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  • : Chansons que tout cela... (CQTC)
  • : Au cœur et autour de la chanson francophone, encore si méprisée des gens de pouvoir et de médias, alors qu'elle est vivante comme jamais au quotidien et dans l'Histoire en marche...
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  • Daniel Pantchenko
  • Journaliste, surtout au trimestriel Chorus. Auteur de biographies : Charles Aznavour en 2006 (avec Marc Robine), Jean Ferrat en 2010, Anne Sylvestre en 2012, Serge Reggiani en 2014. Intervenant sur la chanson : formation, stage, conférences, rencontres-débats...
  • Journaliste, surtout au trimestriel Chorus. Auteur de biographies : Charles Aznavour en 2006 (avec Marc Robine), Jean Ferrat en 2010, Anne Sylvestre en 2012, Serge Reggiani en 2014. Intervenant sur la chanson : formation, stage, conférences, rencontres-débats...

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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 20:23

Depuis son dernier album d’inédits, Bye mélanco en 2007, différents CD et DVD d’Anne Sylvestre sont sortis autour de son « jubilé » (50 ans de chansons) ainsi qu’un joli choix de reprises à travers Parenthèses, en 2011. Avant-hier, 22 avril, est paru Juste une femme*, album qui donne son titre au spectacle qu’elle présentera le mercredi 15 mai au Casino de Paris.

 

AS-AfficheCasino-l300.jpg

Deux des dix titres de l’album, L’Habitant du château et Malentendu, figuraient déjà dans Parenthèses et Anne Sylvestre les a interprétés plusieurs fois en scène. Pour la biographie que je lui ai récemment consacrée**, voici ce qu’elle disait sur l’esprit onirique du premier et sur l’humour tendre du second…

 
Anne Sylvestre à DP (23/05/2012) - 2’08
 
AS-CD-justeunefemme-l300.jpg

Deux autres chansons, Je n’ai pas dit (« … mon dernier mot d’amour », où au détour de l’ample mélodie, elle écrit « Je n’ai […] Pas recousu cette morsure vive / Que l’on me fit à la place du cœur ») et Juste une femme, se révèlent aussi poignantes l’une que l’autre. Anne les a créées dans Carré de dames , en compagnie d’Agnès Bihl et de leurs pianistes respectives, Nathalie Miravette et Dorothée Daniel. À propos de Juste une femme, qui clôt l’album, elle confie à Jean-Rémi Barland (La Provence, 22/04) que l’idée lui est venue « en lisant et en voyant tous les commentaires que l’on peut faire sur le harcèlement subi par les femmes », le « déclencheur » étant « un peu l’histoire de DSK », mais en ayant le souci de ne « pas fixer cela dans une idée strictement d’aujourd’hui ».

 

 

Parmi les six chansons véritablement inédites, l’une des plus émouvantes, Pour un portrait de moi, s’inscrit me semble-t-il dans la continuité d’Un mur pour pleurer de 1974, tant au plan mélodique qu’en ce qu’elle révèle de l’incroyable force de cette femme à laquelle on n’a « jamais enseigné » à se « sentir fragile » et qui déteste par dessus tout qu’on la plaigne : « Ne me consolez pas vous qui m’aimez beaucoup / Je n’suis jamais si belle que retenant mes larmes ». Désolé, Anne, mais pour les miennes, je n’y arrive pas, et je suis sur le point de récidiver avec Violette, qui, à « Quatre-vingts ans et des poussières » n’est effectivement « pas une petite dame ». Dans le genre portrait dont elle a la bosse, Le p’tit sac à dos n’est pas mal non plus, qui relativise une infortune native, versant masculin cette fois ; et, jouant de la métaphore florale et végétale, Pelouse au repos  respire la sagesse existentielle entr’aperçue dans J’attends (Les Arbres verts, 1998) et Pause (Bye mélanco, 2007). Enfin, si ce cru 2013 ne recèle pas de chansons « rigolotes » (telles que Les Grandes Balades ou Ça n’se voit pas du tout), la chute « dégagée » de La Lettre d’adieu rappellera un certain Petit bonhomme, après Des calamars à l’harmonica, une fantaisie estampillée Sylvestre, clins d’œil familiaux compris. Le tout étant assorti d’arrangements soignés autour de la voix si personnelle de la chanteuse, comme le montre la petite plongée en studio ci-dessous. CQTC.

 

 

 

* EPM 3729182 – Orchestrations : Jérôme Charles et Nathalie Miravette, qui est au piano aux côtés de Chloé Hammond (clarinette) et Isabelle Vuarnesson (violoncelle). Photo et graphisme : Philomène Petitjean.

**Anne Sylvestre – Et elle chante encore ? (Fayard, octobre 2012).

 

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 19:06

Depuis toujours, Claire Guyot aime la chanson et la poésie. Devenue comédienne, puis spécialiste du doublage (d’une « petite sirène » à une « ménagère désespérée »…), elle a su cultiver sa propre voix grâce à d’opportunes rencontres artistiques. Lundi prochain, 15 avril, au Vingtième Théâtre*, elle présentera un spectacle qui lui tient particulièrement à cœur, autour de poètes toujours très actuels.

 

Guyot-Affiche.jpg

À quatre ou cinq ans, la petite Claire grimpait sur les tables pour chanter ; à onze, ambiance familiale « coco » aidant, elle reprenait Nuit et brouillard  en colo. À ces racines d’engagement, de classique et de poésie, se sont bientôt ajoutés le jazz, la world, la pop-rock, le rock… Fermeture et Claire sont des mots qui ne vont pas bien ensemble. Et si la jeune fille s’est d’abord autorisée à passer par les cases comédienne (cours dramatiques très sérieux à l’appui), montage et doublage, elle a découvert sa voix il y a une quinzaine d’années grâce à Sarah Sanders, prof au Studio des Variétés. Elle a ensuite osé l’écriture après avoir croisé l’auteur Brice Homs aux Rencontres d’Astaffort, puis le compositeur Emmanuel Moire qui a mis en musiques ses premiers textes. Du coup, après diverses scènes et une programmation régulière pendant près de deux ans au Théâtre Essaïon, sort un premier album en 2009, Indiciblement. En 2010, lors de ses concerts, Claire reprend Nuit et brouillard et une autre chanson créée par Jean Ferrat à ses débuts, Federico Garcia Lorca, captée ici au Théâtre Traversière.


 

Lorca, on le retrouvera dans le spectacle du Vingtième Théâtre, Ce sont de drôles de types ! titre emprunté au premier vers des Poètes, de Léo Ferré. Après avoir tenu pendant de longs mois l’un des rôles principaux (Donna) de la comédie musicale Mamma mia !, nourrie des chansons du groupe Abba, Claire Guyot boucle aujourd’hui la boucle de ses rêves d’enfance avec ce « showcase » du 15 avril, pour lequel elle a lancé une collecte, afin de « pouvoir semer les graines de la poésie dans toutes nos campagnes françaises et enregistrer son 1er album live ! » Elle en a confié la mise en scène à Guillaume Lebon (un « vieil » ami connu en cours d’art dramatique) et sera accompagnée par quatre musiciens : Yorfela (guitare et direction musicale), Christophe Mazen (piano), Mauricio Angarita (basse et contrebasse), Franck Steckar (percussions, trompettes, accordéon). Elle aura  également deux duos d’invités, qui interprèteront chacun deux chansons : la pianiste-chanteuse Nathalie Miravette et Pierre Margot, puis Annick Cisaruk et l’accordéoniste David Venitucci. Un rendez-vous prometteur, que Claire attend avec impatience et dont elle parle avec une passion communicative. Écoutez…

 

GuyotClaire-image.jpg

Claire Guyot à DP (04/04/2013) - 2’35


 

* 7 rue des Plâtrières, Paris 20e (réservation : 01 48 65 97 90).


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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 15:30

Depuis un premier cru en 2007 à Dijon, le Bourguignon Yves Jamait sert la chanson trois à quatre fois par an sur un plateau, avec des copines et des copains de scène pas tristes. Les 18 et 19 janvier, Aldebert, Bernard Joyet, Daniel Fernandez, Anne Sylvestre, Agnès Bihl, Gérard Morel, Gilbert Laffaille et Nathalie Miravette se retrouvaient à Saulieu (Côte d’Or), à l’invitation de l’ALCCP (Association Loisirs et Culture du Canton de Précy sous Thil) au côté de leur ami Yves, plus en forme que jamais…

 BaJ-Saulieu.jpg

 

Hôte chaleureux et drôle doublé d’un efficace Monsieur Loyal, le loustic partageux imprime un esprit très particulier à ce « Bar à Jamait », à la fois semblable et différent à chaque cuvée. Au fil de la soirée, il reprend des titres de ses quatre albums (de C’est pas la peine et Y en a qui… à C’est beau les filles et Même sans toi) seul avec ses musiciens (Samuel Garcia, piano, accordéon ; Jérôme Broyer, guitare ; Yvon Chery, basse ; Marquito, batterie) ou en compagnie de ses invités, également sur leurs propres chansons. Le tout ici ponctué de moments franchement rigolards avec les irrésistibles Morel, Joyet et Miravette associés. Puisse le petit compte-rendu filmé que je vous propose (régler la « qualité » maximale, sur You Tube) vous inciter à aller voir par vous-même.  Le « Bar à Jamait », c’est trois heures de bonheur, convivialité, émotion et professionnalisme à la clé. Regardez, écoutez, le public est aux anges.


 

À Saulieu, le « Bar à Jamait » se terminait en apothéose sur la reprise collective des Gens qui doutent d’Anne Sylvestre, invitée quasi-permanente de l’événement. Dans la biographie que je lui ai récemment consacrée (« Et elle chante encore ? ») chez Fayard, Yves Jamait raconte : « Quand je l’ai invitée la première fois au Zénith de Dijon, elle faisait son “jubilé”, et j’ai croisé Jean-Michel Boris [ancien directeur de l’Olympia],qui m’a dit : “Anne Sylvestre, cinquante ans de jubilé et même pas une victoire ! Une honte !” C’est ce que je ressens profondément ! » Vendredi 8 février auront lieu les prochaines soi-disant « Victoires de la Musique ». Cherchez l’erreur… (CQTC)


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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 00:00

Après l’album Leprest symphonique de l’an dernier, Didier Pascalis, son producteur, persiste et signe. Superbe cadeau de fin d’année, Connaît-on encore Leprest ? réunit dans un même coffret un CD audio, deux DVD et un livre de manuscrits, croquis et reproductions de nombreux tableaux (Tacet / L'autre distribution). Un éclairant « voyage » dans une certaine intimité de l’artiste, avec pour titre ce vers de Donne-moi de mes nouvelles où il plonge dans son propre miroir, spleen et autodérision à la clé.

 

 

 

À l’automne 2011, peu après le décès d’Allain, Didier Pascalis avait lancé un appel sur l’Internet à l’intention des personnes possédant un dessin ou un tableau du chanteur ; avec la complicité d’amis de Rouen, une expo était alors montée et le photographe Rémi Le Bret, ami de longue date d’Allain, prenait des clichés de tous les tableaux. L’idée du futur coffret germait bientôt, à partir de ces matériaux sensibles.

 

Leprest-Pascalis.jpg

Septembre 2010 (photo : Daniel Pantchenko)

 

Didier Pascalis à DP – 10/12/2012 - 2’58
 "Un voyage dans l'intimité d'Allain"
 

Concrètement, le florilège du CD audio permet de retrouver de façon chronologique des titres phares comme Le Chagrin, Êtes-vous là ? (en duo avec Olivia Ruiz) Pauvre Lelian, Le Temps de finir la bouteille, Il pleut sur la mer, La Gitane, Nu… ainsi qu’une interview radiophonique inédite de 14mn réalisée en décembre 1985 par Marc Legras. Certains de ces titres figurent sur le DVD vidéo enregistré en public (le 25 mars 2011 à La Verrière, dans les Yvelines) aux côtés d’autres parfois plus anciens comme Martainville, J’étais un gamin laid, Saint Max, La Retraite… où, effectivement, la voix d’Allain garde toute son âpreté émotionnelle.

 

 

La captation vidéo de la soirée d’hommage du 9 mai 2012 à la SACEM, offre une espèce de Chez Leprest  n°3 où se côtoient notamment : Romain Didier (Où vont les chevaux quand ils dorment), Agnès Bihl (Le Copain de mon père), Alexis HK (Le Temps de finir la bouteille), Anne Sylvestre (Sarment), Jehan (Ton cul est rond), Loïc Lantoine (Mec), Nathalie Miravette (Les p’tits enfants d’verre), Jean Guidoni (J’ai peur), Kent (C’est peut-être), Sanseverino (SDF).

 

 

Quant au livre, les fac-similés de tableau en occupent plus de la moitié, à côté des croquis, des manuscrits divers, des bouts de textes et des dessins qu’Allain se plaisait à offrir aux gens qu’il aimait. Un choix compliqué pour un ouvrage pourtant de cent pages, tant la matière abondait ; un mélange constant de sérieux, de travail autant que de légèreté, mais significatif de la créativité d’un artiste qui, malgré certaines apparences, ne laissait rien au hasard. On y découvre, entre autres, On leur dira, qui débute ainsi : « On f’ra dire aux amis qu’on s’est jamais quittés / Qu’on a juste remis sur de nouveaux chantiers / Nos promesses et nos doutes. » Et des nouveaux chantiers, des nouvelles chansons avec des textes d’Allain, il y en aura encore. La boucle est loin d’être bouclée. CQTC.

 

Didier Pascalis à DP – 10/12/2012 - 1’44
"Il y aura d'autres choses..."

 

 

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 12:47

 

Les 20 et 21 novembre derniers, selon sa propre expression, Yvan Dautin « faisait le Zèbre » ; celui de Belleville, une salle parisienne aussi habitée qu’intime, où d’autres font aussi du cirque. Quatre ans après l’enregistrement public de Ne pense plus, dépense, il présentait son nouvel album studio, Un monde à part, en compagnie d’Angelo Zurzolo (piano), Gilles Bioteau (contrebasse / basse électrique) et Didier Guazzo (batterie).

 

Dautin-CD.jpg

 

Un nouveau disque d’Yvan Dautin, cela fait chaud au cœur, cette voix, qui (comme le note avec justesse Laurent Gharibian dans le dossier de presse) « distille un propos doux amer où la désespérante lucidité laisse transparaître… la tendresse et l’amour de la vie ». On y retrouve On est de ce pays, déjà présent dans l’album public précédent (et dans celui de Francesca Solleville, Je déménage, de 2009), tant le « pessimiste gai » des années 70/80 accuse le mauvais air du temps.

 

Yvan Dautin à DP - 11/12/2012 - 1'40
   

Avec Élie Maalouf au piano

 

Produit par Pascal Laborie d’Amja Productions, percussionniste de formation et directeur du défunt L’autrement café d’Angers, ce disque reprend également Le Cœur des sourds et La Femme battue, passant du seul piano d’Élie Maalouf à l’excellent apport des trois acolytes de scène (+ le guitariste Thierry Garcia), d’un quatuor à cordes et de cuivres, dans des arrangements du vieux complice Angelo Zurzolo, compositeur de plusieurs des mélodies. Avec sa concision d’écriture, son jeu sur les mots au scalpel, Dautin est sans doute l’un de ceux qui chante le mieux la meurtrissure ordinaire des femmes dans notre société, des Maman bouche cousue et autre Mal mariée d’hier à La Dame Cendrillon et La Femme battue d’aujourd’hui. Comme dirait Anne Sylvestre, c’est « juste une femme ». C’est juste poignant.

 

Yvan Dautin à DP - 11/12/2012 - 2'08

 

Avec Élie Maalouf au piano

 

Si l’humour est « la politesse du désespoir », Yvan Dautin en manque de moins en moins à travers ce disque rouge, gris et noir, où « Tout va mal tout va mal / Surtout ne changeons rien », où « Cette vie ne vaut rien / Pas un pet de lapin », mais où en citoyen zélé du « parti des oiseaux », il reste « d’un monde à vivre / Pour un monde meilleur …/… Sur la carte du tendre / Même au bord de l’hiver ». Un très beau disque, certes âpre au goût du temps présent, mais dans la continuité de la superbe  Malmariée de 1975 et de ce cette vidéo de l’année suivante, que je vous suggère en bonus. CQTC.

 

 

 

 

Bonus (cliquer sur la légende):

Dautin-bonusINA.jpg

INA – Le temps d’un revoir, Yvan Dautin - 8/10/1976

Production France Régions 3 Rennes (12min59)

 

 

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 12:21

Ce 24 novembre, on a salué les 15 ans de la mort de Barbara. Bravo ! On le sait moins, le 19 marquait les 55 ans de carrière d’Anne Sylvestre. Elle, non seulement « elle chante encore », mais elle reste d’une actualité totale, comme en témoignent dans mon livre trois personnalités de générations différentes : Benoîte Groult (l’auteure du fameux Ainsi soit-elle de 1975), Philippe Delerm et Jeanne Cherhal.

 

Couv2-ASDP.jpg

Petit rappel historique (p. 165) : « Le 26 août 1970 a eu lieu la première manifestation spectaculaire du futur Mouvement de Libération des Femmes : à Paris, une dizaine d’entre elles ont déposé sous l’Arc de triomphe une gerbe dédiée à la femme du soldat inconnu, en brandissant des banderoles indiquant “Il y a plus inconnu que le soldat inconnu, sa femme”. Le 5 avril 1971, paraît dans Le Nouvel Observateur, le “Manifeste des 343”, dit “Manifeste des 343 salopes” : à l’instigation d’une des mouvances du MLF, une pétition revendiquant “le libre accès aux moyens anticonceptionnels” et “l’avortement libre” est signée par 343 femmes déclarant “avoir avorté”, dont des personnalités des arts et de la culture comme Simone de Beauvoir, Catherine Deneuve, Marguerite Duras, Brigitte Fontaine (l’une des très rares chanteuses), Gisèle Halimi, Ariane Mnouchkine, Jeanne Moreau, Françoise Sagan, Delphine Seyrig, Agnès Varda ou Marina Vlady. Ce cas de “désobéissance civile” caractérisée contribuera à accélérer le débat qui conduira en janvier 1975 au vote de la loi Veil dépénalisant l’interruption volontaire de grossesse, l’IVG. » Sur son premier disque autoproduit paru l’année précédente, Anne chante Non, tu n’as pas de nom (qu’avait précédé, en 1971, Abel Caïn mon fils), sur le choix ou le non-choix d’avorter, « sur l’enfant ou le non-enfant » précise-t-elle.

 

 
 
Benoîte Groult - 1'48

AS-Groult.jpg

 

Hier, dimanche 25 novembre, se tenait la Journée internationale des violences faites aux femmes ; à ce propos, dans le spectacle Carré de dames (avec Agnès Bihl, Nathalie Miravette et Dorothée Daniel), Anne Sylvestre chante Juste une femme, sans nul doute l’une des chansons majeures de son album à venir du printemps 2013, mais elle avait déjà dénoncé le viol en 1979 dans Douce maison, ce même viol contre lequel 313 femmes viennent de signer un manifeste initié par Clémentine Autain.

 

 

Anne a toujours su conjuguer l’émotion et l’humour, et c’est par ce dernier qu’elle a évoqué le thème du « mariage pour tous » en plein débat aujourd’hui, avec Gay marions-nous, dans son opus Bye mélanco  de 2007.

 

 

 

 

Enthousiasmé dès la première heure par la chanteuse, l’écrivain Philippe Delerm a le sentiment « qu’en ce moment des choses se cristallisent autour d’elle et lui donnent enfin sa vraie place, qu’elle n’avait pas jusqu’alors. »

 

Philippe Delerm - 1'36

AS-PDelerm.jpg

 

 

Il n’est pas le seul à constater l’influence d’Anne Sylvestre sur de nombreux chanteurs et chanteuses actuels, à l’image de la sensible Jeanne Cherhal qui la salue avec quelques autres « divas dévorées » (« Pour l’audace et le courage / De celles qui à mon âge / Ont su desserrer les coutures / Des générations futures. ») dans Merci, de son album L’eau en 2006. CQTC.

 

Jeanne Cherhal - 1'42

AS-Cherhal.jpg

 

 

 
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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 10:40

Et oui, elle chante encore ! À 78 ans, Anne Sylvestre, multiplie les duos avec des jeunes artistes d’aujourd’hui et remplit partout les salles où elle se produit, en France comme au Québec. En février 2013, peu après la sortie de son vingt-deuxième album, elle sera à l’affiche du Casino de Paris. Elle est déjà « Le centre du motif » de cette biographie de près de cinq cents pages ; plus d’une année de travail, de bonheur, auprès d’une « sorcière » décidément pas « comme les autres »…

 

Couv-ASDP.jpg

 

 

En avant-propos, j’écris : « Textes ciselés, mélodies lumineuses, voix habitée, Anne Sylvestre a commencé à me faire rire et pleurer un jour du Printemps de Bourges 1978. Et je n’étais pas seul, quelque quatre mille filles et garçons, jeunes pour la plupart, manifestaient le même enthousiasme, éprouvaient la même émotion. Depuis ce jour, non seulement Anne a continué d’emballer son monde, mais elle n’a jamais marqué d’arrêt dans sa carrière, jamais fait son retour, comme ont pu le ressasser par facilité et inconséquence ordinaires, les médias, télévision hexagonale en tête, qui ne lui a octroyé qu’une pincée d’émissions significatives en cinquante-cinq ans.

 


Anne sylvestre - tout s'mélange par bisonravi1987

 

Ce livre s’attache donc à montrer la continuité d’un parcours et d’une œuvre (“tout s’mélange”, chante-t-elle) sans équivalents pour une femme dans la chanson française. Le plus difficile pour moi aura été de la convaincre d’accepter de participer à cette biographie,  éventualité à laquelle elle s’était toujours refusée. Sa décision prise, elle a alors simplement dit à certains de ses proches : “Je sais qu’il ne me trahira pas !” Bref, j’ai la Légion d’honneur. Il va de soi que je n’aurais jamais osé donner un tel titre à ce livre. C’est elle qui me l’a offert. Merci Anne. »


 

 


Anne chante Comme Higelin (ici, en 1986, à l’Olympia) pour lequel elle éprouve une « grande passion » et répond aux gens qui s’étonnent : « Quoi, c’est pas ma catégorie ? On fait le même travail. » Ce que confirme le grand Jacques avec enthousiasme. Écoutez…

 

AS-Higelin.jpg

 

Quelque quatre-vingts témoignages inédits de proches, de collaborateurs, de journalistes ou de chanteuses et chanteurs parsèment ainsi cet itinéraire artistique et humain d’exception, à l’image des trois ci-dessous.

 

Anne Goscinny,
la fille de René et Gilberte

AS-Goscinny.jpg

 

José Artur,
figure mythique de France Inter

AS-Artur.jpg

 

Jacques Rouveyrollis,
l’éclairagiste des plus grand(e)s

AS-Rouveyrollis.jpg

 

Je publierai au cours des prochains jours (sur ce blog et sur mon site) d'autres extraits audio de témoignages recueillis pour cette biographie, où figurent de nombreux autres inédits : plusieurs photos d’Anne avec ses parents et ses grands-parents, une lettre savoureuse de son grand-père Louis, ainsi que trois textes de chansons dont l’un - terrible - intégralement, Ceci est un S.O.S. CQTC.

 

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21 octobre 2012 7 21 /10 /octobre /2012 22:38

Après Ariette et chahut avec la comédienne Monique Brun, revoilà les quatre « chantistes » ! En joyeux interprètes qu'ils sont, Dominique Bouchery, Bruno Martins, Jean-Michel Mouron et Gilles Raymond revisitent Allain Leprest, leur pote disparu brutalement en août 2011. Mise en scène par Juliette, cette création qui vise un public "de 8 à 108 ans" s’appelle Je hais les gosses (titre d’une chanson d’Allain) et a pris son envol le 11 octobre au Théâtre d’Ivry–Antoine Vitez. C’est un vrai régal, effectivement pour petits et grands, intelligence, émotion et humour garantis.

 

Entre2caisses-Leprest.jpg

 

C’est Leïla Cukierman, la directrice du théâtre* qui a pertinemment suggéré cette idée d’aborder Leprest par l’enfance, l’époque interrogative où l’on est toujours entre deux « qu’est-ce ? ». Ça tombe bien pour nos quatre grands gamins, qui ont connu l’auteur de Je hais les gosses dès leur début en 1997 et qui auraient dû travailler avec lui l’automne dernier. Un rendez-vous qu’ils tenaient à honorer et auquel leur trois précédents disques font prémonitoirement écho : Ça, c’est fait ! (2005), On y est presque (2009) et Faute de grives (2002). À celles et ceux qui trouveraient ce rapprochement un brin sollicité, le délicat titre du tout premier opus du quatuor (en 2000) risque de leur rétorquer Fallait pas m’faire chier la veille ! Ce qui est quand même plus sain que Tous les proverbes qu’on nous inflige depuis des temps immémoriaux… et où la voix de Bruno devient poignante.

 

 

Pour autant, entre l’harmonie des voix et l’acoustique instrumentale (avec un étonnant dulcimer à marteaux !), on rit beaucoup au fil de cette histoire où quatre guides d’un futur lointain font visiter une banlieue typique du début du 21e siècle. Et la maligne Juliette a su trouver le ton juste, excitée par l’idée de « faire entendre aux petits gniards » des chansons signées Leprest, comme Étrangement, Café cocu, SDF, C’est peut-être, Le père la pouille, Sarment  et même pire. Très vite la mayonnaise prend et si l’on demande aux enfants de ne pas parler pendant les chansons, ils réagissent spontanément avant l’explosion finale, comme en témoigne la vidéo ci-dessous.

 

 

 

En guise de bonus, voici un court entretien inédit avec Allain Leprest à propos de son travail spécifique en direction des enfants à travers Pantin Pantine, conçu en 1998 avec Romain Didier…

 

Allain Leprest à DP – 26/04/2011 - 3’19

Leprest-Chambéry

Photo : Daniel Pantchenko

 

… et pour la bonne bouche, la joyeuse plongée ivryenne dans Les bêtes à cornes, facétie concoctée également par le tandem Allain/Romain et enregistrée il y a dix ans par Entre 2 caisses dans son album Faute de grives. CQTC.

 

 

 

* Lequel a ouvert sa saison sur un autre excellent spectacle autour d’Allain Leprest, Où vont les chevaux quand ils dorment ?, écrit par Claude Lemesle dans une mise en scène de Gérard Morel et une direction musicale de Romain Didier, qui y chante aux côtés de Jean Guidoni et d’Yves Jamait, accompagnés par le guitariste Thierry Garcia et l’accordéoniste Philippe Mallard.

 

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 22:10

C’est une invitation aux voyages chansonnier et poétique, du genre « Pousse la page et viens prendre un vers ! », que propose Rémo Gary à travers cet ouvrage hors norme, ce livre aux feuilles qu’on découpe à l’ancienne*. Une espèce d’auberge espagnole entre clin d’œil à un Ponchon méconnu, prose et rimes d’amis divers, de collègues et de parents, le tout accompagné d’un CD de dix-neuf chansons interprétées par Rémo. Un bel objet culturel à prendre le temps de goûter.

 

Rémo Gary à DP - 0’46
 

RemoGary-Ponchon.jpg

Photo : Claudie Pantchenko

 

En 1983, Rémi Garraud autoproduit un premier 30 cm intitulé Archives. L’humour est déjà là. La poésie aussi. Nécessaires, sinon utiles, pour l’éducateur de rue de la région de Bourg-en-Bresse qui « bascule » vers 1988 dans la chanson et opte pour le pseudo que ses copains lui ont donné par « blague » : Rémo Gary. Après pas mal de pérégrinations scéniques et deux autres enregistrements d’apprentissage, paraît L’Appel du petit large en 1996, date à partir de laquelle il va sortir un album tous les deux-trois ans. En 2007, c’est Même pas foutus d’être heureux, un double CD déjà en forme de livre, moitié sur des textes de Rémo, moitié sur des poèmes de Jean Richepin.

 

 

Cinq ans et deux livres-CD plus tard (La lune entre les dents en 2010 et Jeter l’encre en 2011, à l’intention du « jeune public »), Richepin - dont le chanteur possède « trente ou quarante bouquins » - parraine en quelque sorte ici son ami Raoul Ponchon, poète qui a beaucoup chanté le vin, tous deux étant « un peu » présents parmi la quarantaine d’intervenants. En vers de toutes sortes comme en prose un brin plus sérieuse, Rémo Gary ayant convié à plancher sur : « Est-ce que cet objet artistique nommé chanson, peut servir aujourd’hui à un peu d’émancipation ? Et comment ? » Jacques Bertin, Hélène Martin, Dominique Grange, Patrick Piquet, Michel Bühler, Stéphane Hirschi, Floréal Melgar, Francesca Solleville… ont répondu à leur façon.

 

Rémo Gary à DP - 0’43
 
RemoGary-NB.jpg
 
Selon qu’on aime lire de la poésie ou qu’on préfère la chanson (l’un n’excluant bien sûr pas l’autre), on préfèrera telle ou telle page, l’ensemble étant forcément inégal, des « vieux » comme le père Hugo se révélant toujours d’une verdeur salvatrice : « La bourgeoisie est un veau / Qui s’enrhume du cerveau ». La chanson de Gavroche, dont ces deux vers sont extraits, fait partie du très dense CD joint, où l’interprète Rémo Gary met toute sa tension naturelle, sa fibre d’artisan de l’urgence, de la rencontre et de l’échange. On y retrouve le V. Maïakovski, poète de Michèle Bernard, le saisissant  Passé ? de Jacques Bertin, l’intemporel Je proteste d’Aragon/Léonardi, le poignant Sur mon cou (Le condamné à mort) de Jean Genet/Hélène Martin, ou, en coup de chapeau final Le sculpteur et le cerisier, d’Allain Leprest/Gérard Pierron. Une intensité encore à l’image de  ce Lomer, du Québécois Richard Desjardins, capté à Lyon en début d’année.

 

 

Si la famille Garraud est également présente dans ce livre (Jeanne, Luc, Élise), un auteur m’est particu- lièrement cher, mon frère Serge Pantchenko (avec lequel j’ai concocté – dans une autre vie – plusieurs dizaines de chansons, et si ça vous amuse, c’est par là) qui s’est joyeusement astreint à « répliquer » aux mains et aux doigts des Pieds de singe de son hôte par une Chanson pour mes pieds :

 

Rémo Gary à DP - 0’19  
 
 

Pour fair' son bonhomm' de chemin
On peut pas compter sur ses mains
Un seul organe approprié

Le pied

Si je peux donner mon avis
C’est une base dans la vie
Et tous les rampants nous l’envient

 

Cet exercice de style en trente-huit strophes s’achevant ainsi :

 

Qu’on soit chanteur, qu’on soit notaire
On finira six pieds sous terre
Qu'on soit cador, qu'on soit piétaill'
Détail

Et pas besoin d’être savant
Pour savoir quel que soit le vent
Qu’on partira les pieds devant

 

Depuis, le Toulousain Hervé Suhubiette s’est pris à son tour au jeu et a mis en musique ces couplets... CQTC.

 

 

* Jean-Pierre Huguet éditeur.

 

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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 19:57

JeanThefaine-2005.pngPutain de mois d’août ! Sale temps pour la chanson d’ici et d’ailleurs. Après Marc Robine en 2003 et Allain Leprest l’an dernier, l’ami Jean Théfaine vient de nous quitter, emporté par un cancer. À la revue Chorus, jusqu’à son dernier numéro en 2009, il tenait – entre autres - une jolie rubrique grande ouverte sur le monde : Soleil noir… Longtemps responsable culturel du quotidien Ouest-France, Jean avait signé en 2005 un Tri Yann – Histoire de Jean(s) aux éditions Tournon, puis en octobre de la même année une biographie d’Hubert-Félix Thiéfaine, Jours d’orage, chez Fayard. Un ouvrage de référence réédité en février 2011 dans une version très largement complétée. Grand professionnel dans le meilleur sens du terme, c’est-à-dire précis, sensible, informé mais sans une once de frime, Jean était avant tout pour moi un humaniste, un « camarade de jeu » pas triste au sein de l’équipe Chorus (où j’ai eu l’occasion de lui donner quelques petits coups de main informatiques), toujours extrêmement chaleureux. Une « belle personne » qu’on n’est pas près d’oublier et dont l’esprit habite le blog Toutes les musiques que j’aime qu’il avait créé. C’est ici. Un simple hommage déjà à lui rendre en quelques clics, en pensant à ses proches. Salut Jean.

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