont je rendrai compte bientôt, et ensuite, je complèterai l'investigation. Autant que faire se peut et dans un délai fluctuant, le temps n'étant pas extensible et mes
activités multiples...