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  • Daniel Pantchenko
  • Journaliste, surtout au trimestriel Chorus. Auteur de biographies : Charles Aznavour en 2006 (avec Marc Robine), Jean Ferrat en 2010, Anne Sylvestre en 2012, Serge Reggiani en 2014. Intervenant sur la chanson : formation, stage, conférences, rencontres-débats...
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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 11:21

De Brel, chanteur fulgurant, « bête » de scène, acteur, on sait à peu près tout. Tant d’articles, d’émissions, de biographies et d’ouvrages divers y ont été consacrés. Le journaliste Fred Hidalgo, créateur du mensuel Paroles et Musique, du trimestriel Chorus et coéditeur du référentiel Grand Jacques de Marc Robine (1998) est bien placé pour le savoir. Avec L’Aventure commence à l’aurore, c’est aux toutes dernières années de vie de l’être humain qu’il s’intéresse, le simple habitant des Marquises, celui du bateau, de l’avion, du rêve impossible vécu, enfin, à l’autre bout du monde.

 

Couv-Brel-FH-copie-1.jpg

1957, Quand on a que l’amour. Pour Fred Hidalgo, huit ans, c’est le choc. Rebelote douze ans plus tard quand Jacques Brel incarne Don Quichotte. Dans l'esprit du jeune homme, la boucle est bouclée. Brel devient à jamais, son « artiste de prédilection ». Et il tient à le souligner dès le début du livre : « Celui qui aura le plus compté  pour moi – homme et créateur confondus, sa vie ayant été aussi admirable que son œuvre – jusqu’au point peut-être d’avoir infléchi le cours de mon existence, s’appelle Jacques Brel. » Ainsi après l’avoir rêvé trente ans, l’auteur est-il parti avec son épouse Mauricette, « sans idée préconçue », en Polynésie Sur les traces de Jacques Brel, et en a-t-il rapporté d’abord une espèce de reportage / souvenirs de voyage en quinze épisodes, sur son blog  Si ça vous chante , de novembre 2011 à avril 2012.

 

 

La première partie de cet ouvrage soigné de près de quatre cents pages raconte comment ce qui devait être une escale, à Hiva Oa, dans l’archipel des Marquises, est devenu, à l’échelle d’une vie, un somptueux « dernier repas » ; somptueux au sens de l’humanisme  et du partage, il va de soi. On y voit Brel aux commandes de son voilier l’Askoy (le fameux Voilier de Jacques, si bien évoqué par Jean-Roger Caussimon en 1979) et de son avion Jojo*, clin d’œil à son ami à-tout-faire Georges Pasquier, décédé en 1974. Et on réalise combien, désormais citoyen – presque – ordinaire, il est devenu utile, pour ne pas dire indispensable, à ses nouveaux amis insulaires : transport du courrier, de malades ou de femmes enceintes, cinéma en plein air, culture au sens large… en relation parfois contrastée avec les corps constitués du lieu, religieuses comprises, ce qui ne manque ni d’humour ni de tendresse.

 

 

En deuxième partie (même si, de fait, le livre est structuré en vingt-trois chapitres, entre Prologue et Épilogue), la chanson reprend irrépressiblement ses droits avec l’écriture du dernier album, les problèmes de santé de Brel et ses rapports conflictuels avec « le métier », paparazzi en tête. Tout cela, on s’en doute, passe par un travail d’une extrême précision assorti d’un parallèle explicite avec Gauguin, de très nombreux témoignages et documents (notamment Tu leurs diras, le livre de Maddly Bamy, la dernière compagne de Brel, celle des Marquises), un cahier-photo avec des clichés actuels perso et quarante pages d’annexe très pointues, entre repères biographiques, discographie, filmographie, bibliographie… dans l’esprit du défunt Chorus. Comme il se trouve que Fred Hidalgo cite certains extraits d’entretiens que j’ai réalisés alors pour la revue à l’occasion de dossiers sur Brel, voici en bonus quelques mots de sa première interprète et amie, Juliette Gréco. CQTC.

 

Grecopetit.jpg

Brel, Misogyne ?
Juliette Gréco à DP (23/07/1998) - 1’27
 
 

* Il se trouve aussi, qu’en exergue de ma biographie d’Anne Sylvestre (contrairement à ce que l’on croit,  Anne se sent beaucoup pus proche de Brel que de Brassens), j’ai choisi trois vers de cette chanson sur « Le principe d’imprudence », titre du Prologue, du livre de Fred Hidalgo : « Nous savons tous les deux / Que le monde sommeille / Par manque d’imprudence. »

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Published by Daniel Pantchenko - dans Chanson
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