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  • : Chansons que tout cela... (CQTC)
  • : Au cœur et autour de la chanson francophone, encore si méprisée des gens de pouvoir et de médias, alors qu'elle est vivante comme jamais au quotidien et dans l'Histoire en marche...
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  • Daniel Pantchenko
  • Journaliste, surtout au trimestriel Chorus. Auteur de biographies : Charles Aznavour en 2006 (avec Marc Robine), Jean Ferrat en 2010, Anne Sylvestre en 2012, Serge Reggiani en 2014. « Léo Ferré sur le Boulevard du Crime » en 2016. Intervenant sur la chanson : formation, stage, conférences, rencontres-débats...
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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 22:10

C’est une invitation aux voyages chansonnier et poétique, du genre « Pousse la page et viens prendre un vers ! », que propose Rémo Gary à travers cet ouvrage hors norme, ce livre aux feuilles qu’on découpe à l’ancienne*. Une espèce d’auberge espagnole entre clin d’œil à un Ponchon méconnu, prose et rimes d’amis divers, de collègues et de parents, le tout accompagné d’un CD de dix-neuf chansons interprétées par Rémo. Un bel objet culturel à prendre le temps de goûter.

 

Rémo Gary à DP - 0’46
 

RemoGary-Ponchon.jpg

Photo : Claudie Pantchenko

 

En 1983, Rémi Garraud autoproduit un premier 30 cm intitulé Archives. L’humour est déjà là. La poésie aussi. Nécessaires, sinon utiles, pour l’éducateur de rue de la région de Bourg-en-Bresse qui « bascule » vers 1988 dans la chanson et opte pour le pseudo que ses copains lui ont donné par « blague » : Rémo Gary. Après pas mal de pérégrinations scéniques et deux autres enregistrements d’apprentissage, paraît L’Appel du petit large en 1996, date à partir de laquelle il va sortir un album tous les deux-trois ans. En 2007, c’est Même pas foutus d’être heureux, un double CD déjà en forme de livre, moitié sur des textes de Rémo, moitié sur des poèmes de Jean Richepin.

 

 

Cinq ans et deux livres-CD plus tard (La lune entre les dents en 2010 et Jeter l’encre en 2011, à l’intention du « jeune public »), Richepin - dont le chanteur possède « trente ou quarante bouquins » - parraine en quelque sorte ici son ami Raoul Ponchon, poète qui a beaucoup chanté le vin, tous deux étant « un peu » présents parmi la quarantaine d’intervenants. En vers de toutes sortes comme en prose un brin plus sérieuse, Rémo Gary ayant convié à plancher sur : « Est-ce que cet objet artistique nommé chanson, peut servir aujourd’hui à un peu d’émancipation ? Et comment ? » Jacques Bertin, Hélène Martin, Dominique Grange, Patrick Piquet, Michel Bühler, Stéphane Hirschi, Floréal Melgar, Francesca Solleville… ont répondu à leur façon.

 

Rémo Gary à DP - 0’43
 
RemoGary-NB.jpg
 
Selon qu’on aime lire de la poésie ou qu’on préfère la chanson (l’un n’excluant bien sûr pas l’autre), on préfèrera telle ou telle page, l’ensemble étant forcément inégal, des « vieux » comme le père Hugo se révélant toujours d’une verdeur salvatrice : « La bourgeoisie est un veau / Qui s’enrhume du cerveau ». La chanson de Gavroche, dont ces deux vers sont extraits, fait partie du très dense CD joint, où l’interprète Rémo Gary met toute sa tension naturelle, sa fibre d’artisan de l’urgence, de la rencontre et de l’échange. On y retrouve le V. Maïakovski, poète de Michèle Bernard, le saisissant  Passé ? de Jacques Bertin, l’intemporel Je proteste d’Aragon/Léonardi, le poignant Sur mon cou (Le condamné à mort) de Jean Genet/Hélène Martin, ou, en coup de chapeau final Le sculpteur et le cerisier, d’Allain Leprest/Gérard Pierron. Une intensité encore à l’image de  ce Lomer, du Québécois Richard Desjardins, capté à Lyon en début d’année.

 

 

Si la famille Garraud est également présente dans ce livre (Jeanne, Luc, Élise), un auteur m’est particu- lièrement cher, mon frère Serge Pantchenko (avec lequel j’ai concocté – dans une autre vie – plusieurs dizaines de chansons, et si ça vous amuse, c’est par là) qui s’est joyeusement astreint à « répliquer » aux mains et aux doigts des Pieds de singe de son hôte par une Chanson pour mes pieds :

 

Rémo Gary à DP - 0’19  
 
 

Pour fair' son bonhomm' de chemin
On peut pas compter sur ses mains
Un seul organe approprié

Le pied

Si je peux donner mon avis
C’est une base dans la vie
Et tous les rampants nous l’envient

 

Cet exercice de style en trente-huit strophes s’achevant ainsi :

 

Qu’on soit chanteur, qu’on soit notaire
On finira six pieds sous terre
Qu'on soit cador, qu'on soit piétaill'
Détail

Et pas besoin d’être savant
Pour savoir quel que soit le vent
Qu’on partira les pieds devant

 

Depuis, le Toulousain Hervé Suhubiette s’est pris à son tour au jeu et a mis en musique ces couplets... CQTC.

 

 

* Jean-Pierre Huguet éditeur.

 

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Published by Daniel Pantchenko - dans Chanson
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commentaires

Marge Dominique 30/05/2013 12:19


Je m'étonne que Daniel Pantchenko qui a fait plusieurs articles élogieux sur le groupe Transhumance reste indifférent à la mort de son leader Daniel Clark auquel je rends un concert-hommage le 31
mai 20013. Il aurait eu l'occasion de découvrir un auteur-compositeur qui a gardé ses chansons secrètes. Il fallait bouffer. Les spectacles jeune public de grande qualité qu'il a créé, ne lui ont
pas permi de s'exprimer totalement. D'autres le chanteront: Antoine Tomé, Alain Moisan, Xavier Gernet, Dominique Marge...C'est pas parce qu'on est mort que l'on a plus rien à dire!