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  • : Chansons que tout cela... (CQTC)
  • : Au cœur et autour de la chanson francophone, encore si méprisée des gens de pouvoir et de médias, alors qu'elle est vivante comme jamais au quotidien et dans l'Histoire en marche...
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  • Daniel Pantchenko
  • Journaliste, surtout au trimestriel Chorus. Auteur de biographies : Charles Aznavour en 2006 (avec Marc Robine), Jean Ferrat en 2010, Anne Sylvestre en 2012, Serge Reggiani en 2014. Intervenant sur la chanson : formation, stage, conférences, rencontres-débats...
  • Journaliste, surtout au trimestriel Chorus. Auteur de biographies : Charles Aznavour en 2006 (avec Marc Robine), Jean Ferrat en 2010, Anne Sylvestre en 2012, Serge Reggiani en 2014. Intervenant sur la chanson : formation, stage, conférences, rencontres-débats...

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21 juin 2012 4 21 /06 /juin /2012 19:11

À cinq cents kilomètres au Nord-Est de Montréal, le festival de la chanson au pays des baleines et du Saint-Laurent a affiché plus que complet pour sa 29e saison, autour de deux têtes d’affiche annoncées, Zachary Richard et Anne Sylvestre, même si cette dernière n’a pu finalement y être présente…

 

Tadoussac-DP.jpg

 

Jeudi 14 juin, 18h. Comme le suggère la photo, il fait très beau à Tadoussac et il commence à y avoir un peu de monde auprès de la scène Hydro-Québec ou vont s’exprimer deux heures plus tard les « artistes en résidence » (huit jeunes auteurs-compositeur-interprètes, dont Lisidor de la région nantaise) qui suivent avec gourmandise l’atelier qu’anime Xavier Lacouture depuis 2003. Dans le même temps, dans l’église complètement aménagée, « habillée » même et baptisée Scène Desjardins (la principale du festival), Vincent Vallières va jouer en duo acoustique, Catherine Major lui succédant le lendemain en quatuor à cordes, Zachary Richard faisant un premier carton plein le samedi en compagnie d’un guitariste. Voix intacte, reprises, inédits et humour aux petits oignons : « Moi, je viens du sud-est de la Louisiane. La seule chose qui m’intéressait, c’était les alligators jusqu’à ce que je découvre les jeunes filles… »

 

Tadoussac-JoraneLeblanc.jpgJorane et Lisa Leblanc (photos Michel Pinault)

 

Ce même jour se produisaient deux chanteuses hors-norme, deux « coups de cœur » pour de nombreux festivaliers : en sous-sol de l’église, l’acadienne Lisa Leblanc au gros son plutôt rock (et à l’insaisissable accent pour « nous autres ») avec son titre fétiche Aujourd’hui ma vie c’est d’la marde ; dans une salle ouatée de l’historique Hôtel Tadoussac, l’exceptionnelle Jorane, violoncelle chevillée à l’âme et pureté vocale désormais au service de reprises de Diane Dufresne (J’ai douze ans), Leonard Cohen (Suzanne)… ou Anne Sylvestre, dont elle chante Les gens qui doutent et Une sorcière comme les autres qui a donné son titre à l’album. Son humour spontané entre les morceaux offre de subtiles respirations et gageons que ce deuxième passage au festival ne sera pas le dernier.

 

Jorane à DP - 3’37
 

 

Malgré l’absence d’Anne Sylvestre, empêchée de prendre provisoirement l’avion (qu’on se rassure, elle va bien), quinze artistes ont décidé de remplacer le « Spectacle événement » initialement prévu par une (ré)création collective sous l’impulsion d’un duo franco-québécois de sorcières, Nathalie Miravette la pianiste d’Anne, et Paule-Andrée Cassidy, qui depuis longtemps l’interprète. Outre son talent bien connu d’accompagnatrice, la première chantait ainsi Un mur pour pleurer, Lettre ouverte à Élise Les blondes et Petit bonhomme avec Paule-Andrée Cassidy, qui en portait seule plusieurs autres (Ça n’se voit pas du tout, Carcasse, Non tu n’as pas de nom…), accueillait sa fille Lou-Adriane pour La femme du vent  et offrait un duo beau à pleurer avec Jorane sur Une sorcière comme les autres.

   

Paule-Andrée Cassidy à DP - 2’22
 

Tadoussac-Cassidy.jpgPaule-Andrée Cassidy (photo Michel Pinault)

 

L’infatigable Miravette s’était entretemps compromise avec Bernard Joyet* et Xavier Lacouture (à la guitare et à la mise en scène) pour un délirant Depuis l’temps que j’l’attends mon prince charmant, créé jadis par Anne et son ami Boby Lapointe. L’excellent XL se lâchait ensuite avec bonheur dans Elle f’sait la gueule et Langue de pute, les autres intervenants étant l’inventif chanteur-slameur Mathieu Lippé, Les charbonniers de l’enfer (au grand chœur), Amylie, Marcie et Reggie Brassard. Après un message d’Anne Sylvestre entre regret de n’être pas présente et gratitude envers les artistes pour leur jolie preuve d'amitié en forme de gageure, ceux-ci avaient ouvert le bal en tapant sur des casseroles, le spectacle se terminant de façon tout aussi symbolique par la reprise collective de L’âme à la tendresse, l’un des grands succès de la regrettée québécoise Pauline Julien, grande amie d’Anne Sylvestre.

 

Tadoussac-Miravette.jpgNathalie Miravette et Xavier Lacouture (photo Michel Pinault)

 

À peine l’irremplaçable Nathalie Miravette en avait-elle fini avec ce spectacle, qu’elle enchaînait sur celui de Bernard Joyet à l’école Saint-Joseph (en début d’après-midi, les enfants de cette école avaient eux aussi rendu hommage à Anne Sylvestre en reprenant trois de ses fabulettes : Mon bateau à voile, Lon lon l'accordéon, Le bonhomme bleu marine) où il suscitait une « standing ovation » avec Ado, Djamila, Vous m’avez agréablement déçu ou Autodidacte, la chanson éponyme de son tout nouvel album. Sous un chapiteau, seul à la guitare, Alexis HK, l’homme des Affranchis et des Ronchonchons, emballait son petit monde, tout comme l’avaient fait dans d’autres lieux (neuf au total, cafés, Auberge de jeunesse et Marina compris) les savoureux ambigus Vendeurs d’enclume, la jolie blonde emBigardée GiedRé (beauf !), les énergiques B.A.B (Bienvenue À Bord)… et encore une grosse vingtaine d’artistes du cru sur lesquels le spectacle de clôture du dimanche 17 permettait de poser un regard circulaire, entre David Giguère, Alexandre Belliard, Ingrid Saint-Pierre, Salomé Leclerc ou l’insaisissable Socalled, incroyable talent à tout faire, entre écriture, composition et happening scénique. Un allumé qu’on retrouvera peut-être l’an prochain pour la 30e édition, forcément un peu spéciale du « plus grand des petits festivals » du Québec, dont Charles Breton, son directeur général, tire ici les premières leçons. CQTC.

 

Charles Breton à DP - 3’53
 

 

* Vidéaste baleinier émergent promu par l’attentive Nathalie.

 

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 14:42

S’il se situait politiquement beaucoup plus à gauche que notre nouveau Président de la République, Jean Ferrat avait déjà - à sa manière - voté cinq fois Hollande par invitation poétique et musicale au voyage. Rejetant dès 2007 les idées « détestables » de Sarkozy, « un arriviste forcené qui, soi-disant, pense à la France »*, il le renvoyait à des interrogations profondes de partage et d’amour, aux antipodes des stigmatisations de classes et de races qui ont discrédité le sortant sorti. Anti « F-haine », l'ami Jean demandait en 1968 « Connais-tu le malheur d’aimer ? », l’une de ses cinq chansons extraites du Voyage de Hollande et autres poèmes, publié trois années plus tôt par Louis Aragon.

 

Aragon-Ferrat.jpg

 

 

En 1965, quatre ans avant d’écrire l’emblématique Ma France, si porteuse d’espoir (« Celle de trente-six a soixante-huit chandelles »), son premier emprunt à ce recueil d’Aragon dressait, dans Au bout de mon âge, un bilan plus intime au fil de « certitudes ballottées ».

 


 

Les trois autres chansons issues de ce Voyage de Hollande... figurent dans l’album Ferrat 95 à nouveau consacré à Aragon. Bien qu’y soit d’abord évoqué le temps qui passe et nous marque, J’arrive où je suis étranger porte un titre magnifique qui recèle une implicite symbolique, pas si éloignée au fond de notre actualité récente puisqu’il s’agit de refuser la peur de l’étranger, de l’inconnu. La peur, la « trouille », cet éternel argument électoraliste tordu de toutes les droites…

 

CDFerrat95.jpg

 

 

Avec sa perfection classique, Lorsque s’en vient le soir conjugue le couple et l’universel, ce qui suggère déjà un sens certain de l’existence intime et sociale, dont le tandem Aragon/Ferrat invite à savourer le moindre des moments dans Pourtant la vie (« Un sourire est assez pour dire / La musique de l’être humain »). CQTC.

 

 

 

 

 

 

* À Éric Hacquemand, Le Parisien, 19 janvier 2007.

 

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 23:45

Mardi 13 mars, ultime salut à l’ami Claude Vinci, deux ans jour pour jour après le décès de Jean Ferrat. Deux artistes passionnés de chanson et de poésie, deux hommes chaleureux et intègres qui ont partagé tant de luttes et d’espérances. En la vie, en la jeunesse aussi. La jeunesse qui prend soudain le relais magnifique par la détermination, l’intelligence et la dignité poignante d’une petite Alma d’au-delà des âges. Dix minutes d’humanité façon « Indignez-vous » d’un autre « jeune », dix petites minutes (non, ce n’est pas long !) de beauté rare.

 

 

En 1965, Jean Ferrat chantait d’ailleurs La Jeunesse, sur un texte de Georges Coulonges.

 

 

Il chantait également, un titre déjà présent sur ce blog, En groupe en ligue en procession, et c’est lors d’une manif (des années 80 ?) que j’ai photographié Claude Vinci et Francesca Solleville. Le court document audio que j’ajoute date de septembre 2010 ; pour la sortie de ma biographie de Jean Ferrat, j’avais organisé une petite présentation publique en invitant les personnes qui m’avaient confié leur témoignage. Et Claude m’a laissé sur mon répondeur téléphonique ce message que je ne suis pas près d’oublier. Parole de « Panpan », comme il m’a encore appelé, la dernière fois que je l’ai vu, il y a trois semaines…

 

Vinci-Francesca.jpg

 

Claude Vinci à DP (30/09/2010) - 1’29


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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 17:04

Quatre-vingt balais et toujours aussi « nature ». Native de Périgueux, mère italienne, Francesca a débuté par le chant classique avant d'aborder dès 1958 les cabarets parisiens de la « rive-gauche » où elle croise ses futurs amis de cœur et d’âme : Jean Ferrat, Christine Sèvres, Anne Sylvestre, Pia Colombo… Entre poésie et engagement social et politique, sa voix vibre depuis au fil des scènes et des disques ; le tout dernier, La promesse à Nonna, vient de sortir et, douze ans après un Grand frère, petit frère qui comportait – tiens - un Nonno, il aurait pu s’intituler « Grand-mère, petite fille »… Ou Passeuse passerelle, cette superbe déclaration d’amour à la chanson griffée Anne Sylvestre.

 

 

Francesca Solleville à DP (27/02/2012) - 1’25
 

Ce disque émouvant mais trop gourmand (22 titres, 1h 17 : « Je n’arrivais pas à choisir » reconnaît Francesca) aurait pu aussi s’appeler « Copains, copines », entre Thomas Pitiot auteur de la chanson éponyme et une quinzaine d’autres plumes nommées Jean-Michel Piton, Les Hurlements d’Léo, Anne Sylvestre, Bernard Joyet, Jofroi, Michel Boutet, Gilbert Laffaille, Rémo Gary, François Morel, Yvan Dautin, Guy Thomas, Philippe Geoffroy, Michèle Bernard et Michel Bühler. Sans oublier côté musiques des Léo Nissim, Angelo Zurzolo, Gérard Pierron, François Lemonnier, Michel Précastelli, Nathalie Fortin… ces deux derniers se partageant l’essentiel des arrangements, en pianistes complices de la chanteuse. Pour autant, l'immédiat aspect marquant est l’hommage à Allain Leprest, présent à travers cinq textes dont l’Allainsupportable Des impairs pour un impair qui, « La langue bleuie les bras ballants / Pesant d’oubli, le cœur moins lourd » balance jeu de maux sur jeu de maux pour nous inviter à saluer « les morts d’amour ».

 

Francesca Solleville à DP (27/02/2012) - 1’00
 

Comme toujours, chacun préfèrera tel ou tel titre, selon – par exemple - qu’il conjugue fortement luttes et espoirs façon Piton/Bühler/Jofroi ou portraits saisissants façon Joyet/Morel/Bernard, tous soigneusement écrits et orchestrés, mais interprétés avec une certaine retenue vocale par la chanteuse. Et la vraie surprise ne vient-elle pas de sa rencontre avec le groupe bien nommé des Hurlements de Léo, en particulier de la force, de l’osmose de la première des deux chansons en leur compagnie, Sous vos pieds, qui lâche d’emblée : « Je suis née dans le monde de l’entre-guerre qui gronde » ?

 

Francesca Solleville à DP (27/02/2012) - 0’48
 
Francesca-Europeen-h13.jpg
 

En scène, Francesca Solleville ne chantera qu’une partie de ce nouveau répertoire pour préserver un équilibre harmonieux avec les morceaux auxquels elle tient particulièrement, à commencer par ce Sarment d’Allain Leprest, qui prendra toute sa dimension lors des deux concerts de présentation de l’album à l’Européen (avec Nathalie Fortin et Michel Précastelli au piano, Bertrand Lemarchand à l’accordéon, Olivier Moret à la contrebasse). CQTC.

 

Francesca Solleville - Sarment - 2’31

 

 

Les 5 et 6 mars à l’Européen, 5 rue Biot, 75017 Paris (tél. 01 43 87 97 13) en prélude à différentes autres dates (c’est ici).

 

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17 février 2012 5 17 /02 /février /2012 11:40

Il y a des coups de foudre qui durent. Quand on suit Michèle Bernard depuis ce jour du Printemps de Bourges 78 où elle nous a bouleversés avec ses Petits cailloux de La Durance, avant de nous entraîner au Bar du grand désir pour nous dire Ne ferme pas les yeux (1982), puis Pleurez pas (1987)… jusqu’à ce Voler de 1999 si présent dans ce nouveau spectacle et ces Chansons pour les petits et les grands qui l’avaient précédé, on n’y peut rien et c’est tant mieux. On est émus, amusés, entre sourire et œil humide…

 

MicheleBernard-Ivry2012.jpg

 

Sens dessus dessous, c’est un très joli spectacle, aussi simple et immédiat que soigneusement conçu. Son originalité : entremêler des chansons qui puissent accrocher enfants et adultes, comme les Touche pas ça pique et J’aime après l’orage, ou ce Qui a volé les mots déjà présent dans l’article précédent de ce blog. Un « mélange » presque naturel, logique, et qui justement prend tout son sens pour Michèle…

 

Michèle Bernard à DP (15/02/2012) - 2’01
 

Michèle Bernard, qui avait joué (en 1993) dans Lala et le cirque du vent de sa « grande sœur » Anne Sylvestre montre ici tout son talent de chanteuse et de comédienne, à l’aise sur cette petite scène du Théâtre d’Ivry entre un décor inventif léger et la complicité de jeu (c’est le mot !) de Sandrine de Rosa (violon, ukulélé, cajon) et Michel Sanlaville (guitares, contrebasse, arrangements), savoureux trio auxquel Michèle Guigon et Suzy Firth ont apporté  leurs « regards extérieurs ». On pérégrine ainsi vocalement de Toc toc toc à J’ai voulu peindre la mer, La vieille Chéchette (d’après un conte pour enfants de Louise Michel) ou Monsieur je m’en fous (chanson éponyme du CD 13 chansons pour la planète de 2008), jusqu’à ces deux merveilles de l’album Voler, l’éternuante Madame Tiou et surtout la symbolique Maria Szusanna qu’un petit chœur d’enfants rejoint certains soirs. CQTC.

 
Michèle Bernard à DP (15/02/2012) - 1’11

 

 

 

 

Avant de partir en tournée, ce spectace joue encore au Théâtre d’Ivry – Antoine Vitez (94), 1 rue Simon Dereure  – samedi 18 février (18 h) et dimanche 19 février (16 h) – Réservations : 01 46 70 21 55.

 

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 11:19

Jamais déçu avec Guéant, participe toujours présent au rapport de la Sarkozye. Sa dernière salve, « Toutes les civilisations ne se valent pas »(sous-entendu, suivez mon regard) soulève de vives protestations qui le peinent mais nous donnent l’occasion de retouver le Civili enregistré par les Têtes Raides dans l’album Qu’est-ce qu’on s’fait chier ! de 2003, et de vous suggérer juste après un petit jeu des vilains mots très simple (un clic) et assez rigolo…

 

 

À la manière de L’Albatros baudelairien des Fleurs du mal, on pourrait dire  de ce coutumier des petites phrases idéologiquement racoleuses « Ces zèles de Guéant l’empêchent de charmer », mais connaissez-vous les joies de l’anagramme ? En tapant précisément (sans les guillemets) « claudeguéant » sur le site Anagramme Expert, devinez quel est le mot le plus long (10 lettres) qui va sortir ? Cette « révélation » est d’autant plus étonnante que sur le CD des Têtes Raides comportant Civili, il est spécifié : « La production éxécutive, c’est Mon Slip et Jamais J’Dégueule ! » 

 

À titre de curiosité, si vous vous risquez avec « nicolassarkozy », la réponse tombe en 10 lettres également et explique pourquoi avec lui la société ne risquait pas d'avancer (sinon l'inverse) : « Ankylosais ».

 

Avec Éric Besson, qui se révèle aussi pressé de réintégrer la société civile qu’il le fut de devenir ministre (on se souvient comment et pour quel type de société), deux mots en 9 lettres sont proposés : « Nécrobies » et « Récession ». Passons sur le second qui est suffisamment clair, mais « Nécrobies », c’est autrement plus savoureux. Si la toute première définition proposée par Google lâche brutalement « coléoptère qui vit sur les matières organiques en décomposition », celle du Dictionnaire classique d’histoires naturelles précise notamment : « Genre de l’ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Clavicornes, tribu des Claironnes […] Les caractères de ce genre sont : antennes courtes, en massues ; mandibules arquées, aiguës, dentées intérieurement […] palpes labiaux terminés par un article sécuriforme. »

 

Histoire d'élever un peu le débat, souvenons-nous avec Michèle Bernard (album Voler... 1999) qu’à propos de mots, les Français ont sans vergogne piqué à droite et à gauche au fil du temps. CQTC.

 


 
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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 20:56

Ils sont trois mais en réalité quatre - vous verrez - et c’est peu dire combien leur chant est salutaire, festif, mobilisateur, en ces temps de crises (eux préfèrent celui des « cerises », beaucoup plus Clément) et d’affront national rampant. Pour leur troisième album (Chants d’Action/Mosaïc), ces gars et fille issus des collectifs Motivés et 100% Collègues proposent un « Bal Républicain » qui va des Menteurs à La Carmagnole et La Complainte de Mandrin, en passant par les ouvriers en lutte de La Molex.

 

 

À peine débarque-t-on sur leur site (ici) qu’ils nous cueillent en beauté, leurs voix grandes ouvertes sur le monde, avec l’inoubliable Estaca du Catalan Louis Llach. Leur disque est le troisième du label Chants d’Action qu’ils ont créé pour se « réapproprier » leurs « outils de travail » dans une logique à cent lieues de celle des majors, le numérique ayant à leurs yeux « redonné à la musique son statut de “terre libre”. ». Forts d’une année de concerts, ils ont enregistré leur album en « cinquante-sept prises dans la journée ! » avec deux invités : Magyd Cherfi (Zebda), Pierrick Rouquette (Les Malpolis). Si les membres du groupe composent ensemble, Philippe Dutheil (le « bavard » dans l’entretien ci-dessous) écrit les textes, chante et tient la contrebasse, Rémi Moullerac chante et joue des guitares, Didier Dulieux se réserve pour l’accordéon et Anne-Laure Grellety-Madaule joint à sa voix la batterie et les percus.

 

GrandesBouches.jpg

 

Philippe, Rémi, Didier et Anne-Laure
avec DP (4/12/2011) - 4’08

 

En attendant la tournée qu’ils préparent pour le printemps (il faut surtout les déguster en scène), quelques morceaux sont écoutables sur leur myspace et de nombreuses vidéos donnent un sacré avant-goût, à l’image de celle-ci sur, précisément, Le Bal Républicain. CQTC.

 


 

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16 décembre 2011 5 16 /12 /décembre /2011 17:27

Disparu le 29 avril 1991 à l’âge de quarante-trois ans, Patrick Deny a écrit quelque cent cinquante chansons, à la fois âpres et tendres, et de très nombreux poèmes dont la majeure partie est publiée aujourd’hui sous le titre Comme la truite sous la pierre (L'Harmattan , 186 pages 17 €).

 

PatrickDeny-Recueil.png

Souvenir perso… En 1972, lorsque je suis « monté à Paris » pour chanter (si ça vous amuse, zyeutez ici), ce sont Patrick et sa femme Danièle qui m’ont accueilli et programmé à l’Atelier 13, petit lieu convivial qu’ils venaient d’ouvrir. Par un hasard qui ne pouvait pas nous déplaire, il se situait rue Charles-Fourier, sous le  regard du fameux philosophe socialiste utopique ; comme Patrick le chantera un peu plus tard « C’était au bon vieux temps du beaujolais New Wave / L’automne était clément pour la Tribu ». Un temps dont j’ai particulièrement gardé en mémoire l’une de ses chansons, Le Parc Montsouris, dont voici un enregistrement public de 1974 (extrait du coffret Ombres & Lumières paru en 1992).

 

PatrickDeny-200.jpg

   
Patrick Deny – Le Parc Montsouris - 3’18

 

Après les cabarets de la rive gauche, Patrick Deny s’est produit un peu partout, mais sans le support médiatique qu’il méritait. En 1989, deux ans après la sortie d’un 30 cm (« En tout bien, tout honneur »), il a quitté Paris pour le Jura et écrit trois textes de chansons pour Isabelle Aubret (Eau, Quand la ville s’endort, Roumania) ; fin 90, il a fait paraître un premier recueil de poésies, Jurassiennes, au moment où sa carrière commençait à prendre une certaine dimension. La maladie en décidera hélas autrement quelques mois plus tard. Depuis, l’association Autour de Patrick Deny s’attache à entretenir sa mémoire, notamment à travers des spectacles annuels au Théâtre Mouffetard où différents artistes interprètent ses chansons et  ses poèmes. La parution de ce nouveau recueil (préfacé par Guy Thomas, poète et complice de Jean Ferrat, Francesca Solleville et Isabelle Aubret) permet de saisir la force et la finesse expressives de Patrick. Ainsi écrivait-il dans Lumière :

 

Aujourd’hui c’est vrai, je l’avoue
J’évite les embouteillages
Et le gras reflet des touristes :

Je voyage en bouquinant

 

Et dans le poème éponyme, Comme la truite sous la pierre :

 

Je ne prétends pas à la littérature,

À l’emphase du système.

 

Je découvre la poésie
Comme on surprend la truite sous la pierre :
Qu’elle ne s’échappe pas de mes mots !

 

Alors, si vous avez envie à votre tour d’en découvrir davantage, n’hésitez pas…

 

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 12:30

Dix ans après son premier disque La Terre est blonde, Agnès Bihl propose une « édition limitée » de cinq titres en live, dont trois inédits (Banco Music). Dans le même temps en scène ou à la télévision, elle dévoile quelques chansons de son futur album… de bonnes nouvelles qu’elle interprètera demain mardi 13 décembre (et mardi 20) en compagnie de la pianiste-chanteuse Dorothée Daniel, au Zèbre de Belleville.

CD-Bihl-350.jpg

 

« Blond minois, grande gueule et coeur tendre sur timbre acidulé, Agnès Bihl a imposé en moins de deux ans un talent de plume et une jubilation scénique rares. Elle aborde aujourd'hui des salles plus importantes, à sa (dé)mesure... »  écrivais-je en mars 2000 dans Chorus. Depuis La p’tite Bihl a grandi, progressé, élargi sa palette, mais rien cédé sur le fond. Bien au contraire. Fan de Brassens, Brel et Renaud, c’est en découvrant Allain Leprest au cabaret libertaire parisien La folie en tête qu’elle a décidé à vingt-trois ans de chanter. Comme Anne Sylvestre, pareillement ex futur prof de Lettres, qui dira bientôt d’elle : « Elle manie les mots comme des couteaux, elle envoie ses sourires comme des grenades ». Ça donne L’enceinte vierge, Viol au vent ou La Fleur du large dans le premier album, 13 ans, À ton mariage ou le poignant Merci maman merci papa, dans le deuxième.

 

 

Entre premières parties d’Aznavour au Palais des congrès, festivals divers et petites salles, Agnès Bihl a persisté et signé, la chanson éponyme d’ouverture du CD suivant de 2007 (année électorale), Demandez le programme, s’attaquant d’emblée à notre si libérale société : « On est en République / Ou au Salon du flic ? ». Une société où les femmes dégustent encore plus qu’à leur tour, ce qui dans le droit fil de son amie Sylvestre inspire d’abord Agnès, avec ce mélange permanent d’attentive tendresse (La petite sirène, Touche pas à mon corps) et d’humour irrésistible (La complainte de la mère parfaite). En 2009, le titre même du quatrième opus Rêve général(e) donne le ton, Mamie les cheveux mauves ou Je pleure tu pleures il pleut côté émotion, la farce épicée s’appelant Gueule de bois ou No flouze blues. Aujourd’hui, dans le même esprit, le cinq titres de l’édition limitée offre trois inédits (Bla bla bla, Le rendez-vous manqué, Son mec à moi), dans une période de transition dont Agnès nous parle, plus nature que jamais…

 


En scène, elle glisse encore quelques jolies surprises, à l’image de cette chanson d’amour dédiée à sa mère, qu’elle a chanté aussi bien dans le dénuement technique de l’intimité d’une bibliothèque parisienne (cf. vidéo ci-dessus) que sur le plateau télévisuel de Vivement Dimanche. CQTC

 

 

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5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 09:56

Trente ans après sa disparition, le 1er novembre 1981, moins de trois jours après son ami Brassens qu’elle accompagna en première partie de Bobino et en tournée, un CD de compilation sort enfin (Temey / SonyMusic) avec 23 titres, dont huit quasi-introuvables jusqu’alors. Et demain soir 6 décembre, à l’initiative de sa fille Véronique Estel, La Fête à Christines Sèvres réunira de nombreux artistes et amis sur la scène du Vingtième Théâtre à Paris.

 

CD-ChristineSevres-2011.jpg

D’abord comédienne, Christine Sèvres dit des poèmes dans les cabarets de la rive gauche et fait deux rencontres décisives en 1956 : Jean Ferrat, son futur mari avec lequel elle interprètera La Matinée (il lui écrira aussi une pure merveille intitulée Tu es venu) et Jean-Pierre Suc, auteur-compositeur-interprète, co-fondateur du cabaret Le Cheval d’Or, où elle va beaucoup chanter dans les années 60. Malgré Bobino avec Brassens (1964) et Serge Reggiani (1969), elle butte sur l’absence de disque et sort malheureusement son premier 30 cm le 10 mai 1968 ! Le second suit deux années plus tard, sans écho suffisant, et en 1972 elle renonce au « métier », se réfugiant dans sa maison d’Ardèche où désormais elle peint. En 1994, un superbe CD de compilation de 17 titres permettait de saisir son talent exceptionnel d’interprète au choix rigoureux. Écoutez avec quelle émotion sensible, sa fille Véronique la racontait et invitait à se procurer son disque, comme elle pourrait inviter à acheter celui d’aujourd’hui.

 

VeroEstel.jpg

 

Véronique Estel avec DP (7/12/1994) - 3’01


Si deux titres du CD de 1994 n’ont pas été repris (Point de vue et La Fête aux copains), on en retrouve ici quatre du 30 cm de 1968 (Salut Che, Une fille brune, Et bye bye, Dans les grands magasins) et quatre de celui de 1970 (C’était l’bon temps, Berceuse pour ne pas endormir, La délaissée [Ne t’en va pas], Les mal mariées). Le texte de cette dernière chanson est d’ailleurs de Christine Sèvres elle-même… Elle en avait interprété de nombreuses autres, comme ce savoureux Quidam de Guy Béart...

 

CS-imageINA.jpgVidéo INA : cliquer sur l'image


Il reste que comme le lui écrivit sa copine Brigitte Fontaine (dont on retrouve sur ce CD Les Dieux sont dingues, Comme Rimbaud et Le beau cancer), c’est en scène que Christine Sèvres existait vraiment :

 

Ton art si merveilleux
L’était bien plus toujours

En live et sous nos yeux

Que sur trente-trois tours 

 

À n’en pas douter, c’est ce qu’exprimeront en direct au Vingtième Théâtre tous ses amis conviés par Véronique Estel : Francesca Solleville, Anne Sylvestre, Mireille Rivat, Natacha Ezdra, Henri Gougaud, Jean Vasca, David Jisse, Serge Utgé-Royo, Dominique Ottavi, accompagnés par Nathalie Fortin et Léo Nissim au piano, Dominique Dumont à la guitare et Christian Lété à la batterie (mardi 6 décembre, 20h, 7 rue des Plâtrières, 75020 Paris – Tarif unique : 20 €. - Tél. 01 43 66 01 13).

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Published by Daniel Pantchenko - dans Chanson
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