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  • : Chansons que tout cela... (CQTC)
  • : Au cœur et autour de la chanson francophone, encore si méprisée des gens de pouvoir et de médias, alors qu'elle est vivante comme jamais au quotidien et dans l'Histoire en marche...
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  • Daniel Pantchenko
  • Journaliste, surtout au trimestriel Chorus. Auteur de biographies : Charles Aznavour en 2006 (avec Marc Robine), Jean Ferrat en 2010, Anne Sylvestre en 2012, Serge Reggiani en 2014. « Léo Ferré sur le Boulevard du Crime » en 2016. Intervenant sur la chanson : formation, stage, conférences, rencontres-débats...
  • Journaliste, surtout au trimestriel Chorus. Auteur de biographies : Charles Aznavour en 2006 (avec Marc Robine), Jean Ferrat en 2010, Anne Sylvestre en 2012, Serge Reggiani en 2014. « Léo Ferré sur le Boulevard du Crime » en 2016. Intervenant sur la chanson : formation, stage, conférences, rencontres-débats...

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8 septembre 2020 2 08 /09 /septembre /2020 16:43

Sous ce titre est paru fin 2019 un livre de Pauline Paris et de Léa Lootgieter, la première se définissant essentiellement comme « autrice-compositrice-interprète* » et la seconde comme « journaliste culturelle* », toutes deux très impliquées aux plans artistique, informatif et associatif en matière de droits des personnes LGBT (Lesbiennes, Gays, Bisexuelles ou Trans). L’ouvrage est illustré par la dessinatrice Julie Feydel et publié aux Éditions iXe (218 p., 20€).

Les dessous lesbiens de la chanson

Soigneusement documentée et sourcée, cette exploration des non-dits, des non-perçus lesbiens du couplet-refrain bénéficie d’une préface de neuf pages, signée par Élisabeth Lebovici, une historienne de l’art spécialiste des questions de genre et Catherine Gonnard, ex rédac-cheffe de Lesbia Magazine. Pour Pauline Paris et Léa Lootgieter, ce survol d’un siècle de chansons « devrait permettre de […] découvrir » toute une culture chansonnière « dans sa diversité, avec ses plages de tendresse et de mélancolie, ses zones d’ombre et de secret, ses labyrinthes ou l’érotisme croise des désirs et des plaisirs déclinés au féminin pluriel ». Ainsi décident-elles d’ouvrir le bal avec Betty Mars dans La Chanteuse du dancing (1973), sur un texte de Jean-Loup Dabadie dont il ne partage pourtant pas l’analyse, quant à « la séduction et au désir d’une femme envers une autre ». Bref, il réfute « l’allusion » et « refuse le fantasme »… ce qui les motive in fine pour intégrer la chanson. La voici. À vous de voir…

Ces « dessous » comportent quatre parties de dix chansons chacune, toutes époques confondues. Ainsi, la première – qui débute donc avec la Betty Mars de 1973 – s’intitule Quand le portrait devient miroir… et invite à (re)découvrir aussi bien Elvire (Brigitte Fontaine, 2006) et Jimy (Aloïse Sauvage, 2019) que Gentil roi Louis de Bavière (Nicole Louvier, 1962) et Les Pingouins (Juliette Gréco, 1970). Pour la deuxième partie, Quand les amours interdites tombent le masque…, on passe de Maman a tort (Mylène Farmer, 1984) et Naturellement (Dorothée, 1990) à Petit velours (Anne Sylvestre, 2000) et De la main gauche (Danielle Messia, 1982). La troisième, Quand le genre s’emmêle…, débute avec Ouvre (Suzy Solidor, 1933) et s’achève avec J’ai tout aimé de toi (Carmen Maria Vega, 2018), mais on y découvre notamment Joe le taxi (Vanessa Paradis, 1987) qui n’est pas pour rien dans l’existence de l’ouvrage. Enfin, avec Quand la solitude ouvre la porte de l’indépendance…  va de La  Marcheuse (Chris**, 2018) à Sur la route de ma vie (Sœur sourire, vers 1965) en passant par Comme un ouragan (Stéphanie de Monaco, 1986) ou Cavalier Seule (Julie Armanet, 2016).

Pour ce travail pointu et agréable à lire, avec lequel cependant on peut ici et là (comme Jean-Loup Dabadie ?) éprouver certaines réserves, Pauline Paris et Léa Lootgieter ont interviewé 41 personnes (parfois par écrit, comme cela a été mon cas à propos d’Anne Sylvestre) et elles ont sollicité la journaliste Hélène Hazéra (ex Chanson Boum ! sur France Culture) pour la postface en forme de conseil : « Lisez bonne gens, ce soir, le chanteur, c’est une femme. » CQTC.

* Selon leurs propos recueillis par David Desreumaux dans le trimestriel Hexagone n°16 (paru en juillet 2020), qui consacre un dossier de quelque 40 pages à Cette chanson qui dégenre…  enrichi de quelques témoignages d’artistes (Nicolas Bacchus, Clément Bertrand, Samuele, Patachtouille et Monsieur K.).

** Redevenue Christine and the Queens.

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29 décembre 2019 7 29 /12 /décembre /2019 19:16

Trois décennies pile poil après Tango chevalin, Jean le Landais a toujours l’âme animalière. Après le singe, le caméléon, le coq à l’âne, les mouches (avec ou sans accent) et les pachydermes, il publie son septième album, L’oiseau des Premières Fois. Seize + une chanson(s) + une vidéo du spectacle, le tout dans « une pochette en tissus. Imprimée avec des encres naturelles… »

Rassurez-vous « chers trésors », un livret précise d’emblée « comment cela s’est déroulé », avant d’offrir les textes des chansons, illustrées de dessins en noir et blanc (Marianne Mouchès) et de quelques photos couleurs du live (Mathieu Gervaise) qui montrent le chanteur-guitariste en compagnie de son épatante complice, la violoniste Xi Liu. Tout est bon chez lui, y’a toujours rien à jeter, pourrait-on oser, à la manière du père Brassens qui reste une de ses boussoles natives ; il le cite d’ailleurs dans J’aimerais t’écrire une chanson, avant d’évoquer quelques autres inspirants : Higelin, Gainsbourg, Ferrat/Aragon, Dylan, Cohen… De Belle aventure à Nous irons (« Version Pomme » assortie en bonus d’une « Version Mandarine »  avec des élèves de CM2 de l’école de Pontenx-Les-Forges), c’est la vie humaine qu’il nous donne à entendre, à la fois mélodique et terrible, à l’image migratoire de ces « dix, vingt, cent, mille, cent mille / Millions » de « Frères exilés » de Frêle exilé. Mais pour ne pas nous désespérer, l’historico-loustic de La Ballade du Néandertal (pépite de 1996) conjugue alors rythme et onomatopées improbables pour une « histoire édifiante » de Mariachi quantique.

Avec son accent léger et sa voix douce capable d’étonnantes envolées ponctuées de séquences parlées-chantées, Jean Mouchès alterne naturellement quotidien et fantastique, qu’il s’agisse de la famille (Soleil dans l’œil), de ses émois naissants de cœur à corps ou de guitare (L’Oiseau des premières fois, Le Tambour à cordes) ou d’ostracisme idéoligico-religieux (Petit chimiste). Comme d’hab, il ne manque ni d’humour expéditif (Les Rois Louis), ni de « grand débordement » perceptible dès  le titre (La Fabuleuse Épopée de Guycham Chyrcham). Enregistré en 2018 au prestigieux Studio du Manoir de Léon « en plusieurs petites sessions glissées dans les interstices laissés par les grosses productions » (lui c’est Canicule Productions de Roger Goupil), ce nouvel album existe comme indiqué sur scène, mais dans un ordre des chansons sensiblement différent. Bref « chers trésors », la balle est entre vos mains. CQTC.

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23 octobre 2018 2 23 /10 /octobre /2018 14:19

En 2006, journaliste à la revue trimestrielle Chorus, je publiais un premier livre, une biographie de Charles Aznavour qu'avait amorcée mon camarade Marc Robine, décédé brutalement d'un cancer en août 2003. Outre une grosse centaine de pages en partie finalisées, il avait trouvé un titre précieux que j'ai, bien entendu, conservé. La photo de couverture, comme plusieurs autres de l'ouvrage, était signée de l'ami Francis Vernhet.
 


Malgré le soin apporté par chaque membre de l'équipe, tout ouvrage de ce genre nécessite de nombreuses corrections d'ordres divers. Après le décès de Charles Aznavour, l'éditeur a décidé de publier le 31 octobre prochain une version de cette biographie « revue et corrigée », assortie d'une nouvelle couverture. Augmentée d'une dizaine de pages, elle en comportera environ 630, au prix de 24€. Délais de fabrication et de mise en place oblige, une édition avec mise à jour définitive aura lieu à une date encore indéterminée.

 

 

Cela étant, quelques jours avant le décès de Charles Aznavour, je lui avais fait demander deux précisions au sujet d'un autre livre que je viens de terminer. Il s'agit cette fois d'un ouvrage autour de ses chansons « faits de société ». Intéressé par la démarche, il m'avait accordé en mars-avril 2017 quelque deux heures et demie d'entretiens, l'un dans sa maison de Mouriès, l'autre dans son bureau des Éditions Raoul-Breton à Paris. Mais ceci est une autre histoire. À suivre et à bientôt, donc... CQTC.

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11 avril 2018 3 11 /04 /avril /2018 11:31

Le vendredi 6 juillet 2012, j’ai rendez-vous chez Jacques Higelin, pour un témoignage sur Anne Sylvestre. J’écris une biographie d'elle dont la parution est prévue à l’automne. Pour rafraîchir un peu la mémoire de mon interlocuteur qui avoue l'avoir un peu perdue de vue, j’ai apporté un CD en public, Anne Sylvestre, Olympia 1986, dans lequel figure Comme Higelin, enregistré l’année précédente par la chanteuse dans l’album Écrire pour ne pas mourir (photo d'Irmeli Jung).

 


La chanson est la neuvième de l’album, je situe brièvement la place de celui-ci dans la carrière d’Anne et je propose à Jacques d’écouter Comme Higelin. « Ah non ! » me répond-il, « On va écouter tout l’album ! » Et c’est parti ! Il y a 22 titres ? Pas de problème. À plusieurs reprises, le téléphone nous interrompt, mais bon, quelle importance ! Jacques vit cet enregistrement de l’Olympia, comme s’il y était. Il commente, il est ému, il rit. Et à l’issue du dernier titre, il me lance : « T’as son téléphone ? Il faut que je l’appelle ! » C’est génial ! En 35 ans de journalisme, de centaines d’interviews, je n’ai jamais vu un.e artiste écouter tout un disque ainsi devant moi. Et de surcroît, en me remerciant toutes les deux ou trois chansons ! Ce qui ne l’empêche pas de « rectifier » simplement l'emploi de certains mots qui ne lui conviennent pas, tel « métier »
 

 

Jacques Higelin à DP - 2'28
Je suis un peu troublé par ce disque...


Donc, avec toute sa fougue et son lyrisme, Jacques a téléphoné à Anne avant le début de notre entretien. Elle n’était pas là, il lui a laissé un message et le lendemain, elle me confie, un rien éberluée : « Heureusement ! J’aurais pas su quoi lui dire !... Et puis comme, ça, j’ai son message enregistré ! » Quand je lui raconte ses réactions, son enthousiasme à l’écoute de l’album et qu'il a applaudi après Une sorcière comme les autres, elle est vraiment touchée, émue. Comme Jacques le souligne lui-même, avec ces deux-là, on est vraiment loin, très loin du show-business…
 


Jacques Higelin à DP - 2'59
Tous les artistes doutent...


C’est J’aurais bien voulu (t’écrire une chanson d’amour et par les temps qui courent ce n’est pas chose commode), texte minimaliste assorti de la la la… sur l’iconoclaste 30 cm Higelin & Areski de 1969, qui a inspiré Comme Higelin à Anne Sylvestre.

 



 

À la suite de cette interview, Anne Sylvestre et Jacques Higelin sont allés s’applaudir réciproquement en spectacle. Ils se sont « retrouvés ». C’est l’une de mes grandes fiertés d’y avoir contribué, même si je ne l’avais absolument pas anticipé en travaillant sur cet ouvrage paru en octobre 2012. CQTC.
 

 

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25 octobre 2017 3 25 /10 /octobre /2017 11:09

Lorsque j’ai créé ce blog, il y a dix ans (et un jour), voici ce que j’écrivais :

 

« Plusieurs idées m'ont bien sûr traversé l'esprit pour donner un titre à ce blog. Comme j'ignore encore ce qui le nourrira précisément sinon ma passion pour la chanson et ses chemins de traverse, j'ai trouvé opportun d'utiliser celui d'un article que j'ai publié en mars dernier dans la revue Chorus, en pleine période électorale.

Depuis longtemps, la propension d'hommes politiques ou de journalistes réputés sérieux (pas plus tard que la semaine dernière, un article du Canard Enchaîné - journal que je lis très souvent avec gourmandise - ne s'intitulait-il pas "La chansonnette de Galouzeau*" ?) à manier à tort et à travers cette expression m'irritent un tantinet. Qu'on le veuille ou non, cette banalisation traduit le mépris d'un art populaire et induit des comportements, des choix, des politiques et surtout une "non politique durable" d'abandon au marché, toutes étiquettes politiques confondues. Ce qui n'empêche pas les candidats et candidates de solliciter sans vergogne les chanteurs (les stars, of course) a priori de leur bord à la veille du verdict des électeurs, qu'on s'appelle Ségolène, Nicolas ou même pire. Nous y reviendrons... »

 

J’y reviens certes beaucoup moins (à peine sept fois en 2016 et quatre cette année pour l’instant) depuis que je suis installé à Bordeaux, retraité amateur soucieux de prendre davantage Le Temps de vivre (salut Georges, le soixante-huitard) et de me consacrer à des choses plus personnelles, dont l’écriture de livres essentiellement autour de la chanson. À suivre donc, si ça vous chante, sans garantie de rythme ni de risques de grands écarts... CQTC.

 

 

* Dominique Galouzeau de Villepin, ex Premier ministre de Jacques Chirac, mis en examen le 27 juillet 2007 dans l’affaire Clearstream.

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2 juillet 2017 7 02 /07 /juillet /2017 13:15

Les Landes, vous connaissez ? Alors que le TGV débaptisé fonce désormais de Bordeaux à Paris en quasi deux heures, ça fait belle lurette qu’il n’y a plus de Micheline pour Dax. Pire, un mois avant le couronnement proclamé d’un Emmanuel, un Emmanuelli du cru a fait son dernier voyage… Pour autant, la vie y continue et se fête de communes en communes grâce à l’Association des Amis du Carcoilh.
 

Les Efferve'sens 2017


Depuis le 1er juin, avec la 2e édition Orthe & Arrigans, un festival à voir, à entendre, à toucher et même pire se déroule dans lesdites Landes : LES EFFERVE'SENS. Membre actif de la fine équipe aux côtés de Jean-Pierre Bertomère, Jean-Claude Barens (initiateur et directeur de différents festivals, producteur discographique de Véronique Pestel depuis vingt ans, etc.) m'y a convié pour une conférence Ferrat autour de la biographie que je lui ai consacrée (Fayard). Intitulée La voie Ferré, la voix Ferrat, cette soirée du 16 juin bénéficiait d’une superbe expo de photos-portraits de Léo signées Francis Vernhet et se terminait en chansons Ferrat/Ferré interprétées par Jean-François Blanc et le public présent, textes en mains. Après quoi, on conjuguait naturellement dédicace et dégustation (Chianti et Rosé d’Ardèche), prose et verres…
 

Daniel Pantchenko avec Bernard Magescas, le Maire de Misson

DP avec Bernard Magescas, le Maire de Misson
 

Cette seconde étape Voir et Entendre avait lieu à Misson, après Ouroboros, celle de la Cie Titanos et sa résidence de « Création artistique Agitation foraine » ouverte aux enfants dès six ans, du 1er au 5 juin à l’Abbaye d’Arthous. Le 17 juin, c’était à Belus, De l’œil à la main / Voir et Toucher, avec le sculpteur Didier Bies ; le 23, à Gaas, on retrouvait Le goût du vin / Goûter, Entendre et Voir, avec Pascal Lamige à l’accordéon et Adeline Jondeau à la voix ; le 28, à Pouillon, place à La soupe aux épices / Voir, Sentir et Goûter, avec l’auteure jeunesse Gaëlle Perret, exposition et atelier d’écriture à la clé ; dans le même temps, Tout feu, tout slam / Entendre, deux ateliers étaient mis en place pour des classes de CM1 à Port-de-Lanne…
 

La Parade des 5 Sens - Hastingues - 2017


Attention ! Si LES EFFERVE’SENS se terminent, stage compris, le mercredi 12 juillet à Peyrehorade par Le bal républicain des Grandes Bouches, l’insatiable Association des Amis du Carcoilh parachevera les réjouissances le jeudi 13 (8 €) et le vendredi 14 (12 €) via la 19e édition Hastingues, dans le cadre de sa PARADE DES 5 SENS avec une vingtaine de chanteurs et groupes dont Annibal et ses Éléphants, Jean Mouchès et Alain Sourigues, Nicolas Bacchus, Martin tout seul, Lobo et Mie, Sophie Millot, Les Mâles en Bouchées… (Pass 15 € pour les deux jours, lien Facebook ici). Vive les Landes humaines qui chantent ! (CQTC).

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15 mars 2017 3 15 /03 /mars /2017 19:22

Natacha Ezdra, tu m’as encore fait chialer ! Et pas que moi. Hier, dans cette grande salle du Palais des Congrès de Bordeaux, ce n’était pas gagné d’avance, même si sept ans après, Jean Ferrat reste par nature dans le cœur et la mémoire des retraités CGT qui t’accueillaient.
 

Natacha Ezdra Affiche


Ceux-là avaient planché toute la journée et tu n’avais pas vraiment eu le temps de répéter. Si le son en a quelque peu souffert durant les trois premiers morceaux, l’émotion a vite pris le dessus. Pourquoi ? Parce que, des chansons peu connues (jusqu’à la toute dernière, Les Artistes, créée par ta maman, Odile) aux succès poétiques ou citoyens (Aimer à perdre la raison, Que serais-je sans toi ?, Camarade, Ma France…) en passant par la version originale de Mon vieux (là, en clin d’œil à ton interprète de père, Jacques Boyer), tout s’enchaîne en finesse. À la différence d’autres mieux en cour médiatique, tu n’en rajoutes pas, tu ne racoles pas. Entre de courtes séquences où la voix du comédien Pierre Margot dit dans ce même esprit des extraits poétiques de Ferrat ou d’Aragon – sur de saisissantes images panoramiques d’Antraigues –, tu déroules ton fil. Tu recrées, tu réinventes, tu revisites en osmose totale avec le jeu d’Yves Perrin aux guitares, du percu-flutiste-cornemuseux aux bras-nus Christophe Sacchettini et de l’accordéoniste Patrick Reboud à la direction musicale. Beau travail, les gars ! Vous vous êtes permis des changements de rythmes ici, des couleurs nouvelles là, mais pourquoi n’y avait-on pas pensé avant ? Arrive Nuit et brouillard. J’étais déjà bien secoué, ma voisine que j’aime pleure à son tour et Un jour, un jour, qui suit, requiert de nouveaux mouchoirs. Bref, au final, toute la salle est debout. Créé en décembre 2009 devant Jean Ferrat lui-même, ce spectacle s’est bonifié comme un de ces crus de pays qu’il chérissait et, du coup, son interprète aussi. Natacha, tant pis si tu nous fais encore chialer, mais n’arrête jamais de chanter ! CQTC.
 

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6 février 2017 1 06 /02 /février /2017 16:46

Revue trimestrielle de la chanson entre Mag et Book, selon l’expression de son rédacteur en chef David Desreumaux, Hexagone occupe depuis l’automne 2016 une place particulière. Sept ans après la disparition de Chorus, ce nouveau titre a publié deux numéros imprimés (après un numéro zéro gratuit en ligne) où il prend le risque de la découverte et de l’esthétique. Un pari à soutenir par tous les amoureux et amoureuses de la chanson.
 

Hexagone 0


Avec son titre emprunté à une fameuse chanson de Renaud, Hexagone apparaît dès avril 2014 sur le web, suscitant l’année suivante l’ouverture d’une salle de concerts privée  (quarante places) en région parisienne. Devant l’accueil enthousiaste, DD et son équipe décident de lancer la revue de leurs rêves, ce qui est fait au printemps 2016, assorti – il va de soi – d’un article conséquent sur Renaud. Grâce à un financement participatif, ce numéro tremplin existe désormais en version papier (ici).

 

 

Pour Desreumaux and co, l’idée de « mots couchés sur papier » symbolise belle ouvrage. La qualité à l’ancienne mais griffée actuelle, nouvelle génération : « Deux cents pages imprimées sur un beau et gros papier autour d'une maquette sobre et élégante. Deux cents pages d'articles de fond où la photo originale et inédite est omniprésente. » Le résultat est esthétiquement à la hauteur, les photos sont magnifiques, l’impression soignée.
 

Hexagone 1


En septembre 2016, le numéro 1 est donc sorti, avec Anne Sylvestre et Garance en couverture, un partage intergénérationnel qu’on retrouve en Petit supplément d’Anne d’ouverture, complété par Mèche et Lily Luca. L’écriture aussi est soignée, soucieuse d’artistique, de créativité, d’humanisme ; pas de scoops et autres potins. Il y est question de scènes, de disques, d’écriture, de projets, qu’illustrent à l’occasion des documents graphiques, des dessins. Au sommaire, outre Anne Sylvestre, le seul artiste vraiment connu se nomme Claude Lemesle, qui signe une tribune d’une page : Halte aux chapelles. Entre des chroniques sur Klô Pelgag, Éric Guilleton, Melissmell, Nicolas Jules, Chouf ou Émilie Marsh, un dossier de 23 pages est consacré à Agnès Bihl.
 

Hexagone 2


Dans le numéro 2 qui court de janvier à mars 2017, le dossier porte sur Jérémie Bossone, artiste en couverture avec Batlik (lequel est présent un peu plus loin, ainsi – pertinente idée - que Buridane, les deux ayant fait récemment l’objet d’un article commun sur Chansons que tout cela…). Dans ce numéro 2, le chanteur le plus connu s’appelle Jean Guidoni, aux côtés de Michèle Bernard, Zaza Fournier, Bernard Joyet ou Presque Oui. On y note logiquement quelques évolutions, une chronique livres et une photo moins tourmentée du rédac’ chef pour l’édito…
 


 

Bravo donc, même si à titre personnel et pour des questions de principe, j’ai toujours conjugué (notamment dans Chorus) vedettariat et découverte – dossiers de Jean Vasca à Patricia Kaas, par exemple – et si certains articles me semblent ici un peu longs pour toucher sans concession ni démagogie un public plus large. Pour ma part, je me suis naturellement abonné à Hexagone (55 € par an) et j’invite encore une fois toutes celles et tous ceux qui aiment la chanson d’expression à le faire. CQTC.

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19 décembre 2016 1 19 /12 /décembre /2016 18:38

Superbe invitation au(x) voyage(s) que ce livre-disques produit par le musicien Patrick Reboud. S’il est destiné au jeune public avec en prime une « récitante » nommée Anne Sylvestre, il régalera tout autant les grands enfants aux oreilles et aux cœurs grands ouverts.
 

 

Décédé pour cause de maladie en 1939 à l’âge de 50 ans, Pierre Vellones reste un aquarelliste et un compositeur de talent, des créations pour piano à la musique symphonique jusqu’aux partitions de films. La dimension de recherche de son travail, tant au plan des sonorités nouvelles que par l’emploi d’instruments inhabituels, court à travers plus d’une centaine d’œuvres. Avec cette nouvelle adaptation conçue par l’inclassable pianiste-accordéoniste (etc) et également compositeur Patrick Reboud, les 16 pièces enfantines pour piano seul - réputées « faciles et progressives » - de Au Jardin des Bêtes Sauvages bénéficient de deux nouveaux atouts : la clarinette lumineuse de Marie Mazille et l’autorité souriante d’Anne Sylvestre. Au gré de ses envies et de son humeur, on peut écouter la musique seule sur un CD ou avec la voix diseuse de cette dernière sur un second (« La coquette Coccinelle du continent est un coléoptère commun qui a l’air d’une cocarde colorée… »), et ceci en feuilletant le livre-album (25 cm x 25 cm) illustré en finesse par Capucine Mazille. Les (courts) textes figurent bien sûr intégralement à la fin dudit album. Si ça vous chante de croiser en famille de fêtes un lézard agacé, un crocodile immobile (éh éh !),  une biche neurasthénique, un pou de mer, des pingouins petits et grands ou une méduse songeuse, voilà un cadeau garanti de derrière les sapins (InOuie Distribution, 29 €).

 

 

 

Le Pou de Mer (0'56)

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 09:44

Si j’ai déserté ce blog pendant plusieurs mois, c’est que tout en m'installant à Bordeaux, j’écrivais un nouveau livre. Après quatre biographies (Aznavour, Ferrat, Sylvestre, Reggiani), place à la  « belle histoire » de Ferré et du TLP-Déjazet, théâtre dirigé de 1986 à 1992 par ses amis anarchistes et devenu un haut lieu de la chanson d’expression. Une aventure qu’a prolongée l’association Thank you Ferré après la mort de l’artiste et qui essaime aujourd’hui encore au Forum Léo Ferré d'Ivry.

 

CouvDPFerré

 

Pour être un peu plus précis, voici l’avant-propos de cet ouvrage* auquel je pensais depuis plusieurs années : « Les 1er et 2 février 1986, Léo Ferré inaugure le TLP–Déjazet, baptisé « Théâtre Libertaire de Paris » par l’artiste et ses amis anarchistes qui gérent désormais cette arène rouge et noir à l’Italienne et à l’acoustique exceptionnelle. C’est le dernier théâtre du célèbre Boulevard du Crime, à deux pas de la place de la République. Pendant près de sept ans, jusqu’en juillet 1992, l’ancien jeu de paume du futur Charles X reconverti en cour de départ de diligences, puis en théâtre d’opérettes et en cinéma de quartier, va devenir l’un des music-halls essentiels de la capitale, notamment après la disparition de Bobino en 1984. S’y succèderont des artistes aussi différents que Graeme Allwright, Ray Baretto, Julos Beaucarne, François Béranger, Michèle Bernard, Dee Dee Bridgewater, Leny Escudero, Font et Val, Juliette, Xavier Lacouture, Gilbert Laffaille, Francis Lemarque, Colette Magny, Mouloudji, Mouron, Georges Moustaki, Marc Ogeret, Pauline Julien et Anne Sylvestre, Henri Tachan, Cora Vaucaire, Gilles Vigneault, Steve Waring, Tony Williams…

C’est en grande partie grâce à Léo que l’aventure réussira à tenir ; toujours présent à l’appel, il se produira à différentes reprises – et à des conditions très favorables – dans ce théâtre remarquablement restauré par l’équipe de professionnels et de bénévoles. Comme journaliste et passionné de chanson, j’ai eu la chance d’assister à ce joli moment d’Histoire […] qui se prolonge encore indirectement au présent. »

 

Tableau Ferré Trinquier petit

Cliquer ici pour agrandir l'image
et là pour lire la dédicace de Léo à Hervé Trinquier

 

Léo Ferré à DP (29/10/1986 - 0'53)
 

Alain Aurenche (chanteur et cheville ouvrière de la belle équipe du TLP-Déjazet), dont parle Léo Ferré, fait partie de la vingtaine de personnes qui ont apporté leur témoignage dans ce livre, du directeur du théâtre Hervé Trinquier à Marie-Christine et Mathieu Ferré, de Juliette à Michèle Bernard, Gilbert Laffaille, Xavier Lacouture, Bernard Lavilliers ou Julien Clerc… Sans oublier Raphaël Caussimon, le fils de Jean-Roger, qui a filmé le concert du 8 mai 1988 offert en DVD, Bernard Joyet auteur de quatre savoureuses versions des Temps difficiles (reproduites en annexes après les quatre de Ferré et deux interviews de celui-ci) et Francis Vernhet, auteur des photos, couverture comprise. Avec le temps, Léo Ferré est décidément toujours d’une actualité extrême, à preuve ce Visa pour l’Amérique (présent dans le double album On n’est pas sérieux quand on a 17 ans de 1987) au lendemain de la grande Trumperie d’outre Atlantique. CQTC.


* 226 pages, ed. Le Cherche midi, 21€ - 4e de couverture ici.

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