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  • : Chansons que tout cela... (CQTC)
  • : Au cœur et autour de la chanson francophone, encore si méprisée des gens de pouvoir et de médias, alors qu'elle est vivante comme jamais au quotidien et dans l'Histoire en marche...
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  • Daniel Pantchenko
  • Journaliste, surtout au trimestriel Chorus. Auteur de biographies : Charles Aznavour en 2006 (avec Marc Robine), Jean Ferrat en 2010, Anne Sylvestre en 2012, Serge Reggiani en 2014. Intervenant sur la chanson : formation, stage, conférences, rencontres-débats...
  • Journaliste, surtout au trimestriel Chorus. Auteur de biographies : Charles Aznavour en 2006 (avec Marc Robine), Jean Ferrat en 2010, Anne Sylvestre en 2012, Serge Reggiani en 2014. Intervenant sur la chanson : formation, stage, conférences, rencontres-débats...

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10 novembre 2016 4 10 /11 /novembre /2016 09:44

Si j’ai déserté ce blog pendant plusieurs mois, c’est que tout en m'installant à Bordeaux, j’écrivais un nouveau livre. Après quatre biographies (Aznavour, Ferrat, Sylvestre, Reggiani), place à la  « belle histoire » de Ferré et du TLP-Déjazet, théâtre dirigé de 1986 à 1992 par ses amis anarchistes et devenu un haut lieu de la chanson d’expression. Une aventure qu’a prolongée l’association Thank you Ferré après la mort de l’artiste et qui essaime aujourd’hui encore au Forum Léo Ferré d'Ivry.

 

CouvDPFerré

 

Pour être un peu plus précis, voici l’avant-propos de cet ouvrage* auquel je pensais depuis plusieurs années : « Les 1er et 2 février 1986, Léo Ferré inaugure le TLP–Déjazet, baptisé « Théâtre Libertaire de Paris » par l’artiste et ses amis anarchistes qui gérent désormais cette arène rouge et noir à l’Italienne et à l’acoustique exceptionnelle. C’est le dernier théâtre du célèbre Boulevard du Crime, à deux pas de la place de la République. Pendant près de sept ans, jusqu’en juillet 1992, l’ancien jeu de paume du futur Charles X reconverti en cour de départ de diligences, puis en théâtre d’opérettes et en cinéma de quartier, va devenir l’un des music-halls essentiels de la capitale, notamment après la disparition de Bobino en 1984. S’y succèderont des artistes aussi différents que Graeme Allwright, Ray Baretto, Julos Beaucarne, François Béranger, Michèle Bernard, Dee Dee Bridgewater, Leny Escudero, Font et Val, Juliette, Xavier Lacouture, Gilbert Laffaille, Francis Lemarque, Colette Magny, Mouloudji, Mouron, Georges Moustaki, Marc Ogeret, Pauline Julien et Anne Sylvestre, Henri Tachan, Cora Vaucaire, Gilles Vigneault, Steve Waring, Tony Williams…

C’est en grande partie grâce à Léo que l’aventure réussira à tenir ; toujours présent à l’appel, il se produira à différentes reprises – et à des conditions très favorables – dans ce théâtre remarquablement restauré par l’équipe de professionnels et de bénévoles. Comme journaliste et passionné de chanson, j’ai eu la chance d’assister à ce joli moment d’Histoire […] qui se prolonge encore indirectement au présent. »

 

Tableau Ferré Trinquier petit

Cliquer ici pour agrandir l'image
et là pour lire la dédicace de Léo à Hervé Trinquier

 

Léo Ferré à DP (29/10/1986 - 0'53)
 

Alain Aurenche (chanteur et cheville ouvrière de la belle équipe du TLP-Déjazet), dont parle Léo Ferré, fait partie de la vingtaine de personnes qui ont apporté leur témoignage dans ce livre, du directeur du théâtre Hervé Trinquier à Marie-Christine et Mathieu Ferré, de Juliette à Michèle Bernard, Gilbert Laffaille, Xavier Lacouture, Bernard Lavilliers ou Julien Clerc… Sans oublier Raphaël Caussimon, le fils de Jean-Roger, qui a filmé le concert du 8 mai 1988 offert en DVD, Bernard Joyet auteur de quatre savoureuses versions des Temps difficiles (reproduites en annexes après les quatre de Ferré et deux interviews de celui-ci) et Francis Vernhet, auteur des photos, couverture comprise. Avec le temps, Léo Ferré est décidément toujours d’une actualité extrême, à preuve ce Visa pour l’Amérique (présent dans le double album On n’est pas sérieux quand on a 17 ans de 1987) au lendemain de la grande Trumperie d’outre Atlantique. CQTC.


* 226 pages, ed. Le Cherche midi, 21€ - 4e de couverture ici.

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 15:04

Si pendant six mois je n’ai pas écrit sur ce blog, c’est que j’étais particulièrement (pré)occupé par mon déménagement de Paris-Ménilmontant, où j’ai vécu 30 ans à un mois près. Début juin, je suis donc revenu dans ma ville natale, et, dès la rentrée, j’ai assisté le vendredi 7 octobre à l’une des trois soirées du festival « Courant d’airs » organisé à l’Inox (ex Théâtre Onyx) par l’association Bordeaux Chanson.

 

Courant d'Airs 2016

 

Après des Pauline Croze, Alex Beaupain, Alexis HK, JP Nataf, Clarika, Kent et autre Emily Loizeau, c’est Valérie Leulliot du groupe Autour de Lucie qui a marrainé la manifestation cette année. Pour le concert de Batlik,  la salle d’environ 80 places affichait complet, et il se trouve que son nouvel album était sorti le jour même.

 

CD Batlik 2016

 

Batlik c’est Typatypik. Avec onze albums en une douzaine d’années, une alchimie de singularité, d’originalité et d’extrême professionnalisme dans la marge tant au plan de la production que de la plume. S’il sonne souvent poétique, il écrit d’abord des chansons. Des chansons où la mélodie, les rythmiques,  les arrangements et les échappées vocales donnent tout leur sens aux mots. En scène, peu soucieux d’effets de costume, de gestuelle ou de lumières, il s’offre le luxe intrigant de six guitares, accordées de façon très personnelle. Dès les premiers accents, on aime. Ou pas… ajouterait-il lui-même, comme dans Au bord de l’abîme (à propos de « Ce que nous sommes ou pas ». Il est vrai que derrière son humour d’entre les chansons, sa vision du monde reste sombre, ici comme Ailleurs, où « La rigueur de l’ennui est la même qu’à Paris / La ponctualité du malheur est la même ici qu’ailleurs ». Il est vrai aussi que l’actualité planétaire n’y met pas du sien : « Au nom du mieux au nom de Dieu / Tous les paradis sont construits / Sur des cadavres ou des adieux ». Alors, pour donner vie à l’endroit et sans doute nous détendre, ce Batlik qui se qualifie de « clebs pratiquant et la rime et le chant » lâche la bride à son acolyte de chien prénommé Raoul, qui vagabonde à son gré dans la salle, vient s’allonger en fond de scène et se relève à la fin de chaque chanson qu’il espère être la der de der. Le public, lui, est mordu.

Petit retour en arrière. En première partie, seule à la guitare, Buridane confie d’entrée de jeu que Batlik est l’un de ceux qui l’ont incitée à écrire des chansons. Au verbe confident trop bavard à son goût, elle a d’abord préféré la danse et il en reste une montée chronique du genoux gauche lorsque le rythme de sa guitare l’impose. Désormais, elle est diserte et, tantôt chantés, tantôt parlés, les mots se bousculent au portillon d’une urgence sensible. Portés par une voix batlique de fille, gravement timbrée mais plus douce qu’amère, ils se méritent et requièrent un effort d’écoute – sans doute parfois de ré-écoute – qui vaut le détour. Leur scansion fréquente nous balade, nous secoue, entre sentiments intimes et rapports à l’autre. Aux autres. Donc, à nous. Et lorsqu’elle dévoile le nom de son nouvel album à venir (après Pas fragile, en 2012), a priori La Barje, on pense que cela peut s’écrire avec un « g » et désigner la folie, un bateau ou un oiseau, sans oublier un nombre prometteur de communes (en Italie, Corrèze, Loire, Puy-de-Dôme, Vendée, Vienne, etc.). Bref, avec la Buridane, l’invitation au(x) voyage(s) continue.

 

Note :
Sur son blog, Chanter c’est lancer des balles…, Claude Fèvre rend également compte de cette soirée et de l’ensemble du festival.

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5 octobre 2016 3 05 /10 /octobre /2016 13:59
Allez, c’est la rentrée. En particulier sur ce blog, où je n’ai pas écrit depuis six mois, because deux raisons principales dont je parlerai une prochaine fois. Pour l’heure, place à trois disques qui viennent de sortir, ceux de Clémence Savelli, de François Morel et de Michèle Bernard.
 
Clémence Savelli chante depuis dix ans. Accompagnée jusqu’en 2014 par le pianiste et compositeur Pascal Pistone (avec lequel elle a enregistré quatre albums, dont Le Cri en 2012), elle a alors conçu, mis en scène et interprété seule en piano-voix, le spectacle Cendrillon deviendra grande. Pour Le Cœur comme une bombe (éditions BeDooWap) dont elle signe l’intégralité des quatorze titres, elle a fait appel à Jean-Louis Beydon (complice historique d’Allain Leprest) et à l’accordéonniste Patrick Brugalières (lui, c’est Gréco, Lio, Reggiani, Béart, Macias…) pour les arrangements.
 
 
Dans ce disque en noir et blanc aux très belles photos, Clémence Savelli témoigne et vibre – directement ou non - à la première personne, des injustices et des douleurs du monde. « Comme toujours de noir sapée / Je fais ma blonde un peu perdue », se résume-t-elle instantanément dans Le Début de la fin où elle lit l’avenir à son plus sombre. À sa fibre éruptive passée, à son cri viscéral façon Ferré des années Et… Basta !, elle privilégie désormais le chant modulé, la mélodie. Certes, elle casse encore pas mal « la gueule » (« au néant », « au cafard », « à la p’tite semaine »), elle chante les réfugiés, le droit des femmes, les handicapés, les attentats… un brin au troisième degré et l’humour n’incarne toujours pas la politesse de ses désespoirs, de son mal-être de maman séparée (Mon tour d’amour). Paciencia !..., lançait justement le Père Léo et elle sait que « la route sera longue ». Mais après s’être demandée « Où j’étais passée ? », ne nous quitte-t-elle pas sur un prometteur « Je repars, je repars » ? À suivre donc.
 

 

François Morel a d’abord figuré un savoureux personnage des Deschiens, avec la troupe de Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff. Passionné de chanson depuis l’enfance, il l’aborde professionnellement, lui aussi, en 2006. Le disque s’intitule Collection particulière et dans ma chronique de Chorus, je note alors : « S’il chante [… ] avec justesse et efficacité, François Morel reste cependant un acteur au service des textes denses, à la fois classiques et plein de trouvailles… ». Ce qui frappe d’emblée aujourd’hui, c’est que sans avoir renoncé à quoi que ce soit*, il est devenu un chanteur à part entière dont le morceau introductif éponyme - La Vie (titre provisoire) - nous rappelle illico en douceur notre place et a tout pour toucher un large public (Jive Epic / Sony Music).
 
 
Oui, il y a ici comme une évidence, une plume légère et virevoltante qui raconte, confie, saisit de petits ou de grands moments d’humanité. François Morel signe la plupart des textes et son compère Antoine Sahler (claviers) la plupart des musiques et les arrangements. Leur osmose est parfaite, ils nous offrent de savoureux Trucs inutiles en duo, Louis Chedid se prêtant au jeu dans C’est encore long l’enfance ? et Anouk Aïata dans Amalia. Humour naturel au cœur, Morel trouve avec grâce les angles (Celui qui), pousse le Striptease jusqu’au dentier voire pire, nous invite Au cinéma façon Vian, s’avoue « déçu » par le Petit Jésus (« Je t'évoque à Noël, à Pâques / Mais je n’attends plus ton come back »), n’oublie jamais ce que nous devons aux femmes et prend congé** avec une « putain » de classe : « Pardon, y’a pas plus chic qu’une chanson populaire ! »
 

 

Michèle Bernard, de son côté, a enregistré dès 1982 Les Chanteuses populaires. C’est dire si cet héritage, cette culture, lui collaient au cœur et au corps, accordéon à l’appui. Aujourd’hui, après cinq vinyles, seize CD dont cinq salués par le Prix Charles-Cros et une anthologie récente de cinquante-sept titres (Sur l’infini des routes), elle nous offre une nouvelle galette de quatorze titres qu'elle a pratiquement tous écrits et composés, Tout’s Manières..., son premier disque pour adultes inédit depuis dix ans…
 
 
Comme Clémence et François, c’est l’impératif « aimons-nous […] serrons-nous plus fort » que conjugue Michèle Bernard d’entrée de jeu, puisque « On n’est qu’des pirouettes / Entre deux fossés / Tout’s manières ». Avec sa voix non lisse, partageuse de révoltes et de générosité, en compagnie d’une belle équipe musicale acoustique (direction : Pascal Berne) et des chœurs de l’ensemble Évasion, elle a - de fait - le « chic » pour accoucher l’émotion du quotidien. C’est le souvenir de la douceur des Savons d’Alep (qu’elle sous-titre Pavane pour une Syrie défunte), c’est celui de la mise en  « P’tites boîtes » d’une société dénoncée déjà par Graeme Allwright et qui perdure, ou encore ces Chewing gums, mâchés et jetés dans le caniveau, « Ces soucis qu’on rumine / Ces désirs fanés […] La trace des hommes / Une fois envolées / Leurs vies à la gomme ». Ce sont aussi des portraits d’amis, telle la formidable Madame Anne (en duo avec Anne Sylvestre) son antidote au désespoir, l’accordéoniste Jean Pacalet ou la comédienne Michèle Guiguon aujourd’hui disparus, sans oublier une Yvette qui n’en est pas loin et goûte peu notre époque numérisée où – bye bye Descartes – s’incruste chaque jour davantage le « Je dé-pense donc je clique. » Bref, un constat moins doux qu’amer, même si l’infatigable Michèle clôt l’ensemble*** sur une très symbolique Valse de la vie (EPM/Universal). CQTC.
 

 

* Notamment son « billet » pas triste sur France Inter, chaque vendredi à 8h55.
** L’album comporte douze titres, mais il en existe une « version Deluxe » avec six chansons supplémentaires plus souriantes paraît-il, parce que « pensées pour la scène ». Mis en scène par Juliette, le spectacle est présenté à Paris depuis le 4 octobre au Théâtre du Rond-Point et pour 28 représentations jusqu'au 6 novembre.
*** Sa tournée passera les 17 et 18 octobre au Café de la Danse, Paris 11e (en première partie, Elsa Gelly).
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30 mars 2016 3 30 /03 /mars /2016 16:52

« Jamait, avec un “t, comme “toujours” » ; Yves, chanteur populaire qui lit Nietzsche et même pire. Depuis bientôt vingt ans, il sillonne les routes avec sa voix chaleureuse d’écorché libre, sa guitare et sa casquette. Le 16 octobre 2015, il a sorti son sixième album studio, Je me souviens… un cru qui montre combien il en « veut encore ». Sa tournée passera le 2 avril par Paris, à La Cigale.
 


 

Il en a fait du chemin le Dijonnais, le « moutard de Dijon », comme dit son pote/collègue Gérard Morel. Depuis l’Adam de sagesse, premier groupe éphémère de ses vingt ans, son boulot de cuisinier, ses dérives avec l’alcool, ses vrais débuts en 1998 et l’album autoproduit au titre éloquent, De verre en vers - avec Et je bois et le poignant Dimanche (Caresse moi), il s’est grand ouvert l’esprit et a « égoïstement » chopé le goût du partage…
 


Yves Jamait à DP – Influences
(12/11/2015 - 3'07)

 

À l’été 2004, il emballe avec ses quatres musiciens la place Saint-Jean d’Acre des Francofolies de La Rochelle, en prélude à une grande soirée dédiée à Jean-Louis Foulquier. Deux mois plus tard, son producteur de disques fait faillite et le studio refuse de laisser sortir l’album qu’il vient d’enregistrer. Il envisage alors de tout arrêter lorsque Patrick Sébastien lui téléphone : « J’ai appris que t’étais dans la merde. Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? J’adore tes chansons. » L’année précédente, Foulquier avait donné à l’animateur télé une pile de disques et il avait craqué pour Jamait. En 2006, paraissait ainsi Le Coquelicot sur le label Faisage Music. Aujourd'hui, sur son nouvel album, Yves a dédié une chanson discrète à son ami Jean-Louis, disparu en décembre 2013 : J’ai appris…

 


 

En 2008, Yves Jamait grave Je passais par hasard, album qui s’ouvre sur Des mains de femmes (« Normal. J’ai été élevé par des femmes ! ») et qui va être disque d’or comme le précédent, même s’il se vend un peu moins (60 000 exemplaires au lieu de 90 000). Mélodies efficaces à la clé, il y cultive naturellement la simplicité, sans céder le moindre pouce au simplisme, au populisme, en amoureux de toutes sortes de chansons, music-hall en tête.
 


Yves Jamait à DP – Ouverture
(12/11/2015 - 1'24)

 

S’il estime que la lecture l’a aidé à peaufiner son écriture, Yves Jamait concède un « complexe de l’autodidacte » qui l’incite à choisir deux bouquins classiques sur trois qu’il lit. Pas mal pour un type qui, en plus de son propre répertoire,  a chanté Leprest, Guidoni, Tachan (Moustaki, peut-être bientôt ?) et a dû mémoriser jusqu’à 65 chansons en même temps. En 2011, l’opus Saison 4 est produit par Par Hasard Productions (société qu’il a créée avec Didier Grebot, son manager et directeur artistique) et il comporte un duo avec Zaz sur La Radio qui chante. Après Amor fati (« Je lisais beaucoup Nietzsche à ce moment-là. » dit-il à propos du choix de cette locution latine qui signifie « amour du destin, du devenir »), il poursuit désormais sa route avec Je me souviens…, clin d’œil à Georges Pérec, mais pas que…
 



Yves Jamait à DP – Accordéon
(12/11/2015 - 2'10)

 

Rien à jeter parmi les 13 titres de ce nouvel album aux arrangements diversifiés, qui s’ouvre sur Le Temps emporte tout, mais on notera un très symbolique J’en veux encore, l’émouvant Les Poings de mon frère et Le Bleu (celui des travailleurs), signé Gil Chovet / Romain Didier et emprunté à un spectacle auquel Yves a participé. Sachant que le Jamait se savoure d’abord en scène, en l’occurrence avec ses trois musiciens (Samuel Garcia, claviers, accordéon, bandonéon et direction musicale ; Jérôme Broyer, claviers ; Mario Cimenti, percussions saxophones) et – soyez attentif – dans les Bars à Jamait où il invite régulièrement des « collègues » de cœur et d’âme. CQTC.
 


Yves Jamait à DP – Bars à Jamait
(12/11/2015 - 2'25)

 

Bonus : Le Temps emporte tout

 

Autres vidéos et toutes infos sur la tournée à :
http://www.jamait.fr/#/jemesouviens/

 

Published by Daniel Pantchenko - dans Chanson
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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 16:07

Qui l’ignore encore ? Bernard Joyet est l’une de nos plus fines plumes de la chanson. S’il s’y est mis un brin « tardivement » courant 1985 en duo rigolard avec le batteur Roland Salomon (Joyet et Roll Mops), les choses « sérieuses » ont commencé en solo avec le nouveau millénaire. L’an dernier est sorti son quatrième album, AUTODIDACTE II, un cru haut de grappe à apprécier d’abord en scène (notamment le 14 mars au Vingtième Théâtre*, à Paris) en compagnie de la pianiste Nathalie Miravette.

 

Bernard Joyet à DP – C’est l’heure d’écrire
(18/02/2016 - 3'24)

 

Né à Mont Saint-Aignan (« près de Rouen ») où l'ami Allain Leprest qu’accompagnait également Nathalie Miravette a passé son enfance, Joyet partage d’autres jolies coïncidences avec un grand parmi les grands : Léo Ferré. Ainsi, en 1982, alors qu’il avait enregistré un premier disque avec un petit producteur, Richard Marsan (directeur artistique de Ferré et Lavilliers) lui proposa de signer chez Barclay, à condition d’oublier ledit petit producteur. Bernard refusa tout net, et, trois ans plus tard, se lança avec Roll Mops. Quand ils se séparèrent, ils avaient créé l’irrésistible Gérontophile qui figure (avec On s’ra jamais vieux) sur le premier vrai disque de 2001, le bien nommé Prolongations. Suivra Au temps pour moi ! en 2004 (déjà capté en public au Vingtième théâtre) avec un autre bijou pas très catholique celui-là : Ma Bible.

 


 

En 2008, notre roi du contre-pieds littéraire concocte Les Victoires de la Muse, innommable dans une foire médiatique du show-business, avec de nouvelles pépites telles Vingt ans (« Vingt ans que tu me rends malade / Et vingt ans que tu me guéris), Mon plus beau chagrin d’amour, La Maladie ou Les Mots. Logique, pour un auteur sans concession et à perpétuité, pour lequel les mots sont de la musique. Ou rien.



Bernard Joyet à DP – Le texte doit se suffire
(18/02/2016 - 3'11)

 

Et puis s’est imposé l’intitulé de ses deux albums suivants, Autodidacte, avec l’époustouflante chanson du même nom (musique de Nathalie Miravette), qu’on aurait envie de citer en entier, tant l’artiste y découd fil à fil son âme : « Je suis l’éternel débutant / J’apprends grain à grain mon vignoble / J’attends la pourriture noble / Ou bien c’est elle qui m’attend. » Après cet album de 2012 produit par Tacet (avec quatuor à cordes dirigé par Romain Didier), Bernard Joyet a pourtant quitté Didier Pascalis, mais pas pour les mêmes raisons que lorsqu'il avait décliné l’offre de Richard Marsan trois décennies plus tôt : « C’est le mec le plus honnête du métier. Extrêmement droit. Et c’est pour ça que je l’ai quitté. Je lui ai dit : “Tu vas pas gagner d’argent avec moi. Donc, ça sert à rien, tout ça. Je vais continuer dans un mode artisanal”. » AUTODIDACTE II (CD + DVD ) est donc né en 2015 d’une souscription griffée Label Épique, avec l’aide des petites structures efficaces de deux fous de chansons, Éric Nadot et Franck Halimi…
 


Bernard Joyet à DP – Autodidacte
(18/02/2016 - 4'18)

 

Outre son talent d’écriture exceptionnel, Bernard Joyet est à déguster d’abord en scène, qu’il soigne tout autant. Il y a donc enregistré son dernier album et sa complicité totale avec Nathalie Miravette fonctionne aussi bien dans l’émotion que dans l’humour. Témoins, ci-dessous, des extraits vidéo du spectacle et en bonus, la chanson d’ouverture du CD et du DVD, Rien s’en va, dont je n’ose justement rien dire, faute de ne trouver que des superlatifs. CQTC.

 


 

Bonus

 

* Vingtième Théâtre à 20h, 7 rue des Platrières, 75020 Paris (tél. 01 48 65 97 90).

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 15:34

Trois ans après La Tournure des choses, Clarika sort son 7e album, De quoi faire battre mon cœur*, sensible, grave, marqué par sa séparation d’avec l’auteur-compositeur-interprète Jean-Jacques Nyssen, après vingt-cinq ans de vie (pas) commune. Il y reste présent dans deux chansons, la musique toujours très soignée étant ici essentiellement l’œuvre de Fred Pallem, le créateur orchestral de l’innovant Sacre du Tympan. Amorcée début mars, la tournée de Clarika empruntera une scène parisienne, le 12 avril à la Cigale.
 

Clarika-CD2016

 


Question d'écriture - Clarika à DP – 15/12/2015 - 1'18
 

Pour mémoire, le 28 novembre 2013, Clarika fêtait ses vingt ans de chansons au Trianon, à Paris, en compagnie de nombreux invités. En 2001, clip à la clé, ses Garçons dans les vestiaires avaient catalysé sa carrière (« la chanson m’a un peu échappé, il y a eu un avant et un après »), ponctuée par un album tous les quatre ans, la scène restant son élément naturel d’espiègle citoyenne. La preuve l’an dernier avec Daphné, pour un duo plein de poésie.

 

Daphné et Clarika

 


Duo d'Ivresses - Clarika à DP – 15/12/2015 - 1'27
 

Comme Clarika le précise dès le premier extrait d’interview de cet article, elle a d’abord écrit Je ne te dirai pas, superbe faux déni de l’absence amoureuse, où sa voix à la fois musicale et non lisse distille l’émotion, conjugue pudeur et transparence vitale, utile, nécessaire, aux autres comme à elle-même.
 


Histoire de rassurer son monde, orchestre de chambre de Budapest et espoir têtu en bandoulière, elle place les festivités chansonnières (treize titres au total) entre Je suis mille et Les Beaux jours. De quoi rebondir en permanence au fil de sa plume d’auteure si habitée, précise, inventive et jamais pédante. Elle raconte l’histoire d’amour définitive de Georgette et Bernard au Lutétia, celle du lanceur de couteaux et de sa Cible (en duo avec Raoul de La Maison Tellier), la loterie/iniquité sociale du Choix (« Est-ce que tu l'as ? », variante réussie de son Bien mérité de 2009) et elle nous offre de nouveaux épisodes de l’inventaire à la pré-Claire dont elle a le secret, à l’image ici d’un On a fait un rien foutraque ou d’un élégant Dire qu’à cette heure, en duo cette fois avec Alexis HK. Bref, vivement qu’on la voie en scène avec ses trois musiciens…** CQTC.
 


« Faire rêver » - Clarika à DP – 15/12/2015 - 1'42

 

 

* Label AT(h)OME/Wagram Music.
** Dès le 5 mars, au Festival des Voix de Femmes, Saint-Martin-de-Crau (Bouches-du-Rhône).

 

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 11:40

Brel faisait « un peu flipper » Alexis ado. Brassens le rassurait. Depuis, s’il se ménage toujours de belles émotions avec le premier, il n’a jamais cessé d’adorer le second et de « claquer » une de ses chansons à la moindre occasion. Ce qui devait arriver arrive aujourd’hui, un spectacle qui tourne qui tourne qui tourne (avec une escale symbolique à Bobino le 7 décembre) vinyle 6 titres en prime.

 

AlexisHK-Brassens


Cet EP* (Extended play, format court entre le simple et l’album) se veut d'abord un souvenir vendu à l'issue du concert. On y retrouve Le Roi boiteux (poème de 1870 signé Gustave Nadaud, musique de Brassens) et Heureux qui comme Ulysse (texte d’Henri Colpi réalisateur en 1970 du film éponyme, musique de Georges Delerue), chansons réunies par le Sétois dans le Brassens chante Bruant, Colpi, Musset, Nadaud, Norge de 1984. Les quatre autres titres lui sont entièrement dus : Le Mouton de Panurge, Le Vin, L’Assassinat et Le Pornographe, l’une des deux (avec « Ulysse ») qu’Alexis interprète en scène.

 

 

Alexis HK aura donc pris une douzaine d’années pour s’y atteler, après son arrivée remarquée avec C’que t’es belle (« quand j’ai bu »), son Homme du moment de 2004, ses Affranchis de 2009 (entre clip rêvé et Maison Ronchonchon irrésistible) et son très sensible Dernier présent à l’automne 2012. Aisément accessibles sur la toile, ces quelques jalons permettront à celles et ceux qui découvrent le loustic d’en apprécier la « mauvaise réputation » avant de courir assister à son échange scénique avec le père Georges. Il en précise ci-dessous les sources, les contours et son besoin d’un regard extérieur nommé François Morel.

 

 

Au fil de ce Georges et moi, si le chanteur prend de temps en temps sa guitare (voire son ukulélé), il s’appuie d’abord sur celle de Loïc Molineri et sur la contrebasse de Simon Mary, dans l’esprit emblématique de son inspirateur. C’est « le Brassens libre et subversif » qui lui a suggéré le choix des treize pépites, telles Les Trompettes de la renommée, La Ronde des jurons qu’il actualise un brin, Fernande, Misogynie à part, Quatre-vingt quinze pour cent ou cette Fessée mémorable qu’il commente de A à (presque) Z. Bref, une tonalité à cent lieues de ce qu’il appelle « le romantisme de Brel »… (Entretien enregistré deux jours avant les attentats franciliens).

 


Alexis HK à DP – 11/11/2015 - 4'48

 

Bien que récente, la rencontre Alexis HK / François Morel est des plus logiques entre ces deux passionnés de chansons et - humour compris - de Brassens. L’histoire de celui-ci restant à jamais liée à Bobino (il y a été programmé treize fois entre février 1953 et octobre 1976) et actualité tragique oblige, le concert parisien du lundi 7 décembre constituera de fait une étape particulière. Mais la tournée d’Alexis et de ses acolytes aura d’ici là emballé huit villes et repartira vers une bonne vingtaine d’autres jusqu’en juin 2016, avec en tête une envie, où que vous viviez : « J’ai rendez-vous avec vous ». CQTC.
 


Alexis HK à DP – 11/11/2015 - 2'54

 

 

Bonus
 

 

 

* Selon les EP homonymes recensés sur Wikipédia, le sigle signifie également, entre autres : École polytechnique, Éducation physique, Éjaculation précoce, Embolie pulmonaire, Eau pluviale (on ignore si tout cela est lié)… à ne pas confondre - bien sûr - avec Ep pour Épître aux Éphésiens.

Published by Daniel Pantchenko - dans Chanson
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17 août 2015 1 17 /08 /août /2015 18:10

Nino Ferrer « a bu une carabine / et s’est endormi dans ses vignes » le 13 août 1998 à Montcuq (Lot), où le « Festival de la chanson à texte » de juillet à accueilli Francesca Solleville, l’interprète frangine d’Allain. « Le vin garde son dernier mot… » aussi pour l’auteur de Nino, qui a pris congé le 15 août 2011 à Antraigues (Ardèche), un an et demi après son ami Jean Ferrat.
 

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La mort ? Pas de quoi être tristes, mes enfants, expliquait-il en mai 2006 à des écoliers, quelques jours avant la présentation  du spectacle Pantin Pantine (conçu avec Romain Didier) à Rousset et à Venelles (Bouches-du-Rhône).

 


Dans ce nouvel article de la série, le « M » de LDLM signifie plutôt « manuscrit ». Pour le dossier que la revue trimestrielle Chorus lui avait consacré (n° 41, automne 2002), je l’avais longuement rencontré et il m’avait griffonné des textes sur des petits papiers, tel celui-ci en six épisodes (si vous avez du mal à le lire, vous retrouverez la version publiée dans Chorus en cliquant sur le dernier extrait).

 

 

Au café de Ménimontant, son bureau sur la place estampillée Jean Ferrat en mars 2015, il m’a demandé une feuille de papier, qu’il a déchirée artistement avant de tracer ces quelques lignes (vous pouvez cliquer idem sur elle).

 


Et puis, dans Le Jour d’à côté, l’album (BMG-RCA) enregistré en 2001 par Enzo Enzo, Allain a signé cinq textes, dont Nino (musique de Michel Amsellem), qui s’achève ainsi :
 

Il y croyait au tourneciel

au sud, aux chevaux et au miel

Un après-midi de faïence

a éclaté dans le silence

le même bruit quand s’élance

une larme contre un piano

Nino

 

 

Nino Ferrer était né un 15 août (il est donc mort l’avant-veille de ses 64 ans), et il avait chanté en duo avec Enzo Enzo lors d’une émission de TV, Taratata, en 1995.

 


 

Cette belle « Maison près de la fontaine », largement promue, cachait pourtant un peu trop la forêt de sa création profonde. Ce que l’artiste rappelle ci-dessous dans ce montage avec Blues en fin du monde, extrait de l’opus Concert chez Harry (Sun records /WMD – 1995). CQTC.

 

Nino Ferrer à DP (03/1987) + Blues en fin du monde

 

Bonus
Quelque temps après notre entretien et la sortie de l'article dans le quotidien l'Humanité, Nino Ferrer m'avait également envoyé un petit mot manuscrit. Salut l’artiste et merci encore (vous pouvez cliquer ici aussi) .

 

 

Published by Daniel Pantchenko - dans Chanson
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11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 14:40

Deux bouquins, parus au printemps. À l’approche de ses quarante ans de carrière, Kent signe Dans la tête d’un chanteur (Castor music, 224 p., 14 €) ; de leur côté, Pierre Delorme, Floréal Melgar et René Troin publient La chanson des trois gars (L’Harmattan, 256 p., 25 €), une sélection d’articles de leur blog Crapauds et Rossignols. Deux ouvrages très différents que relient de nombreuses passerelles.

 

 

S’il est surtout connu comme auteur-compositeur-interprète, Kent a publié une vingtaine de livres, de la bande dessinée Sales amours (Les Humanoïdes Associés – 1982) au roman Vibrato (JC Lattès – 2007), en passant par des nouvelles, des récits pour la jeunesse et autres « poèmes érotiques illustrés ». C’est dire qu’il a la plume agile et le coup de crayon affûté. Il le démontre naturellement dans cet ouvrage qui reprend les chroniques quotidiennes de Vibrato (bis !), l’émission  qu’il a produite et animée en août 2013 sur France Inter. Après la préface de Didier Varrod (« Directeur artistique et de la Musique » de la station), il précise lui-même dans le Préambule : « À la manière du En avant la zizique de Boris Vian, j’ai tenté de synthétiser une vision générale du procédé de création en chanson. »

 

 

Introduisant par une caricature de son cru chaque chapitre, Kent en propose quinze (+ un court Postambule) tels Comment écrit-on une chanson ?, Comment devient-on chanteur ?, L’inspiration, Les paroles de chansons… jusqu’à Chanson et poésie et La chanson engagée. C’est à la fois didactique et plein d’humour. Entre ses souvenirs et des références aux Beatles, Brel, Dylan, Gainsbourg, Souchon, Bowie, Ferré, Barbara… l’artiste installe une réflexion tranquille. Ouverte. Documenté, sérieux (il cite ses sources avec précision), il se révèle très lucide et non dénué d’autodérision. Ainsi évoque-t-il la réaction de ce spectateur d’une émission de radio en public, qui le rattrape sur le trottoir, lui dit « combien il aime » ce qu’il fait, avant de lui demander… comment on devient chanteur : « Je me renseigne sur ses goûts  et ses motivations. Son idole à lui, c’est Michel Sardou. On papote en marchant jusqu’à la station de métro où je lui dis au revoir poliment. Je commence à descendre les marches lorsqu’il s’exclame, stupéfait : - Mais… vous prenez le métro ? Je réponds : - Oui, c’est direct jusqu’à chez moi… Il lâche alors, méprisant : - Ah, d’accord ! Et tourne les talons, vexé d’avoir perdu son temps avec un chanteur qui circule en métro. » On peut écouter les chansons citées, pour comprendre encore mieux ce qu’il y a « Dans la tête de Kent ». C'est ici et .

 

 

 

« Sur un réseau social, trois gars causaient chanson… » indique d’entrée de jeu (ils sont assez joueurs) la quatrième de couverture. L’auteur-compositeur-interprète Pierre Delorme a été lontemps professeur à l’École Nationale de Musique (ENM) de Villeurbanne ; cofondateur de Radio-Libertaire, Floréal Melgar fut pendant dix ans l’un des animateurs du Forum Léo-Ferré, petite salle d’Ivry-sur-Seine ; journaliste et auteur de huit livres, René Troin se définit en bref comme « expert chanson sans assurance. » Conçu en dix chapitres  introduction et coda non comprises, ce recueil présente un éventail d'articles publiés sur le site Crapauds et Rossignol pendant près de deux ans. Comme il ne reprend pas les photos de Chantal Bou-Hanna et les collages de Marie-Françoise Comte, le trio invite à aller le visiter.

On peut picorer ou lire en continuité. L’intérêt tient au cocktail diversité / complicité des Trois Gars (LTG). Connaisseurs et passionnés de chanson, ils se retrouvent sur l’essentiel, mais chacun distille sa petite musique. Floréal l’anar, qui a vécu au quotidien la programmation et la survie d’un lieu, n’oublie pas avec le temps et n’envoie pas forcément des fleurs aux « représentants de commerce à carte de presse » et notamment à telle « porte-parole du Tout-Paris branché ». De fait, il a croisé beaucoup d’oiseaux libres des petites scènes et c’est lui qui en chronique le plus (Yannick Le Nagard, Christian Paccoud, Yvan Dautin, Rue de la Muette, Sarcloret, Marie Baraton…) dans le chapitre de mise en bouche qui y est consacré, à travers Spectacles, CD, livres films et revues. Pour autant, évitant les resucées de textes écrits au jour le jour, l’essentiel est ailleurs, surtout constitué de réflexions bien senties, de souvenirs, d’anecdotes autour de la CFQ (Chanson Française de Qualité), label pris ici avec un salutaire recul de crapo-rossignolesque dérision, Delorme et Troin saluant à l’occasion les cousins Dylan and co. Ces deux-là, l’humour leur colle aux basques, le premier volontiers à piques. Les trois gaillards, les trois gamins, les trois galéjeurs… aiment aussi se lancer  des paris et pondent ainsi leur fable de La Fontaine, leur nouvelle chansonnière ou même pire. On n’est pas toujours d’accord avec eux et eux non plus, qui expriment leurs divergences dans trois éditos ultimes et une « conclusion » où (De)lorme ne cache pas la forêt : « Les chansons ne nous font pas réfléchir, elles “nous” réfléchissent. » CQTC.

 

Bonus : 

Kent - L'Éternité (album Le Temps des âmes, 2013)

 

Pierre Delorme - Je lisais dans ma chambre
(album Chansons toutes nues, 2002)

Published by Daniel Pantchenko - dans Chanson
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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 17:35

Le premier trimestre 2010 fut très douloureux pour les amateurs de chanson. Mais pas que… Avec la mort de Mano Solo le 10 janvier et celle de Jean Ferrat le 13 mars, deux générations étaient en larmes. Cinq ans après, un album aussi médiatisé que diversement apprécié a rendu hommage au second et, plus récemment, un double a réuni une vingtaine d’artistes et groupes pour un émouvant Solo, sous la houlette des Hurlements d’Léo.

 

 

Cadets naturels de l’anartiste écorché, les rejetons d’Léo l’ont repris dès leurs tout débuts, il y a vingt ans : « C’est sur les chansons de Mano Solo qu’on a appris la musique et commencé à jouer ensemble » rappelle Laurent Bousquet (guitare/chant)*. Et sur leur site officiel, la naissance de ce neuvième opus est présentée ainsi : « Chanter Solo. A huit. Hurler sa rage, porter son énergie rock, distiller sa poésie héritée des plus grands auteurs français. Cela ne pouvait qu'être eux. Les Hurlements d'Léo s'attaquent à Mano, en petits frères de la même trempe. Celle qui noue le ventre et illumine les rires. Celle qui rend la vie plus intense. Celle qui ne se résigne pas à voir les fascismes en tous genres ramper dans les cerveaux d'une France malade de ses peurs. Celle dont les colères se chantent haut et fort. »

 

 

Signe des (mauvais) temps, Les Hurlements d’Léo sont entrés en studio le 6 janvier, veille de l’assassinat de Cabu, le père de Mano. Leur projet n'en a été que conforté, catalysé par la force collective de compagnons de route et d'idées, du guitariste Napo Romero (qui a accompagné Mano Solo) à Francesca Solleville (Le Monde entier), Zebda (Les Habitants du feu rouge), Les Ogres de Barback (Sacré Cœur), Melissmell (La Rouille), Debout sur le zinc (Une image), Bertrand Cantat (Allez viens), Nilda Fernandez (Allo Paris), Mell (Y’a maldonne)… les Hurlements interprétant « tout seuls » plusieurs des vingt-six titres (Cristal Production / Irfan). Le résultat est remarquable, saisissant, même si beaucoup de Solo boys and girls (comme dirait CharlÉlie Couture) préfèreront sans doute l’original. L’un n’empêche pas l’autre et fait déjà découvrir les chansons de Mano à tout un nouveau public. CQTC.

 

 

* À Thomas Jonckeau, Sud-Ouest, 01/06/2015.

Published by Daniel Pantchenko - dans Chanson
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